29 mai 2010

Images retouchées

herisson26 à 18:27 — Filed under: Air du temps,Prise de courgeUn commentaire

Pas plus tard que mercredi dernier, j’étais convié à une conférence de Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône et adjointe au maire phocéen¹, qui a déposé un projet de loi visant à rendre obligatoire une mention du style « image ayant subi une retouche logicielle » dans les cas appropriés.

C’est, paraît-il, une question de santé publique visant à enrayer une épidémie de comportements, notamment alimentaires, à risques. Le mot « anorexie » n’est pas prononcé, mais il plane sur l’assistance avec insistance.

Au-delà du sujet propre de la conférence, qui sera relatée prochainement sur Lesnums ou sur Focus et portait sur de nouvelles technologies directement liées à l’idée d’identifier les images retouchées, c’est ce point particulier qui m’a accroché l’esprit : quelle est la source des désordres psychologiques dont l’anorexie n’est que la partie la plus emblématique ?

Je prends mon cas, je vous fais confiance pour extrapoler au vôtre en supposant que ces mécanismes sont à peu près universels.

Y a-t-il une partie de mon corps que je n’apprécie pas ? Oui, il en est une : le truc que j’ai sur le devant de l’estomac, qui fait une dizaine de litres et enrobe délicatement mes muscles abdominaux.

Il n’y a pas de raison objective de ne point l’aimer. Ce n’est pas un problème de santé comme peut l’être l’obésité morbide : je suis en fait, piscine et Vélib’ obligent, sensiblement plus musclé et plutôt en meilleure forme aujourd’hui qu’à l’époque où, sortant du lycée sans activité physique aucune, je pesais quinze kilos de moins mais soufflais dès le troisième étage d’un escalier. On ne peut pas dire que ce soit objectivement laid, l’objectivité dans un domaine esthétique étant une vue de l’esprit, ça n’est pas réellement inconfortable et je sais que, lorsque la famine frappera, je mourrai après ceux qui n’ont aucune réserve énergétique.

D’où vient donc cette désaffection ? Elle vient d’une dissociation entre l’image arrondie que cette réserve lipidique me donne et l’image fantasmatique implantée dans mon esprit par la pub, les films, les magazines et consorts. Cette image valorise un ventre plat aux abdominaux marqués que je n’ai jamais eu et n’aurai sans doute jamais.

Cette image vient-elle de photos retouchées ? Oui, mon chef d’État a vu ses poignées d’amour photoshopées. Oui, des maniaques de la tablette graphique s’occupent d’affiner l’apparence de toute photo de George Clooney torse nu pour rajouter de l’ombre là où il en manque. Oui, cette image est due à des photos retouchées. Je doute de l’efficacité d’un avertissement « attention, George a du bide et Adobe le soigne », qui s’adresse hélas à la réflexion de l’individu alors que la représentation de soi est largement inconsciente, mais j’apprécie l’intention.

Mais est-ce tout ?

Non bien sûr, sans quoi ce billet n’aurait pas de raison d’être.

Imaginons que l’on supprime toutes les photos retouchées². L’image fantasmatique de l’homme idéal auquel je me comparerai en sera-t-elle profondément modifiée ? Je ne le crois pas.

Elle ne sera pas modifiée parce que, plutôt que de prendre des armées de photoshopeurs, on va sélectionner les modèles. On va dans les pires cas recourir à la chirurgie esthétique, ou l’on va plus simplement choisir des éphèbes « naturels », qui conserveront leurs beaux adbos à raison de quatre heures de muscu par jour.

Prenons un cas concret : qui aurait souhaité ressembler à Will Smith en 1996 ? Un échalas maigrichon qu’un coup de vent aurait emporté, voilà l’image du monsieur en ces temps bénis. Puis, Michael Mann est passé par là, Will a pris une quinzaine de kilos de muscles pour interpréter Cassius Clay, et le maigrichon est devenu baraqué.

On peut faire une photo de Will Smith, de Brad Pitt ou de Matt Damon, sans retouche, avec un bon éclairage et un angle choisi où ils renforceront l’image du mec au ventre plat et dessiné. Et notez que j’ai pris là des gens qui sont avant tout de grands acteurs, pas des champions de body-building à côté de qui ils ont tous trois l’air terriblement ordinaires !

Mais ai-je une chance de m’accorder à cette image-ci ? Non, pas plus qu’à celle obtenue à grands coups de Gimp. Parce que, même si j’en avais l’envie, je n’ai pas le temps de passer quatre heures par jour en salle de gym avec un coach et un diététicien sur le dos. Eux l’ont : ils sont mêmes payés pour, leur image physique étant aussi importante que leur talent d’acteurs. Moi non.

On peut supprimer la retouche sur les photos, on ne modifiera pas l’opposition franche entre image fantasmée imposée par les diverses publications et l’image réelle renvoyée par mon miroir. Et si je devais basculer dans l’anorexie (bon, c’est pas pour tout de suite ! ^^ ) à cause d’images retouchées, je continuerai à le faire grâce aux images sélectionnées.

Si une mention « cette image montrant un type exceptionnellement bien bâti que vous ne serez jamais a été obtenue grâce au travail des ingénieurs d’Adobe » doit être imposée, il convient d’imposer simultanément une mention similaire sur l’ensemble des images montrant un type exceptionnellement bien bâti que je ne serai jamais : « attention, ce sujet a fait l’objet de retouches chirurgicales » ou encore « attention, Matt Damon passe plus de temps sur son rameur que vous au travail ».

Sinon, on ne fera que déplacer sur le champ de la sélection préalable à la prise de vues ce qui est pour l’heure du champ de la retouche postérieure. Et on ne changera rien aux problèmes des gens mal dans leur peau qui se voudraient plus ceci ou moins cela.

¹ Exceptionnellement, je ne me lancerai pas dans une diatribe sur le cumul de deux mandats occupant raisonnablement chacun un plein temps, qui pis est l’un dans le législatif et l’autre dans l’exécutif, mais ça n’est que partie remise…

² Imaginons donc, pour les besoins de la démonstration, que l’on a réussi à se mettre d’accord sur la limite entre développement et retouche…

27 mai 2010

Infectés

herisson26 à 19:25 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Àlex et David Pastor, 2008, ****

Dans la série « On se risque sur le bizarre ? », je demande Infectés, road-movie survivor américain de deux frangins barcelonais inconnus, qui ont réuni des acteurs à la renommée toute relative (Chris Pine avait bien l’un des rôles principaux dans le dernier Star trek, mais il y passait assez inaperçu, et j’avais déjà croisé Emily VanCamp dans Everwood). Du coup, on imagine que le budget dut être plutôt limité, ce qui est souvent bénéfique pour la créativité des réalisateurs — je suis pas près d’oublier Audition, que Takashi Miike avait construit avec un budget ridicule et qui était un petit chef-d’œuvre horrifique.

Donc, ils sont quatre, deux frères, la copine de l’aîné et une camarade du cadet, dans un sud étasunien dévasté par une sorte de peste grippale, hautement contagieuse et mortelle à 100 %. Ils tentent d’atteindre une plage où les deux frangins passaient leur enfance, loin de la civilisation et qu’ils espèrent épargnée par l’épidémie. En chemin, ils vont faire quelques rencontres dangereuses, dont la plus terrible est un père et sa fille contaminée ; mais logiquement, c’est plutôt leurs propres convictions qui vont être mises à rude épreuve : jusqu’où peut-on traiter ses compères humains comme des dangers potentiels ?

Bien sûr, ça n’a pas tout à fait la force de La route de John Hillcoat. C’est plus vif, moins psychologique, plus classique peut-être dans le propos. Plus drôle aussi, parfois — très ponctuellement, hein, c’est pas Bienvenue à Zombieland.

Mais bon sang, après le mois qu’on a passé, un petit truc sans prétention, mais bien joué, bien réalisé, bien rythmé et qui mène sa logique à son terme, ça fait vraiment un bien fou. Àlex, David, ¡gracias!

Prince of Persia : Les sables du temps

herisson26 à 18:53 — Filed under: Cinéma et télé,terriblePas de commentaire

de Mike Newell, 2010, *

Mes souvenirs de Prince of Persia, jeu vidéo bien connu des geeks de mon âge (nombreux dans la salle, d’ailleurs : le film pour mâles de 20 à 35 ans, le voilà), remontent au temps des 80286 sous MS-DOS 5.0, si ça dit encore quelque chose à quelqu’un.

Le film, ben, j’attendais un truc d’action à plates-formes mais avec un vrai film autour, d’autant que le rôle principal est quand même tenu par Jake Gyllenhaal, qui n’est pas n’importe qui comme vous le rappelleront mon blabla sur Brothers ou celui sur La fin de l’innocence.

La partie truc d’actions à plates-formes est bien là, plutôt bien réalisée d’ailleurs, mais fortement répétitive — la première pète bien, les suivantes sont pareilles, du coup on s’habitue.

La partie film, ben…

Ça fait un peu penser à L’incroyable Hulk, le film où Leterrier montrait pendant des heures qu’il maîtrisait à fond les effets spéciaux alors qu’il avait Edward Norton en premier rôle. Ici, c’est donc Gyllenhaal qui gâche son talent à sortir des répliques minables et téléphonées, dans des situations hautement prévisibles et des retournements d’autant plus anticipés que personne, dans le casting, n’a été pris à contre-emploi — ainsi, vous saurez immédiatement qui est le méchant : il n’a joué que des vilains depuis La jeune fille et la mort.

Donc, bon casting mais mauvais dialogues et situations téléphonées = on s’emmerde entre les scènes d’action. Et comme les scènes d’action elles-mêmes sont toujours les mêmes, on finit par s’emmerder même pendant.

Je prolongerais volontiers, mais il me semble que c’est une bonne conclusion.

PS : y’a quand même un truc qu’on est obligé de relever. L’intrigue, pour autant qu’on puisse utiliser ce mot dans le cas qui nous occupe, repose sur l’invasion d’un territoire sous prétexte fallacieux de construction d’armes. Ça vous rappelle rien ? Moi si. Trop.

Si les réalisateurs américains culpabilisent de faire partie d’un pays qui enchaîne les guerres pour des raisons mensongères, très bien, qu’ils fassent des Green zone et des Mensonges d’État. Mais qu’ils essaient d’exorciser ça en recollant le sujet n’importe où, ça risque de vite devenir chiant.

24 mai 2010

La pensée du jour

herisson26 à 16:20 — Filed under: Air du temps,Cinéma et télé,La pensée du jourPas de commentaire

Avril : Dragons, The ghost writer, Green zone, Kick-Ass.

Mai : ben, rien…

C’était la déprimante pensée du jour. Les cinémas français sont sinistrés, et ça devrait pas s’arranger avant la mi-juin (un Colin Farrell et un Koreeda Hirokazu le même jour, miam !).

Imogene McCarthery

herisson26 à 15:57 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

d’Alexandre Charlot et Franck Magnier, 2009, O

Si j’osais, je dirais qu’un film fait par un charlot, surtout s’il devait se magner, faut éviter.

Mais j’oserai pas.

Je me contenterai donc de signaler que, comme tous les bons films, celui-ci va crescendo. Le problème, c’est que ce n’est pas la tension ou le rythme qui s’accroissent ainsi, mais l’ennui et la lourdeur.

Ah, et c’est désormais admis : Catherine Frot est une actrice déplorable. J’avais un doute depuis Vipère au poing, mais il semble que celui-ci n’ait été qu’un heureux accident et toute hésitation s’est volatilisée à la vue de ce chef-d’œuvre.

21 mai 2010

Entrée 4

herisson26 à 21:36 — Filed under: Murtaugh's list2 commentaires

Oublier une alim’ au bureau et retourner la chercher en Vélib’.

19 mai 2010

Le plan B

herisson26 à 14:19 — Filed under: Cinéma et télé,terriblePas de commentaire

d’Alan Pouol, 2009, *

Vous avez vu l’affiche ? Vous savez tout.

Quelques scènes bien fichues, bien trouvées et bien jouées, mais globalement, faut vraiment avoir le foie bien accroché : autant de guimauve d’un coup, ça peut être dangereux pour les diabétiques.

J’entends déjà les sceptiques : « mais pourquoi aller voir ça, à la base ? »

Ben, vu qu’on est en zone sinistrée niveau cinéma, avec plus un bon film sorti depuis trois semaines, je fais comme Raoul : je me risque sur le bizarre…

16 mai 2010

La pensée du jour

herisson26 à 16:14 — Filed under: La pensée du jourUn commentaire

Aujourd’hui, j’ai voulu aller au Père-Lachaise pour faire des photos. L’endroit était bien choisi : j’ai bien cru y rester…

C’était la pensée du jour. Pas de doute : mes vieilles allergies sont revenues.

15 mai 2010

L’enfance du mal

herisson26 à 19:29 — Filed under: Cinéma et télé,Confrères et cons frères,moyenPas de commentaire

d’Olivier Coussemacq, 2009, **

Juge blanchi sous le harnois, Henri trouve dans les dépendances de sa maison une jeune squatteuse, Céline. Orpheline, elle lui explique avoir fui sa famille d’accueil ; elle est vive, intelligente et étonnamment cultivée — comme lui, elle aime la musique classique et la littérature. Initialement hostile, la femme d’Henri tombe à son tour son le charme de l’adolescente¹, et le vieux couple sans enfants abrite la jeune sans-abri… qui pourrait bien se révéler toxique.

Y’a un problème tout de même : y’a Pascal Greggory, qui se croit sur une scène de la Comédie-française et déclame façon Corneille des dialogues qui mériteraient plus de naturel. Enfin bon, il est meilleur ici que dans Nuit de chien, c’est déjà ça.

Y’a un autre problème : la réalisation est sacrément mollassonne, limite soporifique.

Et c’est dommage, parce qu’à côté de ça, les autres jouent plutôt bien, et l’idée elle-même n’est pas si mal trouvée et scénarisée. La montée de tension pourrait être réussie avec un peu plus de nerf et le jeu d’échecs où le juge n’arrive qu’à répliquer avec un temps de retard aux mouvements d’une gamine à l’âge mal déterminé est plutôt bien fichu.

Mais voilà, au final, ça laisse une impression fort mitigée, proche de « bon, ben on dirait que c’est tout… », alors qu’il y avait matière à faire une espèce de variante plus policière et moins trash de Hard candy.

¹ Dans la série « je suis méchant donc j’en profite pour tacler mes confrères » : monsieur Delahousse, sachez que l’expression « jeune adolescente » est tout de même légèrement superfétatoire sur le plan de la redondance… et par pure charité, je ne préciserai pas que vous avez tout à l’heure ajouté « de seize ans » pour bien faire comprendre qu’il s’agissait d’une jeune adolescente — oups, on dirait que ça m’a échappé.

12 mai 2010

Robin des bois

herisson26 à 19:02 — Filed under: Cinéma et télé,Confrères et cons frères,moyenPas de commentaire

de Ridley Scott, 2010, **

Avec Sir Ridley, c’est quitte ou double. Thelma et Louise, c’est lui ; Le huitième passager, Mensonges d’État, La chute du faucon noir ou Blade runner aussi. De même par ailleurs que Gladiator et 1492, Christophe Colomb, deux pièces maîtresses de l’Histoire du nanar. Il a fait peu de trucs sympa mais sans plus, même s’il convient de citer À armes égales.

Et là, Ridley nous fait un gros remake de Gladiator. Les ingrédients sont les mêmes, on trouve le même genre de faiblesse — genre le type qui sort de nulle part et qui tient tête aux rois, les rois qui descendent dans l’arène pour se mesurer nez à nez avec le type précédent, les bons sentiments qui dégoulinent tout partout¹… — et la même grosse faiblesse à la limite de l’erreur : l’acteur principal, un certain Russell Crowe, qui a le charisme d’un canard en celluloïd et est par conséquent destiné à incarner les journalistes aigris plutôt que les meneurs d’hommes.

Ça partait pourtant bien : la rentrée de croisade de Richard Cœur de Lion, roi fatigué de dix ans de pillages et de massacres, est largement plus réaliste que le traditionnel retour du meneur juste et généreux gravé dans les images d’Épinal. Et Robin n’est pas un vaillant bras droit, mais un homme de troupe qui déserte à la première occasion et finit par se faire passer accidentellement pour noble. Cette première partie tourne vraiment bien, sans temps mort, et la mise en place de l’intrigue est une réussite.

Hélas, une fois arrivés en Angleterre, ça tourne très vite en eau de boudin, avec des retournements non seulement prévisibles, mais survolés — en particulier pour tout ce qui concerne Sir Loxley et Marianne. Ce ne sont pas les allusions extrêmement appuyées à la Magna carta qui arrangeront la sauce, surtout qu’elles sont l’occasion de ce qui doivent être les répliques les plus pathétiques jamais prononcées par Russell (« What we want is liberty. Liberty… By law ! », ah ah ah). Dommage : l’idée de lier Robin des bois et ce texte fondateur de l’égalité en droits, bien qu’ils soient généralement associés à des époques radicalement différentes de la vie de Jean (20 ans séparent le bref passage en Grande-Bretagne de Richard Cœur de lion et la révolte qui amena la Charte), est plutôt séduisante…

Les amateurs d’équitation seront également à la fête pour peu qu’ils aient l’esprit pinailleur. Parce que bon, voir des pur-sang anglais au XIIè siècle… Je veux bien à la limite que quelques chevaux plus fins et baraqués aient été rapportés des visites sur le continent, mais le cheval britannique d’alors serait plutôt l’ancêtre de l’Exmoor et du Dales, et l’on peut pronostiquer une taille d’environ 1,40 m et une robe plutôt ocre ou brune. Oui, ceux qu’on voit deux secondes, en faible nombre, au moment où les péquenots arrivent sur la plage, voilà. Quant à faire galoper en cheval à le forçant à s’encapuchonner à mort, il me semble bien que c’est une (détestable) habitude de la haute école espagnole au départ, et ça m’étonnerait qu’on ait joué à ça sur des chevaux de guerre anglais du XIIè.

Et puis bon, donner des coups d’épée devant soi, à plat, quand on charge à cheval, c’est d’un ridicule achevé. Si on doit jouer de l’épée en chargeant, il vaut beaucoup mieux frapper de taille avec un mouvement d’arrière en avant ; ou, si l’adversaire a un haubert, frapper d’estoc, mais toujours d’arrière en avant (l’idéal étant bien sûr d’avoir une lance) : ainsi, la vitesse de la monture s’additionne à celle de l’épée. On retrouve ici le Maximus attaquant glaive en avant et bouclier en position d’équilibrage qui a choqué les observateurs de Gladiator.

Au final, on retient de ce film que l’hydromel donne la pêche, et que Ridley et Calvin auraient dû en prendre une gorgée avant de tourner.

PS : ne ratez pas le résumé d’Allociné et retournez voir le 20 h de France 2 du 12 mai 2010. Vous y verrez une tendance absolument merdique de mes confrères : toujours tout ramener à un terrain connu. Dans les deux cas, on assiste à un tortillage en règle du synopsis visant à revenir au « prince des voleurs » : Robin déclaré hors-la-loi et vivant avec ses compères dans la forêt. Or, et c’est là la principale qualité du film : ce Robin des bois–ci s’intéresse à ce qui se passe avant que la tête de Robin soit mise à prix par Jean et le shérif de Nottingham.  Du coup, France 2 nous présente des images de… la fin du film, tandis qu’Allocine raconte franchement une histoire totalement différente de celle de Ridley. RI-DI-CU-LE.

PS2 : bon, là, je me suis surtout attaché aux poins négatifs. Mais il prend quand même **, ce qui n’est pas si mal (j’avais mis O à Gladiator). En fait, y’a la première partie qui tourne bien, et y’a des détails que j’ai appréciés aussi : par exemple, c’est la première fois que je vois traitée la difficulté à porter, mettre et enlever une cotte de mailles… Du coup, les faiblesses notées plus haut sont d’autant plus malencontreuses.

¹ C’est bizarre, d’ailleurs, pour un mec qui a fait Blade runner, les androïdes rêvent-ils de moutons mécaniques ? et Mensonges d’État, de se sentir obligé de foutre des tonnes de morale chrétienne à la noix dès qu’il s’attaque au passé… Nos ancêtres seraient plus respectables que nous, et nous-mêmes plus que nos enfants ?

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