31 octobre 2010

Inscriptions désactivées

herisson26 à 8:34 — Filed under: Air du tempsPas de commentaire

Ces temps-ci, les inscriptions spam se multiplient. Et comme ça me fait chier de supprimer un à un les faux utilisateurs qui ne sont là que pour coller un lien ou faire de la pub pour du Viagra, j’ai supprimé la possibilité pour les utilisateurs de s’inscrire eux-mêmes.

Si vous voulez un compte pour commenter les billets, merci de me contacter.

27 octobre 2010

Vertige

herisson26 à 21:32 — Filed under: Cinéma et télé,moyenPas de commentaire

de Abel Ferry, 2008, **

Si vous connaissez le principe du groupe de potes pré-trentenaires (avec deux fâchés quand même) qui partent dans un coin paumé et disparaissent les uns après les autres, vous risquez une petite impression de déjà-vu. Faut dire que c’est très ordinaire en dehors de la principale originalité du film : un début tout en acrophobie à base de via ferrata. Avec, au passage, un truc super rare dans les films d’altitude : un acteur, Nicolas Giraud, qui a dû faire un peu de varappe avant de tourner, pasqu’il a des mouvements de grimpeur, c’est cool — après, il est un peu dommage que le scénariste n’ait pas pris la même précaution parce que niveau documentation c’est assez risible.

L’avantage tout de même, c’est que le film est plutôt nerveux, le réalisateur n’ayant pas jugé utile de rajouter dix minutes pour arriver à l’habituelle heure et demie. 1 h 20, ça permet un bon petit montage bien fichu, même si bon, ça manque un peu de tenants de temps en temps (quant aux aboutissants, on les devine très rapidement).

Au global, ça se laisse donc regarder, sans casser trois pattes à un canard.

23 octobre 2010

Conforama sécurisé ?

herisson26 à 12:29 — Filed under: Coups de sang,La minute geekUn commentaire

Vous le savez peut-être, j’ai un problème de place. En gros : j’ai plus de bouquins que d’endroits pour les mettre.

Du coup, j’ai souhaité acheter des bibliothèques en kit. Ça coûte pas grand-chose, et c’est bien pratique.

Problème 1 : Castorama, à côté de chez moi, ne fait plus les modèles que j’avais achetés il y a deux ans. Plus que des étagères métalliques… Bande de nazes… –_–

Problème 2 : Conforama, à côté de chez moi aussi, a des modèles en agglo… mais pas de stock : il faut aller les chercher au dépôt, deux bornes plus loin. Rédhibitoire pour un piéton.

Donc, j’ai voulu tenter une commande sur Internet.

Premier truc hilarant : pour deux bibliothèques (ben oui, j’ai vraiment plus de bouquins que d’étagères), on paie deux fois les frais de port. Oui oui. Elles sont toutes deux disponibles dans le même dépôt, doivent être livrées en même temps, mais sont facturées comme si j’en faisais livrer une ici et une à La Bâtie des Fonds. Oo

Deuxième truc poilant, à l’heure de payer la commande. Je vous laisse voir vous-mêmes :

confo

Vous voyez le truc ?

Alors voilà, je suis pas un grand maniaque de sécurité comme Ghusse. Utiliser un mot de passe commun à plusieurs comptes fait partie de mes détestables habitudes, j’accepte de relever mes courriels sur un Wi-Fi non sécurisé, j’utilise MSN pour le boulot alors que les échanges ne sont même pas chiffrés (au contraire de Gtalk, soit dit en passant)…

Mais là, faut quand même pas pousser. Si je les crois, je suis sur une page entièrement sécurisée utilisant le protocole le HTTP ? Non mais faut pas prendre les moineaux pour des pigeons !

Une page sécurisée, ça commence comme ça et pas autrement : https://. Quels que soient les mécanismes de sécurité mis en œuvre sur la page elle-même, ça DOIT commencer comme ça : la première étape de sécurisation pour n’importe qui, c’est de chiffrer le flux lui-même, donc de pas utiliser un protocole en clair.

Donc, je suis sensé faire suffisamment confiance à des guignols pareils pour leur fournir mon numéro de carte bleue ?

Et puis voilà que je reçois la confirmation de création de mon compte. Dedans, je copie-colle tellement c’est beau :

Veuillez conserver les informations ci-dessous pour accéder à votre compte :

Votre adresse e-mail (login) : herisson26[…].fr
Votre mot de passe : […]

Oui, mon mot de passe en clair, dans un mail. Ce qui entraîne deux conclusions :

1– ce mot de passe, qui a déjà fait l’aller en clair (HTTP oblige), a fait le retour tout aussi clair jusqu’à mon fournisseur d’accès, puis jusqu’à moi (oui, un FAI qui sécurise les mails, c’est aussi courant qu’un ministre de l’intérieur qui n’aime pas les Auvergnats) ;

2– ce mot de passe est stocké, toujours en clair, chez les guignols de Conforama, alors que la première chose que fait tout informaticien sérieux en recevant un mot de passe est de le coder dans un algorithme à sens unique afin que nul ne puisse le retrouver. Vous me direz, au stade où on en est, ce petit défaut de sécurité est anecdotique…

Curieusement, j’ai pas validé ma commande. Tant qu’à payer plus cher de port que de produits, je vais au moins aller voir chez des gens qui ont — au minimum — entendu parler du HTTPS.

22 octobre 2010

Je vais perdre mon boulot

herisson26 à 23:03 — Filed under: Air du temps,Prise de courgePas de commentaire

Ah, voilà un titre qui attire l’œil. Yep, ça y est, vous êtes tous aux aguets, anxieux de lire cette révélation fracassante.

Bon, désolé, j’aurais dû mettre des guillemets. ^^

« Je vais perdre mon boulot », c’est le cri d’un individu qui expliquait tout à l’heure, au journal télévisé de France 2 (décidément bien fourni en clichés ce soir), ses inquiétudes face aux difficultés d’approvisionnement en essence et, conséquemment, à son impossibilité de rejoindre les locaux de son employeur.

Euh…

Vous connaissez beaucoup d’employeurs qui vireraient un salarié non-précaire (les pigistes, forts des Halles et autres esclaves modernes sont dans un cas particulier) pour avoir raté une journée de travail du fait d’une pénurie de carburant ?

À ma connaissance, y’en a pas des masses. Pour l’excellente raison que celui qui s’y amuserait risquerait très gros aux prud’hommes.

Je suis pas juriste, mais il y a un truc qui existe et qui s’appelle la force majeure. La force majeure, c’est la traduction en droit français de vieux principes du monde fataliste : « inch’Allah », « mektoub », « Advienne que pourra », voire pour les amateurs d’Épictète « il y a ce qui ne dépend pas de soi ».

En l’occurrence, l’automobiliste n’est pas responsable de la pénurie de carburant. Il a rempli sa part de contrat vis-à-vis de son employeur, en effectuant en temps et en heure toutes les actions nécessaires pour se rendre à son travail : il a sorti sa voiture du garage avant l’heure limite du départ, s’est rendu dans une station-service pour faire le plein avec un délai raisonnable, peut-être même avait-il suffisamment de temps disponible pour tenter une autre station-service, la sienne fût-elle fermée pour une raison quelconque.

Las, est survenu un évènement extérieur : toutes les stations étaient fermées et il n’a pu ravitailler son bolide motorisé. Cet évènement est inévitable (il ne peut pas trouver une station fournissant le type de carburant attendu par son destrier à combustion interne), imprévisible (qui, dans une société d’abondance comme la nôtre, s’attend à voir une station à sec pendant plusieurs jours d’affilée ?) et extérieur aux parties (sauf, bien sûr, si l’individu fait partie du piquet de grève de Gonfreville-l’Orcher, ou si son employeur s’appelle Exxon). C’est un cas de force majeure : l’employé, malgré toute sa bonne volonté, ne peut se rendre à son travail, et l’employeur, malgré toute sa bonne volonté, ne peut lui fournir de solution alternative à un déplacement en voiture.

(Je passe sur les cas de mauvaise volonté de part ou d’autre, qui sont naturellement voués à finir aux prud’hommes donc autant en profiter.)

Et là, que se passe-t-il ?

Un cas de force majeure est réglé par un autre principe vieux comme le monde : le « chacun pour sa gueule ». Il n’ouvre aucun droit (même s’il peut entraîner des négociations, comme pour les personnes bloquées par une fermeture de l’espace aérien européen qui ont parfois obtenu des remises plus ou moins complètes sur leurs billets d’avion). Il n’ouvre en particulier pas le droit pour un employeur de licencier un employé : pour cela, sauf à négocier lourdement (licenciement à l’amiable) ou à trouver une bonne raison (économique par exemple), il doit démontrer une faute de l’employé. Et vivre dans une zone de stations-service à sec n’est pas en soi une faute.

En l’espèce, le risque de l’employé est de perdre sa journée de salaire, rien d’autre. C’est même plus qu’un risque : c’est une certitude (ou alors, je veux postuler auprès de son employeur). L’employeur pour sa part en est quitte pour se démerder sans l’employé : il perd le fruit du travail de celui-ci.

Et quand l’essence sera de nouveau disponible, tous deux pourront reprendre une activité professionnelle normale et passer ce qu’ils ont perdu par pertes et profits. Chacun pour sa gueule.

Un petit groupe de trois millions

herisson26 à 21:40 — Filed under: Air du temps,Prise de courgePas de commentaire

J’ai particulièrement apprécié, tout à l’heure au journal de France 2, une dame à la recherche de carburant qui en avait marre d’ »un petit groupe de trois millions de personnes qui bloque la France ».

Je me gausse.

Bon, déjà, à sa place, je prendrais les chiffres du ministère de l’intérieur. Pour minimiser, c’est plus efficace. Un petit groupe d’un million de personnes (nombre moyen avancé par ledit ministère sur les dernières manifs), ça sonne mieux qu’un petit groupe de trois millions.

Ensuite, et surtout, je réfléchirais un peu avant d’avancer que ledit groupe ne représente rien. Vous connaissez beaucoup de sujets qui ont mobilisé un million de manifestants, vous ?

Pouvoir d’achat, contrat « première embauche »… À chaque fois, le même argument : un million sur soixante, c’est que dalle.

Il y a tout de même un cas qui a permis de mesurer la « représentativité » d’un million de manifestants.

Ce cas, c’est le premier mai 2002.

Un million de manifestants le premier mai 2002 s’est traduit le 5 mai suivant par 82 % de suffrages exprimés pour un certain Jacques Chirac, réélu inespéré à la présidence de la République française.

Au premier tour, il avait réuni 20 % des suffrages exprimés. Il est raisonnable d’imaginer que les électeurs de François Bayrou, Jean Saint-Josse, Alain Madelin, Corinne Lepage et Christine Boutin allaient voter Chirac au second tour, soit un total de 38 % des suffrages. Quant à Jean-Marie Le Pen, ayant réuni 17 % des voix, il pouvait compter sur le ralliement de celles de Bruno Mégret, portant son total « naturel » à 19 %. Il n’a pas atteint ce résultat au second tour…

Il n’est donc pas déraisonnable de penser que non seulement l’immense majorité des 43 % qui n’avaient voté ni pour l’un, ni pour l’autre au premier tour, mais aussi une bonne part des trois millions qui s’étaient abstenus au premier tour et ont voté au second, ont voté pour Jacques Chirac non par conviction, mais par simple rejet du père de la gueularde. Ajoutons à cela ceux qui, parmi les électeurs naturels de Jacques Chirac, ne pouvaient pas sacquer le gros borgne avec une chemise noire, et l’on est très probablement en présence d’une majorité absolue.

Voilà où je voulais en venir. Un million de personnes dans la rues le premier mai 2002, cela correspondait à peu près à une majorité absolue dans l’opinion publique. Ce n’est bien sûr qu’une estimation et la méthodologie est éminemment discutable, mais c’est le seul cas que je connaisse où l’on a pu avoir à quelques jours d’intervalle une élection permettant d’estimer la représentativité d’un million de manifestants. En gros, avec 33 millions de suffrages, ce million de marcheurs de rue était silencieusement suivi de 15 bons millions de personnes dotées d’un bulletin de vote qui préféraient rester dans l’ombre.

Si l’on suit cette extrapolation aujourd’hui, le gros million de manifestants (notez que j’abandonne l’idée d’utiliser, même en les révisant, les nombres cités par les organisations syndicales : ceux-ci ne prouvent que l’incompétence arithmétique de ceux qui les énoncent) pourrait bien n’être que la partie émergée d’un iceberg d’opinion majoritaire. Il ne me paraît pas risqué d’estimer que la plupart des Français en âge de s’exprimer sont plus ou moins silencieusement opposés à la réforme des retraites telle qu’elle est proposée, ou à tout le moins s’en servent comme symbole de leur mécontentement général.

Ah oui, c’est sûr : « majorité absolue », ça fait plus trop « petit groupe ».

Notons tout même qu’il ne s’agit pas ici de me prononcer pour ma part sur cette réforme, qui porte indéniablement et logiquement la marque des libéraux au pouvoir. On se doute qu’en l’état, elle ne me plaît guère, mais il convient de noter qu’on savait depuis les années 70, et la chute de natalité d’alors, que le système devrait être remis à plat un jour ou l’autre, soit pour mieux incorporer les gains de productivité, soit pour trouver de nouvelles sources de financement, soit pour réévaluer les montants des pensions, soit plus raisonnablement pour organiser un panachage des différentes solutions. C’est un des impardonnables échecs des assemblées « socialistes » des périodes 1981–86, 1988–93 et 1997–2002 que de n’avoir pas su proposer une autre réforme, celle qu’ils appellent de leurs vœux aujourd’hui par exemple.

J’ai donc plaisir à renvoyer dos à dos les connards du PS qui reprochent aux libéraux de faire ce qu’eux n’ont pas eu les couilles de faire, et les connards de l’UMP qui vont faire en force une réforme massivement désapprouvée. Personnellement, je m’en lave un peu les mains : j’ai arrêté de compter sur une retraite depuis que j’ai compris que crétins façon Bisounours et fossoyeurs façon Dallas étaient au fil des alternances les seuls habilités à réguler le système de répartition, ce qui ne peut se finir qu’en catastrophe.

16 octobre 2010

Répliques 4

herisson26 à 21:48 — Filed under: Cinéma et télé,RépliquesPas de commentaire

Quand les mecs de 120 kilos parlent, ceux de 60 kilos se taisent et les écoutent.

Mitch-Mitch dans Cent mille dollars au soleil

J’aime bien l’écho avec la précédente… ^^

Répliques : 3

herisson26 à 20:57 — Filed under: Cinéma et télé,RépliquesPas de commentaire

Je fais 1,95 m, 100 kg, et je suis deux.

Winklevoss, côte à côte avec son frère jumeau, The social network

The social network

herisson26 à 20:18 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de David Fincher, 2010, ***

C’est l’histoire, vaguement connue de tous ceux qui ont entendu parler d’Internet, d’un nerd arriviste qui parvient à attirer l’attention d’un club select de la fac de Harvard. Mais au lieu de développer leur réseau social comme prévu, il part dans son coin avec son idée, qui deviendra Facebook et fera de lui le plus jeune milliardaire de la planète.

Film de procès, un peu. Mais surtout film d’observation d’un geek semi-autiste à l’ego démesuré, incapable de parler aux autres êtres humains et en particulier aux êtres humaines, foncièrement franc et par conséquent totalement inadapté en société (c’est jamais bon de dire honnêtement ce qu’on pense au moment où on le pense), mais doté d’une majorité des parts d’une entreprise qui s’étend comme un virus et dont la valorisation explose.

Le petit problème, c’est que, au fond, on s’en fout. Zuckerberg est-il un génie incompris ou un imposteur cynique ? Un sale con arrogant ou un ado paumé ? Un Gordon Gekko ou un Sheldon Cooper ? Il y aurait sans doute matière à en faire des interrogations intéressantes dans un cadre cinématographique, mais Fincher se contente ici de dérouler l’histoire, enfilant quelques clichés au passage. La réalisation n’a rien du ciselé à la rythmique irréprochable d’un Fight club ou d’un Seven, on est loin de l’ambiance oppressante de Panic room ou Alien³, et The social network est surtout un enchaînement parfois non chronologique de scènes banales.

Restent tout de même quelques très bons points. Des acteurs irréprochables, une vraie histoire sans héros et surtout sans gentil, une forme d’éloge du cynisme qui apporte un contrepoint à la conclusion de Fight club, et surtout, surtout !, des dialogues extraordinaires et un comique de situation à froid qui glace mais fait sourire à coup sûr. The social network intègre quelques répliques et quelques scènes qui pourraient bien rester et passer dans la mémoire collective.

Au global, le film est donc plutôt agréable, et se laisse voir avec plaisir, mais il lui manque une vraie histoire de cinoche.

13 octobre 2010

Bye bye

herisson26 à 22:08 — Filed under: Air du temps,Confrères et cons frères,PhotoUn commentaire

Flickr Tag Error: Call to display photo ‘5025924049’ failed.

Error state follows:

  • message: libcurl or URL fopen() wrappers were not found!

Peut-être que cette tête vous dit quelque chose. Oui, on l’a déjà vue dans ces pages. Patrick Gripe faisait partie du petit groupe envoyé à Saint-Moritz en février dernier.

C’est la seule fois où on s’est rencontrés, et on a passé trois jours ensemble à picoler et se rouler dans la neige profiter d’un très agréable voyage. Type très intéressant, cultivé, marrant, dynamique, un peu pince-sans-rire parfois, philosophe, aimant la vie, et qui m’a fait hilarer un bon coup en discutant politique — apparemment, j’ai une tête de sarkozyste.

Ne lisant pas L’Express d’ordinaire, ce n’est qu’aujourd’hui que je suis tombé sur cet article. Pas cool.

11 octobre 2010

Moi, moche et méchant

herisson26 à 21:27 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Pierre Coffin et Chris Renaud, 2010, ****

Vous voulez être un grand méchant. Aidé d’une armée de minions, des trucs jaunes, genres d’emballages de surprises Kinder avec des bras et un sale caractère, vous voulez marquer l’histoire de l’humanité au rayon « criminalité ». Votre projet : voler la Lune. Mais voilà qu’un fils-de, bon à rien et aussi classe qu’un adolescent de Riad Sattouf, se met en travers de votre chemin et menace de devenir un plus grand criminel que vous… Seule solution pour détourner son attention : adopter trois fillettes à l’orphelinat du coin et les envoyer lui vendre des cookies. Et bien sûr, le problème, c’est que trois fillettes, c’est très bien aussi pour détourner votre attention…

Euh oui, vu comme ça, ça a l’air bizarre. En fait, comment dire… Là-haut, à côté, c’est un exemple de réalisme formel.

Faut bien le dire : c’est totalement déjanté. Visuellement, gaguesquement, scénaristiquement, tout est dans le délire le plus total, et si globalement on ne peut pas dire que ça vole très haut, c’est bourré d’invention et d’originalité dans les détails.

Premier long-métrage d’Illumination Entertainment, ce film américano-français (produit par Universal, animé par les studios Mac Guff, avec un réalisateur de chaque pays) fourmille de petites bonnes idées, de trucs planqués dans les coins, de fils rouges un peu à la façon des aventures de Scrat dans les âges de glace. L’animation est bien sûr impeccable, la stéréoscopie efficace malgré une tendance à marquer un peu trop les effets de projection (y’a des cas où je me suis retrouvé à loucher, avec pour le coup une distance de mise au point incohérente par rapport à la convergence), le rythme parfaitement dosé de bout en bout… et le foisonnement de délires accroche à coup sûr.

Le problème, c’est qu’à la sortie, il est difficile de citer un truc précis dans tout ce magnifique bazar — à part peut-être le minion chargé de tester l’anti-gravité, l’à peine visible sous-titre de l’écriteau de la banque, ou l’extraordinaire « Monsieur, est-ce que c’est un bruit énervant, ça ? ». En revanche, on n’arrête pas de se marrer, le film se réinvente régulièrement et si la trame globale est prévisible et bourrée de clichés, tout le reste est original et très hautement distrayant. À voir impérativement.

Page suivante »

Powered by WordPress