27 février 2011

Oscars

herisson26 à 20:28 — Filed under: Air du temps,Cinéma et téléPas de commentaire

Cette nuit, ce sont les Oscars, récompense suprême du cinéma américain et, par tant, du cinéma mondial — faut admettre que les César ont un peu trop tendance à récompenser l’art pour l’art, quitte à ce que ce soient des films à chier qui se regardent le nombril…

Donc, les Oscars.

Et pour une fois, j’ai vu beaucoup des films cités, notamment tous les favoris, qui sont sortis à temps cette année (j’ai l’impression que le décalage entre sorties américaine et française se réduit, merci à la piraterie peut-être ? ^^ ).

Donc, jouons aux pronostics :

Meilleur film

127 heures ; Black swan ; Le discours d’un roi ; Fighter ; Inception ; The social network ; Tout va bien ; Toy story 3 ; True grit ; Winter’s bone.

J’ai vu les huit qui sont sortis chez nous (Fighter et Winter’s bone sont attendus dans les prochaines semaines). Pour moi, c’est Inception qui domine, mais je sais qu’il m’a parlé très personnellement et reconnais volontiers que Black swan, Le discours d’un roi ou même The social network peuvent recevoir le prix sans que ça soit scandaleux.

Par contre, 127 heures, hum… Qu’est-ce qu’il fait là ? Oo’

Acteur dans un rôle principal

Javier Bardem dans Biutiful ; Jeff Bridges dans True grit ; Jesse Eisenberg dans The social network ; Colin Firth dans Le discours d’un roi ; James Franco dans 127 heures.

Je les ai tous vus, sauf Biutiful. Pour moi, c’est bouclé : c’est Colin Firth. Eisenberg est excellent, mais pas bouleversant, Bridges est le vrai concurrent mais il l’a déjà eu l’an passé, et Franco, wouahahaha, non mais c’est une blague ?

Acteur dans un rôle secondaire

Christian Bale dans Fighter ; John Hawkes dans Winter’s bone ; Jeremy Renner dans The town ; Mark Ruffalo dans Tout va bien ; Geoffrey Rush dans Le discours d’un roi.

Pas vu les deux premiers. Renner était excellent, Ruffalo passe-partout (le point faible de Tout va bien, à mon humble avis), donc je roule pour Geoffrey Rush, très bon… Même si d’autres penchent pour Christian Bale, et je veux bien croire qu’il le mérite vu le passé du bonhomme.

Actrice dans un rôle principal

Annette Bening dans Tout va bien ; Nicole Kidman dans Rabbit hole ; Jennifer Lawrence dans Winter’s bone ; Natalie Portman dans Black Swan ; Michelle Williams dans Blue Valentine.

Annette, Michelle, du fond du cœur, désolé. Vous savez que je vous adore, les filles. Désolé aussi pour Jennifer, qui m’a donné des frissons juste dans la bande-annonce tout à l’heure. Mais là, c’est bouclé : c’est Natalie et c’est pas négociable.

Actrice dans un second rôle

Amy Adams ou Melissa Leo dans Fighter ; Helena Bonham Carter dans Le discours d’un roi ; Hailee Steinfeld dans True grit ; Jacki Weaver dans Animal kingdom.

J’ai juste vu Le discours d’un roi et True grit, mais vu le niveau, je pense pas que le prix parte ailleurs (ou alors, Fighter et Animal kingdom, qui sortent dans les prochaines semaines, auront vraiment un second rôle féminin en or massif).

Helena a diablement assuré son rôle de Queen Mum, mais personnellement je penche ici pour Hailee, ce qui serait assez inédit pour une actrice de cet âge et de cette expérience (elle n’a à son actif que deux rôles ponctuels dans des séries télés et une poignée de courts-métrages). Accessoirement, je comprends pas pourquoi elle est nominée comme second rôle, alors que son personnage est le plus important du film et qu’on la voit autant à l’écran que Jeff Bridges, nominé comme premier rôle un peu plus haut. Idée farfelue : la mettre dans une autre catégorie que Natalie, à qui la récompense pour un rôle principal est promise, pour lui filer une statuette à elle aussi. Ça serait fort politique et à la limite de la justice, mais on a déjà vu des arrangements plus bizarres…

Mais après tout, comme j’ai pas vu les trois autres actrices, ça peut tout à fait leur tomber dessus, j’en serai pas choqué.

Film d’animation

Dragons de Chris Sanders et Dean DeBlois ; L’illusionniste de Sylvain Chomet ; Toy story 3 de Lee Unkric.

J’ai pas vu L’illusionniste, du même auteur que Les triplettes de Belleville. À moins que Chomet ait sérieusement rehaussé son jeu, pour ma part, je reste sur l’excellent Dragons, qui m’a beaucoup amusé à défaut de bouleverser l’histoire du cinéma.

Réalisateur

Darren Aronofsky pour Black swan ; David Russell pour Fighter ; Tom Hooper pour Le discours d’un roi ; David Fincher pour The social network ; Joel et Ethan Coen pour True grit.

Toujours pas vu Fighter, je vais finir par croire qu’il faut se pencher dessus — il sort mercredi en huit.

En attendant, pour moi, ça se joue entre les Coen et Aronofsky. The social network est très bien réalisé, mais un ton en-dessous, et Le discours d’un roi manque un poil de nerf par moment. J’ai vraiment du mal à choisir entre True grit et Black swan, dont la réalisation est très différente : sobriété westernesque classique pour l’un, flamboyance baroque pour l’autre. Dans tous les cas, ça sera mérité.

Montage

Andrew Weisblum pour Black swan ; Pamela Martin pour Fighter ; Tariq Anwar pour Le discours d’un roi ; Jon Harris pour 127 heures ; Angus Wall et Kirk Baxter pour The social network.

Éliminons d’entrée l’épileptique qui a pondu le montage de 127 heures : si je dois le féliciter, ça sera pour son boulot sur Kick-Ass (oui oui, c’est le même Jon Harris), mais certainement pas pour ce clip — où, soyons honnête, il a fait ce qu’il a pu pour dynamiser un film plombé dès le scenario.

À moins que Fighter soit un grand montage, ce qui est possible, je roule ici pour Andrew Weisblum.

Bande originale

John Powell pour Dragons ; Hans Zimmer pour Inception ; Alexandre Desplat pour Le discours d’un roi ; A.R. Rahman pour 127 heures ; Trent Reznor et Atticus Ross pour The social network.

Tiens, j’ai vu les cinq.

Zimmer et Rahman sont out d’entrée, ou alors le jury a de la merde dans les oreilles. Aucune des autres B.O. ne m’a vraiment marqué, donc que le meilleur gagne.

Effets visuels

Alice au pays des Merveilles ; Au-delà ; Harry Potter et les reliques de la mort, première partie ; Inception ; Iron man 2.

Ça m’écorche le cul, mais je dois l’admettre : Iron man 2 a vraiment de super effets visuels. C’est sans doute le plus impressionnant des cinq et je serais pas étonné qu’il l’emporte ; pourtant, à sa façon, Au-delà en fait plus : l’utilisation des effets spéciaux pour obtenir un résultat ultra-réaliste fonctionne à fond. Inception est plus classique, mais parfaitement maîtrisé, donc peut recevoir une statuette aussi.

Scenario adapté

127 heures ; The social network ; Toy story 3 ; True grit ; Winter’s bone.

N’ayant pas vu le dernier, je votre pour True grit.

Scenario original

Another year ; Le discours d’un roi ; Fighter ; Inception ; Tout va bien.

Inception, Inception, Inception !!! C’est tout ce que j’ai à dire à propos de ça.

Voilà, rendez-vous demain pour savoir dans quelles rubriques l’Académie m’aura énervé. ^^

True grit

herisson26 à 19:21 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Joel et Ethan Coen, 2010, ****

Enfin !!! Après deux opus ratés (Burn after reading, truc mollasson vaguement chiant, et A serious man, sombre merde qui tourne à vide), j’ai enfin retrouvé mes Coen. Ceux qui ont fait O’Brother, where art thou ?, Intolérable cruauté, Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme

True grit est un western. Un vrai. Avec des personnages à poigne, comme son titre le suggère : un marshall, un ranger et une jeune fille chassent un assassin, et ça plaisante pas beaucoup. L’un est un ivrogne qui méprise les Texans, l’autre est un Texan qui méprise les ivrognes, et la troisième n’a pas d’autre choix que de supporter ces deux boulets pour aller chercher leur cible en territoire hostile.

On se marre beaucoup moins que dans la plupart des Coen, mais il ne faut pas oublier que Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme n’était pas vraiment hilarant non plus… Et on rigole quand même un peu, parfois, quand le sale caractère des deux mâles (oui, le sexe « fort » ne sort pas grandi du film) les amène à la confrontation directe notamment.

Acteurs impeccables, photo soignée, rythme superbement géré, vrai scenario (vous savez, le truc qui manquait aux deux derniers Coen), vrais personnages, vrais canassons, foule de détails pas nécessaires à l’histoire mais réalistes (le dentiste qui troque un cadavre à un Indien pour récupérer les dents…), pas de vrai rebondissement mais une progression implacable vers un final dur, loin des happy ends qui pullulent chez d’autres…

Un grand western, à mon humble avis, même s’il manque un peu de la réflexion sur le sens de la vie et de la justice qu’on pouvait trouver dans Impitoyable et Open range : ici, c’est un peu le postulat de départ que Tom Chaney mérite une balle et pis c’est tout.

Mais y’avait longtemps que j’avais pas goûté un aussi bon Coen.

127 heures

herisson26 à 15:19 — Filed under: Cinéma et télé,terriblePas de commentaire

de Danny Boyle, 2010, *

Bonne nouvelle : on a trouvé l’acteur qui pourra jouer Ayrton Senna da Silva quand on fera un film sur lui. Sous certains angles, la ressemblance entre James Franco, version sportif mal rasé, et lui est en effet troublante.

Mauvaise nouvelle : c’est le seul bon point de ce clip. Oui, clip, pas film : montage épileptique illisible, fun façon je suis djeuns et branché et je m’éclate sur Youtube, musique de merde envahissante et effets sur-vendus totalement artificiels, on se croirait dans le DVD d’un groupe californien. Même le côté merdasse publicitaire est bien présent, avec un placement produits souvent très visible (Canon et le groupe Coca-Cola en particulier, Petzl plus ponctuellement).

Ajoutons une traduction complètement à côté de ses pompes (Scooby-Doo, c’est le chien débile héros d’une série animée, ça ne se traduit donc pas par « scoubidou »…) et des longueurs un peu trop sensibles entre les passages animés, saupoudrons d’un personnage principal tellement sympa que, au fond, il peut bien y crever, sous son rocher, ça nous dérangera pas plus que ça… Oui, au total, on s’ennuie quand même pas mal.

Ah, et puis, si j’ai bien compris la morale gnangnan de l’histoire, faut s’intéresser aux autres même si on se prend pour un héros. Faudra alors m’expliquer pourquoi le film fait exactement pareil avec ses personnages secondaires, totalement zappés sitôt utilisés.

Reste cependant une scène vraiment admirable : le decoupage, em particulier au passage de l’innervation principale de la main. Dommage d’attendre une heure pour ça.

Encore un comme ça, et je blackliste Danny Boyle.

26 février 2011

Polly Jean Harvey

herisson26 à 19:58 — Filed under: Musique,PhotoPas de commentaire

concert à l’Olympia, 2011, ****

Étonnant : j’ai pu rentrer… avec un compact en test, pourtant dûment contrôlé par le vigile : « Dans la poche, là, c’est un appareil photo ? — [gêné] Ben… oui… — C’est bon, allez-y. »

Ça vous paraît normal ? C’est peut-être parce que je n’ai pas parlé du panneau juste au dessus de sa tête, celui qui disait que tout matériel de photo ou d’enregistrement était interdit dans la salle. ^^

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Dix minutes plus tard. Le type au centre a pas l’air commode, les gens s’entassent dans l’orchestre, tout va bien.

À l’heure où le concert doit débuter (20 h), rien ne bouge, à part les spectateurs de plus en plus entassés. Normal, un concert qui commence à l’heure, il paraît que ça n’existe pas. Perso, j’en profite pour regarder la salle…

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…le caméraman installé au dessus de la fosse est assis dans sa nacelle. Donc, ça risque pas de commencer tout de suite : je pense qu’il sera averti avant le début du spectacle !

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Au passage, les moyens d’enregistrement sont impressionnants : deux caméras « broadcast » de télévision, une caméra baladeuse au bout d’une perche, des micros partout dans la fosse… Je sais pas si on sera sur un Blu-Ray ou quoi, mais y’a des moyens engagés.

20h30 : le caméraman se relève, et c’est parti. Installation des zicos, ça va assez vite : ils sont trois, tous multi-instrumentistes, pour accompagner une chanteuse qui elle-même change d’outils régulièrement.

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Polly arrive en truc en plumes noires, qui rappelle forcément la métamorphose de Nina mais je sais pas si c’est fait exprès. Sur les premiers morceaux, elle porte une sorte de croisement de piano à queue, de harpe et de guitare, ou peut-être de cithare et d’accordéon, je sais pas. La main gauche fait des notes sur un clavier, la main droite bat juste au-dessus, et je pense que les cordes les plus longues n’ont pas été utilisées une seule fois, ou alors par sympathie. Apparemment, ça s’appelle une «  autoharpe  ».

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Très anglais, très sérieux, très bon aussi, Mick Harvey a joué un peu de basse et beaucoup de plein de choses, notamment de claviers.

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Sorte de Jean-Pierre Darroussin avec 20 cm en moins, John Parish, guitares et claviers et synthés magiques.

J’ai pas de photo potable de Jean-Marc Butty, batteur et percussionniste, désolé pour ça mais y’avait pas beaucoup de lumière et déjà, là, on parle de compact à 3200 ISO ! Oo

Y’a une chose que je reconnais volontiers à Polly — que je connaissais pas y’a un an — : elle ose. Musicalement, elle change de style d’album en album et de morceau en morceau ; en concert, après deux morceaux d’ouverture, au moment où le public se réchauffe, elle ose balancer All & Everyone, morceau doux, en plus dans une orchestration assez nue qui met bien en valeur l’ouverture « death was everywhere ». Ça casse un peu l’ambiance, les dépressifs partent se tirer une balle, mais bon sang, que c’est bon, quand même, ce genre de petite surprise !

Autre source d’étonnement : la voix. J’ai entendu pas mal d’artistes jouer la sécurité en concert, en descendant d’un ton certains passages ou en tapant pas trop dans leurs cordes vocales. PJ, non : elle chante comme en studio, quitte à s’arracher ponctuellement sur les passages aigus mais pas assez pour passer en voix de tête. Un petit côté Janis, même, par moments — j’ai déjà connu de pires insultes.

Et puis, il y a un vrai effort de complexité musicale, malgré la légèreté de l’orchestre (ils sont sacrément bons, mais ils sont quand même que quatre). Bien sûr, c’est plus homogène que sur les albums, où elle saute allègrement du pop-rock mollasson au blues en passant par des trucs à la limite du classique et d’autres simples et allégés à la Tiersen. Le concert est plus pop-rock, même s’il y a un passage un peu plus hard et des moments où l’autoharpe et le chant prennent des tours limite celtique (avec notamment un morceau où Mick Harvey est au premier chant, très irlandais dans l’âme).

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Les changements réguliers d’instruments des quatre protagonistes n’y est bien entendu pas étranger, ainsi que l’apport d’un clavier à ordinateur, vous savez, un truc qui passe n’importe quel son pré-enregistré, souvent utilisé pour masquer une faiblesse d’orchestration mais ici outil à part entière du montage musical.

Un reproche tout de même ? Oui, ça se trouve : Polly est seule.

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Elle s’installe dos à ses musiciens, ne les regarde que très ponctuellement pour quelques lancements, et chacun fait un peu son morceau dans son coin, sans vraie communication, sans jeu de scène. On est très, très loin de Keith et Ronnie jouant aux cancres ou de Balavoine se plaçant face à son guitariste et mimant son solo façon miroir ; on est même loin des simples coups d’yeux échangés entre Renaud, Titi et Lanty pendant la tournée Une guitare, un piano et Renaud.

Avec son public, PJ n’est guère plus communicative. Un « merci beaucoup » de temps en temps, la présentation des zicos au début du « rappel », et c’est marre. Seul moment de vraie communication : quand elle s’arrête brutalement après quatre mesures d’un morceau (je sais plus lequel, désolé), se retourne vers les autres et lâche « I’m detuned », avant de commencer à bricoler sa gratte en reprenant à l’adresse du public : « I was tuned for another song, I must re-tune it… Sorry about that ».

Là, c’est naturel, souriant et spontané : PJ n’est pas une autiste publicophobe façon Thom Yorke, c’est juste pas une causeuse et c’est pas son truc de chercher le contact.

L’autre truc un peu énervant, bien sûr, c’est de payer 56 € la place, quand on peut voir Tryo, Zazie, Lavilliers et Noah pour 18 € ou Matthieu Chedid, ses musiciens et son pyrotechnicien pour un énorme show à l’Américaine pour 40 €. Bien sûr, l’acoustique de l’Olympia n’a rien à voir avec celle du Zenith, bien sûr, l’ingé son ne s’est pas senti obligé de faire trop fort et on peut vraiment savourer les différents instruments sans se percer les tympans, mais c’est un peu cher quand même…

Reste une conclusion super marrante : après deux morceaux en « rappel » programmé, Polly lance le troisième morceau par un « this is gonna be our last song, goodbye everyone ». Trois minutes plus tard, fin du morceau, les Anglais à ma gauche se barrent, pas un Français ne bouge. Symptomatique du niveau linguistique hexagonal, sans doute…

Ah, et le petit détail amusant, c’est ma voisine, qui photographiait avec un Sony HX5V, en manuel sans flash (oui, ça fait beaucoup de qualités d’un coup, et en plus elle était jolie !), et qui m’explique en être très contente, parce que si elle met la molette là, il fait la moyenne de plusieurs photos et ça donne un résultat nickel même quand y’a pas de lumière, et il permet de faire des photos de concert alors qu’avant elle avait un Pentax inutilisable dans ces conditions.

25 février 2011

Le dialogue du jour

herisson26 à 18:20 — Filed under: Insolite,La minute geek,La pensée du jour,MusiquePas de commentaire

Ça date un peu, mais j’y ai repensé tout à l’heure :

― Les Doors, j’aime bien la voix, la guitare, la batterie, tout ça, mais j’ai vraiment du mal avec les synthés, trop kitsch…
― En fait, t’aimes les Doors, c’est Manzarek que t’aimes pas…
― Ah mais si, j’aime beaucoup sa main gauche.

Y’a des fois, je me dis que mes potes et moi, on a des conversations un peu crypto-geekesques… Oo

C’était la pensée absurde mais en fait non du jour.

23 février 2011

La pensée du jour

herisson26 à 21:41 — Filed under: La pensée du jourPas de commentaire

Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste français, sur i>Télé.

Ah, dix ans après Prof, ils sont passés à Simplet, en fait. ><

C’était la pensée du jour. Le charisme d’une huître cuite, la réflexion d’une endive molle, cohérent pour un parti que tout le monde pensait fusionné dans le Parti de gauche ou le Nouveau parti anticapitaliste.

22 février 2011

Angoisse

herisson26 à 23:35 — Filed under: En vrac,Prise de courgeUn commentaire

« C’est très impressionnant, une crise d’angoisse. Même si c’est très différent d’une personne à l’autre… […] Apprendre à vivre avec, ça veut dire avoir une peur irraisonnée qu’à chaque instant tout se détraque. » (Le combat ordinaire)

Impressionnant, oui. La première crise d’angoisse que j’ai pu observer m’a marqué : une gamine posée, avec un caractère plutôt affirmé, s’était brutalement effondrée en larmes, sans déclenchement visible, sans raison particulière.

Mais, pour impressionnante qu’elle fût, la première crise vue, c’est que dalle par rapport à la première vécue.

Je suppose que ceux qui en font depuis l’enfance ont plus « appris à vivre avec ». Pour moi en revanche, ce fut un choc, au point que je peux vous citer la date : le 29 mai 2009. C’était un vendredi, et je crois que l’élément déclencheur était l’incohérence profonde entre expression orale et expression corporelle d’un fils de pute, qui se faisait passer pour un ami et affûtait dans le même temps la lame dont il espérait me faire don.

La crise est survenue brutalement, sans que je la sente réellement venir, au point que je me suis fait piéger, assis devant mon clavier, devant mes collègues, pris de tremblements incontrôlables, suant abondamment un liquide gelé et poisseux, incapable de redevenir maître de mes mouvements, incapable de me lever et de fuir, incapable même de raisonner ― ou alors, par à-coups, saisissant brutalement des bribes de conscience : là, la sensation aiguë de l’arythmie cardiaque, ici, l’étouffement mêlé d’hyperventilation, là encore, cette petite voix de mon Spock intérieur qui souffle que ça va passer, que c’est juste un effondrement temporaire et que je vais retrouver le contrôle de mon corps dans quelques minutes…

J’ai cru que c’était ponctuel. La période était dure, les mois suivants ont été particulièrement difficiles, mais ça n’est pas avant septembre que j’ai dû admettre que, comme la mort ne pouvait retourner dans la jarre de Pandore, l’angoisse arrivée ne partirait plus.

Cette deuxième crise, je l’ai pour le coup sentie venir : elle ne fut que le pinacle de deux jours de stress. Dix minutes avant, encore dans le train, je l’ai sentie arriver et ai commencé à négocier : pas là, pas maintenant. Parvenu à domicile, les défenses se sont tues et la crise n’a été que plus violente : vingt minutes assis par terre, sanglotant et tremblant, totalement et désespérément hors service, déconnecté d’un corps qui ne voulait plus rien faire d’autre, avec la conviction que ça ne se terminerait jamais et que rien ne pourrait me réparer.

D’autres crises sont venues, et l’arrangement d’une vie en fonction de celles-ci est parfois épuisant. Dieu merci, certains éléments déclencheurs sont clairement identifiés et il m’arrive d’éviter des situations où l’expérience me dit qu’une poussée anxieuse est possible. Je retrouve ici une anticipation bien connue, comme au temps où je marchais d’autorité les cinq kilomètres me séparant de la fac les jours de grève du tram, pour ne pas affronter mon ochlophobie (qui, elle, va beaucoup mieux, merci).

Cela passe aussi par se forcer à aller voir ailleurs, lorsque la tension monte et que le stationnement entraînerait immanquablement la crise. Pas plus tard qu’hier, je me suis forcé à aller grimper, sans réelle envie, parce que je sentais une boule d’aiguilles un peu trop familière se former dans mon estomac. Le but : tricher, se détourner de l’angoisse et se fatiguer trop pour pouvoir faire autre chose que dormir une fois rentré. C’est sensiblement dans cette situation que j’ai fait mes meilleurs 400m au temps de la piscine, et ce n’est pas un hasard si hier soir j’ai enchaîné les 6 sans mollir, finissant par presque sortir un 6b+ : le corps demandant grâce anesthésie l’esprit et l’oblige à remettre à plus tard son abandon.

C’est d’ailleurs, n’en doutons pas, la principale raison d’être de ce billet : me tenir éveillé jusqu’à ce que la fatigue l’emporte, sans me laisser le loisir de penser aux sources de l’anxiété qui ne me lâche pas depuis quelques semaines.

Car paradoxalement, le pire n’est pas vraiment la crise. L’esprit n’y fonctionne qu’aléatoirement, ne se rend pas bien compte de ce qu’il se passe, perd la notion du temps… et la mémoire en sort confuse, ignorante des événements survenus.

Le pire est la montée qui précède, les petits pics précédent la grosse crise, les périodes de tension palpable où je sens être à deux doigts du basculement, sans savoir où, quand, comment ni pour quel détail insignifiant tout va partir de travers. Au point qu’il m’est arrivé parfois de souhaiter que ça se déclenche, histoire de savoir que c’est passé et de profiter des minutes ou heures de calme qui suivent chaque crise, le temps que la soupape se referme et que la pression puisse de nouveau monter.

Tout ça pour dire que si vous me voyez m’enfermer dans mes recoins internes, même au milieu d’une conversation à laquelle je semblais participer de bon cœur, ça ne veut pas forcement dire que vous me faites chier. C’est plus souvent qu’un détail quelconque aura brusquement fait monter la pression et que je serai occupé à négocier avec moi-même le report sine die de ma prochaine crise…

20 février 2011

Largo Winch II

herisson26 à 12:51 — Filed under: Cinéma et télé,moyenPas de commentaire

de Jérôme Salle, 2010, **

Milliardaire, play-boy trentenaire, globe-trotter, parfois même ermite : Largo Winch, personnage de Jean van Hamme.

Deuxième épisode cinématographique, avec en vrac un complot international visant à voler le groupe W du gentil Largo, des mercenaires vengeurs, du massacre d’innocents Birmans par un groupe minier, des comptes suisses secrets, de la justice internationale, des Audi qui glissent, un personnage ridiculement ampoulé sujet au mal des transports, une procureure quinquagénaire qui se taperait bien quelques play-boys trentenaires, un fils caché, deux fils cachés, une Birmane trop jolie, un globe-trotter mal embouché qui perd au poker, un financier russe mal élevé, un vieux qui se vengera jusqu’à son dernier souffle, un général corrompu…

En vrac, oui, vraiment, c’est le terme qui convient. Inutile de chercher une logique ou une originalité : Largo Winch II, c’est Tireur d’élite, Hots shots 2, La plage, Fast and furious, voire Les bronzés (si si, le plongeon dans la piscine de l’hôtel)… C’est même, mais en très allégé parce qu’il faut que les amateurs de films d’action comprennent, Wall street — ici, la finance est extrêmement simplifiée par rapport à la B.D. originale. Quant au scenario, s’il pioche à droite et à gauche (conflit de générations, complots, indéfectible ami qui trahit à la fin, méchants très méchants qui prennent d’innocentes jeunes femmes en otages, tout ça…), il ne s’embarrasse ni de vraisemblance, ni de profondeur.

Là-dedans, on va quand même apprécier deux ou trois choses. Primo, c’est tourné dans de vraies langues — français, anglais, russe et une asiatique mais à l’oreille je fais pas la différence entre birman, thaï et consorts. Secondo, les acteurs font bien leur boulot, cabotinant un peu parfois (en particulier Nicolas Vaude, qui campe il est vrai un personnage rêvé pour cabotiner), et Sharon Stone est surprenante à mi-chemin entre la psychorigide castratrice et la croqueuse qui se rêve encore jeune et sexy. Tertio, Stan Collet nous propose un montage nerveux (épileptique même dans les scènes d’action) et efficace, qui fait un peu passer la monotonie prévisible du scenario, et Denis Rouden se fait plaisir avec quelques plans soignés — même si c’est beaucoup plus ponctuel que dans 36 quai des orfèvres, dont il avait également dirigé la photo.

Au final, il faut donc reconnaître qu’on ne s’ennuie pas vraiment, même si c’est souvent trop « trop » et qu’on sent bien passer les grosses ficelles. Pour un abonné illimité qui ne sait pas quoi faire dans un week-end vide entre Black Swan et True grit, ça ne mange pas de pain.

Bouchons

herisson26 à 11:12 — Filed under: Air du temps,Confrères et cons frèresPas de commentaire

Les bouchons, c’est terrible. Donc, faut pas rouler en journée, profiter du repas des autres pour avancer, tout ça.

Et de montrer à la télé l’horreur des heures de pointes, avec un énorme bouchon.

Sauf que.

Le bouchon en question, c’est l’arrivée de l’A48 sur la porte de France, à Grenoble. Je connais bien, j’ai habité sept ans juste au-dessus.

Premier point : il est filmé au ras du sol, ce qui permet de donner l’impression que tout est bouché à mort même s’il n’y a que cinquante mètres d’embouteillage.

Deuxième point : c’est un goulet d’étranglement, où arrivent des voitures roulant à 90 km/h, bloquées par… un feu tricolore, qui marque la fin de l’autoroute. Quand le feu passe au vert, les voitures s’égayent vers la place Dubedout ou la route de Lyon.

De fait, c’est LE point dans le Dauphiné où l’on peut filmer des voitures entassées, quel que soit le jour, quelle que soit l’heure. Elle s’entassent pendant deux minutes maximum, d’ailleurs.

Bien sûr, vue la situation du truc, ça arrive que ça bouchonne vraiment. En particulier le matin vers 8h, quand les banlieusards rejoignent leur travail à Grenoble. Mais quand ça bouchonne à cet endroit, on ne filme pas du pied de la Bastille, à côté de l’Esplanade ; on remonte vers le sud de Saint-Egrève, à la bifurcation de l’A480, voire plus haut encore (mon record perso : bloqué dès l’arrivée sur l’autoroute par la D1532, au niveau de Voreppe, une demi-heure pour arriver à la sortie de Saint-Egrève et finir plus cool par la route de Lyon…).

Donc, mon avis personnel : un beau bidonnage cédant à la facilité. Genre on est arrivé au mauvais moment, on n’a pas trouvé de beau bouchon, ça ralentissait à peine, on a demandé aux autochtones où trouver des voitures bloquées et roule !, un sujet sur l’enfer des départs en vacances.

13 février 2011

Kick-Ass

herisson26 à 19:24 — Filed under: BouquinsPas de commentaire

de Mark Millar et John Romita Jr, 2008, ****

On a tous fantasmé de devenir un super-héros, de se balader avec un slip par dessus un collant et casser la gueule aux chieurs. Dave, lui, a été assez con pour le faire. Habillé d’un costume de plongée, il traîne dans les rues pour redresser les torts et devient une célébrité après avoir défendu une victime d’agression ; mais les choses se compliquent quand il tombe chez des vrais méchants, et se fait secourir in extremis par une gamine de dix ans en costume de super-héroïne, Hit Girl. Car parmi la cohorte de loosers inspirés par son quart d’heure warholien youtubien, il y a un couple qui sort du lot : Big Daddy et Hit Girl, vrais combattants, réellement redoutables, qui ont décidé de s’en prendre au parrain de la mafia locale.

La référence officielle de Kick-Ass, c’est la tonne de comics de super-héros parus depuis les années 30, vous savez : Batman, Spider-Man, Superman, Wonder Woman, The punisher…, qui ont tous droit à une référence plus ou moins explicite quelque part dans un phylactère ou une situation.

Mais franchement, dans ma bédéthèque personnelle, le volume qui se rapproche le plus de Kick-Ass, c’est l’intégrale de Ranx, cette « BD pleine de violence gratuite », crade et explosive, lancée au début des années 80 par Tamburini et Liberatore. Kick-Ass est parfois drôle, mais ce n’est pas une série comique ; c’est avant tout une série d’action violente, décomplexée, reflet d’un univers sombre et trash. Ça dégouline d’hémoglobine à longueur de pages, dès la couverture en fait, et les coups pleuvent, et Kick-Ass n’est pas le dernier à se faire démolir.

Ayant découvert au préalable le film tiré de la BD, j’ai été brutalement déstabilisé par cet aspect. Le film joue beaucoup sur le registre de la comédie, anticipe un peu les retournements les plus brutaux — l’identité de Red Mist, notamment — et use en permanence du décalage entre Mindy, gamine de dix ans à la tête d’ange, et Hit Girl, combattante impitoyable et implacable.

L’œuvre originale est beaucoup plus sombre, beaucoup moins délirante et beaucoup plus sérieuse. Plus profonde aussi, par exemple en révélant l’identité réelle de Big Daddy, assez éloignée du romantisme de la version officielle (elle aussi directement inspirée des comics Marvel).

Du coup, Kick-Ass (film) et Kick-Ass (BD) sont plus complémentaires que réellement adaptés l’un de l’autre. Si la trame globale est semblable, la tonalité et la narration sont radicalement différentes, et il est malheureux que l’on ait attendu la sortie de l’un pour publier l’autre dans nos contrées : on a ainsi artificiellement amalgamé deux œuvres liées, mais bien distinctes, alors que le public américain a eu deux ans pour digérer la version sombre et faire connaissance avec la version fun. Il aura en tout cas fallu que je relise le papier presque un an plus tard pour saisir ses forces propres, alors qu’à première vue j’avais surtout été déçu de ne pas retrouver l’esprit délirant du film. Imaginons une seconde que le succès de Kaamelott vous ait fait relire Chrétien de Troyes : vous saisissez le choc ?

Cependant, au delà de cette erreur stratégique des éditeurs, Kick-Ass est une excellente BD d’action, trash, glauque, dans la lignée de certaines œuvres noires ou violentes comme Ranx, Sin city ou Les gardiens.

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