La cigale et la fourmi... à la manière de : San-AntonioIl était assis dans la rue, le gonze. Sa guitare sur le coin du genou, il massacrait Brel, sa casquette posée devant lui attendant l'obole. Il était pas bégueule, cézigue : barbe de trois jours, cheveux gras comme un Hollandais sur la plage, plus crade encore qu'un Bérurier en rut. Le zigue qui passait devant lui, y a pas, il en jetait. Rasé de près, le costard trois pièces avec la chemise bien boutonnée en étrangloir, la cravate resserrée à mort, il marchait droit, vite, comme un qui aurait un schtroumpf au cul et qui voudrait se le décramponner presto. Il portait dans sa main gauche l'inévitable attaché-case histoire de compléter son costume de carnaval d'homme d'affaires pressé. Ca faisait une paie que, le Noirpiot et mézigue, on lui filait le train, depuis qu'il avait sournoisement balancé un ya avec une lame commak dans le gras bide de Sa Majesté Alexandre-Benoit Bérurier, pendant un con trôle d'identité. Avec son allure de corbac à la noix, tu m'étonnes qu'il
s'est fait accrocher par le cloche !
A ce moment, le Noirpiot et mézigue, on avait ses aveux quasi noir sur blanc, biscotte les témoins. Alors on a foncé l'interpeller, mais le temps qu'on fasse dix mètres, il s'était fait refaire le clapoir version clavier de piano par les cloches qui avaient eu du mal à blairer ses façons douteuses. A un point qu'il a presque été content de nous voir débouler, le zigue ! A trente secs près, y se faisait zinguer sous nos yeux ! Bécasse, qu'il nous a expliqué, le cloche de Birkin qui en est une autre, "qu'il garde son oseille, d'accord, mais qu'il fasse le fier commak, nous, ça nous donne envie de s'l'avoiner à la mandale !" |