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8 février 2010

King Kong

herisson26 à 23:15 — Classé dans : Cinéma et télé, terriblePas de commentaire

de Peter Jackson, 2005, * (en étant gentil)

Je me rends compte que j’ai jamais touché un mot de ce petit truc que Peter a fait après Le seigneur des anneaux, et qui lui a valu de redégringoler d’un coup bien profond dans mon estime, un peu comme si Stanley Kubrick avait fait Eyes wide shut¹.

Pourquoi j’y pense aujourd’hui ?

Parce que j’ai accidentellement découvert Maliki récemment, que c’est vachement bien, tout ça. Et qu’à propos de King Kong, je saurais pas mieux dire que ce qu’elle en a fait. ^_^

Dans un monde idéal, j’aurais la patience de dessiner et faire des animations, moi aussi.

¹ On me souffle que ce serait le cas. Point n’y crois-je, ce ne peut être qu’une légende urbaine sans fondement.

7 février 2010

Jarhead, la fin de l’innocence

herisson26 à 23:16 — Classé dans : Cinéma et télé, dépasse les espoirs2 commentaires

de Sam Mendes, 2006, ****

Un marine, c’est pas fait pour obéir aveuglément. C’est fait pour tuer. Surtout un sniper, qui tire une balle et touche une cible quand le troufion moyen en tire 15 000 pour un résultat minable. Alors, Swofford apprend à tuer. On est en 1990, l’Iraq a envahi le Koweit, et il est envoyé sur place avec son observateur, sa tenue NBC, sa pelle, son M16 et son M40.

Cependant, Sam a un peu du mal avec les scenarii simples — les retardataires doivent savoir qu’il s’est fait connaître avec Le Meilleur Film De Tous Les Temps. Il n’aura donc de cesse de confronter Swofford à l’inaction, à l’absurde et au tir ami, laissant aux potentielles cibles iraquiennes la place enviée de MacGuffin¹.

Le petit soucis, c’est que du coup, Jarhead souffre d’une parenté difficile à assumer : il est précisément à la guerre du Golfe première du nom ce que Full metal jacket fut à la guerre du Viêt-Nam, reprenant globalement la structure du chef-d’œuvre de Stanley. Et si, plus que dans celui-ci, l’inaction est au cœur du présent film, l’ombre du maître n’en plane pas moins sur l’ensemble.

Reste qu’à côté de ça, Jarhead est une sorte de huis-clos rempli de grands espaces, magnifiquement photographié, superbement interprété (si vous vous demandiez pourquoi j’ai tendance à faire confiance à Gyllenhaal…) et posé sur un rythme lent, mais parfaitement calé, décoré de fulgurances éparses — là encore, un peu à la manière de Full metal jacket. C’est donc un très solide film de guerre, un peu déprimant et en ce sens tout à fait réussi.

Quant à savoir pourquoi l’armée de terre française achète de la pub au milieu de ce film où l’on vous montre que c’est nul et chiant d’être soldat et que vous ne ferez même pas le seul truc auquel on vous aura donné goût, c’est un mystère.

¹ Yes, j’ai trouvé l’occasion de placer cette bizarrerie cinématographique !

5 secondes

herisson26 à 21:05 — Classé dans : Air du temps, Coups de sang3 commentaires

« Cinq secondes gagnées, c’est mille personnes transportées de plus à l’heure. » C’est un régulateur de la ligne 13 du métro parisien qui expliquait ça au 20 h, tout à l’heure. Et de lister, outre les solutions envisagées à long terme (déconnexion de la fourche nord ou prolongement de la ligne 14), les pis-aller applicables rapidement : personnel de contrôle des passagers dans les stations, pose de portes palières par exemple.

Pas un mot en revanche sur la plaie absolue, qui peut faire perdre une dizaine de secondes d’un coup à un train — et, par tant, dix secondes à tous les trains suivants : aux heures de pointe, il n’y a pas de marge hormis celle de sécurité, qu’il n’est pas question d’outrepasser —, je veux parler du crétin qui tient absolument à prendre ce train-ci et pas le suivant, même s’il est déjà plein à craquer et prêt à partir, et qui glisse le poignet dans l’entrebâillement des portes en cours de fermeture, puis s’acharne à les rouvrir à coups d’épaule jusqu’à se frayer un chemin en écrasant un peu plus les sardines déjà entassées.

Pourtant, de mon expérience du métro — et je fréquente surtout la ligne 2, qui n’est pas la plus chargée —, ces abrutis sont la première cause de retard de métro, causant des blocages en stations bien plus souvent que les feux de régulation (qui eux-mêmes peuvent bien être rouges parce qu’un imbécile bloque la rame précédente en essayant de monter dedans), les pannes d’alimentation et de signalisation, les suicides et les incidents techniques.

La doublepensée du jour

herisson26 à 19:30 — Classé dans : La pensée du jourUn commentaire

Le travail d’un publiciste, en gros, c’est de dire : « ce produit est parfait et durable » et, dans le même temps : « dans six mois, un produit plus parfait viendra le remplacer ».

Si c’est pas un bel exemple de doublepensée

C’était la pensée du jour. Faudra quand même que je lise 1984 un jour.

6 février 2010

Planète 51

herisson26 à 22:37 — Classé dans : Cinéma et télé, moyenPas de commentaire

de Jorge Blanco, 2010, **

Chuck est un astronaute. Il doit être le premier explorateur humain d’un monde vierge, et sa mission est simple : atterrir, découvrir quelques heures, rentrer. Le problème, c’est que le Rover qui l’a précédé, parfaitement programmé pour détecter les caractéristiques de la planète, n’a pas été prévu pour signaler qu’elle est… habitée, par des autochtones en pleine révolution des télécommunications (l’équivalent des années 50) qui découvrent avec passion les équivalents locaux de La guerre des mondes. L’armée veut s’emparer de lui, les citoyens en ont peur, mais une bande d’ados etc., je vous laisse faire la suite, j’ai la flemme et vous avez vu E.T..

L’originalité ? Euh… Laissez-moi réfléchir… Ah si, le film est écrit du point de vue des autochtones et c’est l’humain qui envahit. Autre chose ? Non.

Pour les amateurs de clins d’œil, c’est un festival. 2001, l’odyssée de l’espace, Alien, le huitième passager (en gag récurrent assez réussi), Wall.E, La porte des étoiles, La guerre des mondes, Retour vers le futur 2, Terminator, La guerre des étoiles, L’étoffe des héros, je connais pas assez cet univers mais je suis bien certain qu’il y a eu du Star trek quelque part et je suis presque étonné de pas avoir vu du Space cowboys tellement Planète 51 bouffe à tous les rateliers. J’aime voir quelques références discrètes dans un film, mais elle ne sont pas censées remplacer le scénario…

Même remarque, d’ailleurs, pour les idées loufoques. Quand il pleut, il tombe des cailloux, okay, euh, pourquoi ? Ça apporte quoi ? Les voitures et les seaux d’eau flottent. D’accord, mais ça apporte quoi ?

Bon, cessons de râler : le rythme est correct, le film est bien mené, l’animation est impeccable et aussi navrant soit le scénario, il a l’avantage de ne pas fatiguer le cerveau outre mesure. Du coup, on peut pas dire que ce soit désagréable, c’est juste creux au point qu’on se dit que ça a dû être rempli avec une pompe à vide.

PS : je viens de voir que La Croix a apprécié ce « joli » film « jamais vulgaire ni violent ». Effectivement, un film où la seule conséquence d’une lobotomie est de se répandre du thé sur les genoux, on peut pas dire que ce soit violent…

La pensée du jour

herisson26 à 18:34 — Classé dans : Air du temps, La pensée du jourPas de commentaire

Quand deux nanas s’embrassent dans la queue d’une supérette, le couple hétéro vieillissant qui les regarde l’air furibard est-il jaloux parce qu’elles s’aiment et plus eux, outré parce qu’elles osent le montrer, ou vraiment choqué parce que ce sont deux filles ?

C’était la question existentielle du jour. Un peu mort de rire de voir à quel point les choqués ressemblaient à l’archétype de la sainte famille Machin, quand même. ^_^

4 février 2010

Invictus

herisson26 à 21:47 — Classé dans : Cinéma et télé, fréquentableUn commentaire

de Clint Eastwood, 2010, ***

Dans l’œuvre de Dieu, il y a des pièces majeures et des pièces mineures. D’un côté, des Honkytonk man, Impitoyable, Million dollar baby ou Gran Torino ; de l’autre, des Le maître de guerre, Sur la route de Madison, Space cow-boys, Mystic river ou Mémoires de nos pères. Notez que j’évite les erreurs de parcours comme Firefox, l’arme absolue : on parle de cinéma, ici.

Avec Invictus, Clint fournit une mineure. C’est solidement réalisé, les acteurs sont évidemment impeccables (y’a Morgan Freeman et Matt Damon), l’équilibre de l’œuvre est évident avec une pointe d’humour, de l’émotion, une tension progressive, tout ça… Mais il manque des petites choses. Nelson Mandela n’a par exemple pas de face B : on est plus près de l’hagiographie que du portrait, ce qui perturbe un peu de la part d’un type qui a pondu le très ambigu Impitoyable. Et l’on a un peu l’impression qu’il a confié au rugby le soin exclusif d’unir les Sud-Africains, ce qui a un relent de panem et circenses, sans le pain bien sûr.

Quant à l’histoire, même sans avoir suivi la coupe du monde de rugby 1995, vous n’aurez pas de surprise : c’est le scénario typique de ce genre de film, avec un final naïf qui rappellera les superbes déclarations sur une France « black-blanc-beur » de juillet 98. Et c’est donc au final terriblement peu original, ce qui fait de cet Invictus un film réussi mais lui interdit tout espoir de grandeur.

Au passage, juste pour le plaisir du pinaillage, lorsque Mandela entre sur le terrain pour la finale, il est entouré d’une nuée de photographes. Tous avec des beaux 200 et 300 mm blancs de chez Canon. À trois mètres pour du portrait, autant dire qu’ils font des gros plans d’oreilles. C’est d’autant plus bizarre que plus tard, on en voit photographier à la même distance avec des objectifs bien plus courts — sans doute des 35 mm. Je m’étonne qu’un maniaque de la photo comme Clint ait laissé passer un truc pareil.

PS : y’a quand même un truc passionnant dans Invictus, c’est qu’il propose un négatif de Dans la ligne de mire, succès de Wolfgang Petersen où Clint interprétait un agent chargé de protéger le président. Ici, la garde rapprochée de Mandela est un des éléments centraux du film, la problématique posée notamment par la sécurisation du stade étant un peu plus que survolée. Sauf qu’ici, ces préparatifs sont nécessaires, mais fondamentalement inutiles, le plus grave attentat subi étant un jet de canette de bière.

Ça reste un aspect totalement secondaire du film, mais ça fait partie des petits détails que j’ai vraiment appréciés.

Sherlock Holmes

herisson26 à 21:01 — Classé dans : Cinéma et télé, fréquentablePas de commentaire

de Guy Ritchie, 2010, ***

Vous connaissez Sherlock Holmes ? Oui, le maître ès déduction logique né dans le cerveau dérangé d’Arthur Conan Doyle, dont les aventures ont fait l’objet de pléthores d’adaptations cinématographiques et d’au moins une série télévisée…

Toutes les adaptations que j’ai pu voir, à la notable exception du Secret de la pyramide de Barry Levinson, se sont focalisées sur l’aspect intellectuel et déductif de Sherlock Holmes. Certaines ont poussé le trait jusqu’à lui donner l’apparence d’un vieillard fatigué, brillant et soigné mais ne se déplaçant qu’au pas. C’est oublier que le Holmes de Doyle était aussi athlétique qu’intelligent, pratiquant la boxe autant que le violon, et ne crachait pas sur un verre plus qu’occasionnel — la rumeur prétend que Doyle n’aimait pas Holmes, dont le succès le contraignait à remettre d’autres projets, et n’hésitait donc pas à lui prêter des traits déplaisants.

Guy Ritchie, auteur du fort déjanté Rock’n’rolla et dont je ne connais rien d’autre, a décidé de rendre au physique et aux mœurs holmésiens leurs lettres de noblesse. Problème, il a peut-être été un peu loin dans ce sens. Si le choix de Robert Downey Jr allait de soi et s’avère un succès — sans grande surprise : il a déjà joué des espèces de dandys passionnés et égocentriques par le passé —, la surenchère de scènes d’action se fait souvent au détriment de l’intrigue, qui se révèle un peu brouillonne et non exempte de longueurs.

Dans l’ensemble, ça reste distrayant, mais un peu trop prévisible et assez perfectible.

À propos de Formule 1…

herisson26 à 19:19 — Classé dans : Confrères et cons frères, InsolitePas de commentaire

Vu sur le site d’Auto Hebdo :

cette VR-01 est le fruit de recherches utilisant des logiciels de CFD (Computational Fluid Dynamics) avec l’objectif de réduire les coups

Des fois, je lis mes cons frères et je me dis qu’il y a des coûts de pieds au cul qui se perdent…

Fou rire

herisson26 à 10:50 — Classé dans : En vrac, InsoliteUn commentaire

C’était il y a… dix ans, à peu près ? Seuls les plus anciens membres des Aéroforums s’en souviennent, et encore était-ce avant la création de ceux-ci.

Discutant de certains historiens et de la prétention qui était la leur d’atteindre la perfection du moindre détail dans la recherche de la « vérité historique », j’avais exprimé ma préférence pour ceux qui étaient capables de se détendre un peu et d’aller, non à l’approximatif, mais à l’essentiel, sans s’embarrasser de superflu, comme tout bon romancier. Ça avait donné une tirade sur les chieurs capables d’ergoter pendant des heures sur le nombre de boutons de l’uniforme du pilote du char qui avait écrasé la petite Juliette Durand à Dijon en 1945. Un certain Nicolas B., qui n’était alors qu’un blanchâtre étudiant en droit, passionné d’histoire et pourfendeur fou de négationnistes, trouva amusant d’en tirer un pseudo-rapport de la Wermacht long d’une dizaine de pages, dont s’ensuivit une forte amusante discussion surréaliste.

Par la suite, pendant quelques années, ce fut une private joke, comme disent les Français, entre habitués des Aéroforums et feus Histoforums, chacun la reprenant à sa sauce lors de délires mémorables ou pour railler un pinailleur plus extrême — phénomène désormais connu sous le nom de syndrome de la marmotte, d’après une publicité oubliée pour des tablettes de chocolat violettes, reprise et détournée au point d’entrer dans le langage courant comme exemple d’absurdité.

Aujourd’hui, en vue d’un voyage en Atlantide, j’ai reçu ma carte européenne d’assurance maladie, laquelle vient avec une petite plaquette expliquant où l’utiliser et comment (ça marche au Liechtenstein, mais pas à Monaco ou au Vatican, apparemment). Et sur cette plaquette, une illustration de carte :

durand_juliette

Voilà, c’était juste pour dire que l’Assurance maladie vient de me filer un bon fou rire, ce qui n’arrive pas souvent — ou alors, c’est nerveux, comme quand ils m’ont dit « désolé, on peut pas s’occuper de vous, vous dépendez du régime spécial de la fonction publique » deux ans après mon éviction de l’Éducation nationale et plus d’un an après mon retour dans le privé…

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