31 janvier 2010

Confrères et cons frères

herisson26 à 22:10 — Filed under: Air du temps,Confrères et cons frèresPas de commentaire

Les esprits observateurs auront noté l’apparition récente d’une nouvelle rubrique, élégamment intitulée « confrères et cons frères ».

Un coup d’œil rapide à icelle pourrait vous convaincre qu’il ne s’agit que de relever les conneries vues, lues ou entendues chez les autres individus dotés du sésame à musées gratuits — traditionnellement baptisé d’un nom bien moins pratique : Carte d’identité des journalistes professionnels, qui n’explique absolument pas à quoi ça peut bien servir.

Il faut bien reconnaître que ça fait partie de mes passe-temps, qu’il s’agisse de critiquer ceux de mes confrères (ben oui, j’ai ce fameux Multipass Expos, le mien a le numéro 112319) qui ne prennent pas le temps de vérifier une info¹, ceux qui utilisent des mots à tort et à travers² ou ceux qui font dans l’émotion facile plutôt que dans l’information³.

Sachant cela, vous ne serez guère étonnes du subtil jeu de mots qui constitue la deuxième partie du titre de cette rubriques.

Néanmoins, il convient de signaler que cette rubrique ne porte pas que sur les conneries énoncées par les présentateurs télé, rédacteurs de presse écrite et consorts.

En effet, elle pourra inclure des billets relatifs à des réflexions générales sur la presse, comme ce superbe exemple de profonde réflexion philosophique qui me voyait m’interroger sur la radinerie de certains lecteurs, et il n’est pas exclu que l’on y retrouve un jour des hommages vibrants à ceux de mes confrères pour qui j’ai un immense respect nourri d’admiration béate à la limite de l’adulation. J’y ai par exemple inclus mon billet sur Le photographe de Guibert et Lefèvre.

Bref, cela regroupera mes réflexions et remarques en vrac (et surtout critiques bien sûr, vous me connaissez) inspirées par mon boulot de journaliste testeur, par la pratique un peu plus huppée qui est celle du reportage (voire la variante la plus emblématique, le reportage en zone hostile), et par ceux qui les font.

¹ exemple : « sous ce pont passeront les plus longues ailes jamais produites », émouvante déclaration d’un journaliste de France 3 parlant du trajet fluvial des pièces détachées d’Airbus A380, sauf que les ailes d’A380 (79 m d’envergure) sont plus courtes que celles de l’Antonov Mriya (88 m) ou du Hughes Hercules (97 m).

² exemple : « piratage » régulièrement placé en lieu et place de « piraterie ».

³ exemple : ouh là, me demandez pas d’en choisir un seul. Enfin si, l’arrivée en France des dépouilles de soldats morts en Afghanistan était grandiose.

30 janvier 2010

Toyota 0 — PSA 0 — presse –1

Ouah, deux conneries en deux journaux, ça s’améliore.

« Après Toyota qui a rappelé hier deux millions de voitures pour un problème d’accélérateur, c’est au tour de PSA de lancer une campagne pour un problème similaire. Les modèles touchés, Peugeot 107 et Citroën C1, sont fabriqués en République tchèque et non en France, situation qui inquiète… »

Je vous la fais courte et de mémoire, mais en gros, c’est ce que mon confrère chargé de la présentation du 20h a grosso modo sorti il y a dix minutes.

Donc, en gros, il sous-entend que la fabrication en République tchèque est dangereuse, et que c’est vachement mieux d’assembler en France. (Et donc, si on pousse un peu, que not’président à nous qu’on a avait raison de demander des comptes à Carlos Ghosn sur la question de la production de la Clio.)

Le problème, c’est que l’usine tchèque est récente, fabrique des voitures aux dernières normes internationales qui ont passé avec succès tous les tests d’homologation, bref, on ferait pas mieux en France. En Tchéquie, ça coûte moins cher parce que les salaires sont plus bas, peut-être aussi que les charges ne sont pas les mêmes, je ne sais pas, mais ce n’est pas une histoire de fabriquer des Traban avec des ouvriers sous-qualifiés : les normes sont les mêmes ici et là-bas.

On peut regretter, comme le fait bien entendu la CGT, une pression sur le rythme de conception et de production, mais celle-ci serait la même chez nouzôt.

En revanche, quiconque aurait un peu suivi s’attendait à ce rappel. Parce que dans la liste des modèles concernés chez Toyota, y’avait un nom : Aygo. Et que l’Aygo, c’est une 107, qui est elle-même une C1. Elles sortent toutes trois de la même chaîne, après le même assemblage à partir des mêmes composants, avec deux-trois retouches cosmétiques pour coller un lion, un T ou deux chevrons selon les besoins. Et là, brusquement, on fait semblant de découvrir ça et de trouver ça scandaleux alors qu’il y a cinq ans, on le murmurait en expliquant que c’était l’idée du siècle.

Donc, en principe, tout défaut qui touche l’une touche les autres. Dans le cas de PSA, il semble que les 107 et C1 produites ailleurs ne soient pas rappelées, mais je mettrais ma main au feu qu’il s’agit d’une différence de qualité d’une fournée de pièces, provenant peut-être de sous-traitants différents, et en aucun cas d’une volonté délibérée ou d’un problème d’assemblage.

Sous-entendre que le problème vient d’une délocalisation (alors qu’il s’agissait à l’époque d’une nouvelle usine, pas du déplacement d’une pré-existante) ou de la production dans un pays d’Europe centrale, alors qu’il vient plus certainement d’un problème de conception ou d’une fournée de pièces défectueuses, franchement, ça me paraît modérément honnête.

54 albums ???

France 2, ce jour, nous présente Willy Lambil, qui « dessine les Tuniques bleues depuis 40 ans et 54 albums ». Lambil parle alors d’une série de 54 albums, sans prétendre que ce soit son compteur personnel.

Encore heureux : les quatre premiers albums (de Un chariot dans l’Ouest à Outlaw), ainsi que les neuvième et dixième (La grande patrouille et Des bleus et des tuniques, recueils des premières histoires courtes), ont été dessinés par Louis Salvérius, décédé en 1972.

Encore un journaliste qui n’a pas voulu prendre le temps de lire deux ou trois épisodes de la série dont il parle (pourtant, c’est bien le minimum : lire le premier, un au hasard au milieu et le dernier, histoire de pouvoir évaluer l’évolution des choses)…

28 janvier 2010

In the air

herisson26 à 20:20 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Jason Reitman, 2009, ***

Ryan a un métier : son entreprise accompagne les licenciés. Autrement dit, il gagne sa vie en annonçant leur éjection à des gens dont le patron n’a pas les couilles de le faire lui-même — comme Brad — et en leur filant une plaquette sur le reclassement pour leur faire passer la pilule. Pour cela, il navigue sans attaches d’un bout à l’autre des États-Unis, sa vie tenant dans une valise à roulettes et une carte de fidélité chez Americain Airlines — qui doit bientôt fêter ses 16 millions de kilomètres sur la compagnie.

Son petit monde est menacé lorsque son entreprise embauche Natalie, une petite jeune aux idées neuves qui la convainc de passer à la vidéoconférence : tous les licenciements doivent se faire depuis le siège d’Omaha. Ryan doit partir pour un dernier voyage, au cours duquel il montrera le boulot à Natalie et espère la convaincre d’abandonner le licenciement par ADSL.

Pourquoi ça marche ? Parce que les personnages sont assez stéréotypés pour qu’on puisse précisément jouer sur leurs stéréotypes (même si Reitman en jouait bien plus finement dans Juno, dont je commence à croire que ça restera son chef-d’œuvre). Parce que les dialogues sont soignés. Parce que le rôle principal est tenu par un George Clooney au sommet de sa forme, qui a précédemment connu un truc du même genre dans l’admirable Intolérable cruauté des frères Coen. Parce que les rôles secondaires sont superbement portés, de manière assez habituelle pour Jason Bateman et Vera Farmiga, plus surprenante pour Anna Kendrick, aussi impeccable ici que transparente dans Twilight.

Vous avez fait les comptes ? Oui, voilà une petite tragi-comédie américaine sans histoire, portée par ses acteurs et des répliques qui fonctionnent. Ajoutez une pincée de retournements attendus mais efficaces, et vous avez deux petites heures agréables quoique sans révolution.

Holiday on ice

herisson26 à 12:55 — Filed under: Insolite,La minute geek3 commentaires

Alors oui, bon, je sais, ça fait un mois, je suis à la bourre, tout ça, mais voilà : j’ai profité d’un séjour à Val-Thorens pour faire un tour en voiture.

mitsu
(Crédit photo : Ghusse)

Il y a à côté du parking un circuit de glace, et une école de conduite dessus. Au moment où je suis passé, seule une Lancer Evolution tournait, le moniteur étant un type bien connu dans le milieu de la course de côte : Lionel Régal, qui hérita du statut d’intouchable à la retraite du moustachu Bernard Chambérod (après cinq titres consécutifs de celui-ci, Régal fils en est à son quatrième).

Donc, cinq minutes en passager, où Régal explique comment ça marche, puis un quart d’heure au volant. Zéro tonneau, même pas une petite touchette : en fait, tout est étonnamment facile, la Lancer ayant une grande tendance à aller précisément où on lui dit d’aller et à se calmer immédiatement au lever de pied si on est trop optimiste. Je parle pas d’aller chercher le dernier dixième, bien sûr, juste d’enrouler une courbe pour sortir en ligne.

L’autre truc qui simplifie grandement la vie, c’est de pas se demander si y’a quelqu’un qui arrive en face. Je me suis rendu compte que j’avais fait ça très exactement une fois, en montant le Claps (tas de cailloux tombé au 15è siècle) de nuit : un peu surpris par une plaque de glace au milieu du virage, voyant qu’il n’y avait personne en train de descendre et craignant de repartir dans le rocher à droite si je contrebraquais d’un coup, j’avais laissé la voiture dériver gentiment sans couper les gaz et en visant le milieu de la route. En ramenant les roues droites, la voiture était revenue en ligne vingt mètres plus loin sans faire d’histoire, et j’ai été un peu étonné que Régal me demande de faire exactement la même chose — avec plus de gaz, bien sûr, parce que c’est plus amusant.

Finalement, c’est assez amusant, beaucoup trop court, très intéressant, et psychologiquement on devrait faire faire un stage de ce genre (peut-être pas avec une Lancer Evo ^_^ ) à tous les apprentis en auto-école : c’est quand même important de comprendre que c’est pas grave de glisser et qu’en y allant doucement ça se passe bien avant de monter à Val-Thorens.

À ce niveau, je suis assez d’accord avec Darniche, qui déclarait y’a pas longtemps au 13 h de France 2 : «  ça n’est pas de l’argent perdu de passer une heure au volant à côté d’un moniteur : si on a une obligation de déplacement en conditions difficiles, on ne peut pas faire l’économie de comprendre ce qui se passe dans la voiture  ». Bien sûr, idéalement, faudrait le faire avec sa propre voiture ou au moins un truc qui ressemble.

Facture négative : EDF

herisson26 à 10:44 — Filed under: Air du temps,Insolite4 commentaires

Après le passage du releveur hier, je viens de recevoir ma facture EDF.

Elle se monte à la somme ahurissante de… –7,67 €. Oui, avec un « moins » devant.

Pourquoi ? Ben c’est simple : c’est la première fois que je suis là quand le technicien passe — faut dire que c’est la première fois qu’il passe un jour où je bosse pas, y’a peut-être un lien… Du coup, jusqu’ici, mes factures étaient basées sur des estimations plus ou moins forfaitaires dont je ne sais comment elles sont construites. J’étais censé avoir consommé 350 kWh de juin à août, 176 kWh en septembre (non, je sais pas pourquoi là, y’a qu’un mois), 400 kWh en octobre-novembre…

Sauf que j’ai dû consommer beaucoup moins que les estimations et que ça fait –189 kWh en janvier (sic). Curieusement, je ne profite pas des tarifs de rachat d’électricité, alors que selon leur relevé je leur ai bien fourni de l’électricité. Bon, évidemment, il n’en est rien, c’est juste leur facture qui est mal libellée — plutôt que « consommation », la logique voudrait que ce soit « correction sur consommation »…

25 janvier 2010

La pensée du jour

herisson26 à 19:18 — Filed under: Coups de sang,La pensée du jourPas de commentaire

Quand je me sens insulté par ce qu’un Parisien dit, c’est forcément que j’ai mal compris ce qu’il disait.

Quand un Parisien se sent insulté par ce que je dis, c’est forcément que je l’ai délibérément insulté.

C’était la pensée du jour. Mais j’ai encore dû mal comprendre, après tout, je suis Provincial.

24 janvier 2010

Thelma et Louise

herisson26 à 23:12 — Filed under: Cinéma et télé,ahurissant4 commentaires

indéniable réussite de Ridley Scott, 1991

Oui, je sais, ça peut paraître hallucinant : il aura fallu attendre aujourd’hui pour que je voie Thelma et Louise, pourtant considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre d’un réalisateur dont j’ai adoré pas mal de films (Le huitième passager, Blade runner ou plus récemment La chute du faucon noir¹ et Mensonges d’État), admis comme classique d’un genre que j’apprécie — le road-movie policier — et cité dans une de mes références incontournables (Mathilda en parle). Mais bon, ayé, c’est fait.

Sans déception, d’ailleurs. Thelma et Louise est un peu une version réussie et sans blabla pseudo-introspectif du Descente aux enfers de Francis Girod : une agression déclenche une réponse violente non contrôlée et, à partir de là, tout part en couille.

Tout tient sans doute au fait que ni Thelma, ni Louise ne sont excessivement caricaturales — ce qui n’était pas le cas du couple Brasseur/Marceau. Petites bourgeoises un peu coincées, certes, mais sans excès inacceptable. Des Louise (la revêche rangée et posée), on en a tous croisées, et des Thelma (la cruche qui pense qu’à s’amuser), j’en connais au moins une. La photo réussie et des rôles secondaires soignés renforcent l’ensemble, qui a également l’intelligence d’éviter un happy-end à la con comme on en a trop souvent vus même dans ce genre de film — et que Ridley avait pourtant soigneusement préparé, pour mieux se retourner le moment venu.

Accessoirement, c’est un film qui « respire », avec une alternance d’étouffements et de grands espaces libérateurs et un rythme progressif parfaitement maîtrisé — et bon sang, je dis pas ça de tout ce qu’a fait Sir Ridley, 1492 m’en est témoin.

Bref, un très grand film, qu’il faudra sans doute que je revoie un de ces quatre — j’ai le sentiment qu’il fait partie de ceux qui gagnent à être digérés proprement.

¹ Malgré une traduction hautement hilarante de son titre : Black Hawk est ici un nom propre, celui du UH-60, et l’expression « Black Hawk down » reprise en titre signifie tout bonnement qu’un UH-60 s’est fait descendre. L’expression correspondante en français serait un truc comme « Black Hawk à terre », mais ça devait sonner moins bien.

14 janvier 2010

Le siffleur

herisson26 à 22:59 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Philippe Lefebvre, 2008, ***

Là où certaines gens pètent un fusible et butent tout le monde, le timide Armand préfère s’inventer un jumeau, genre de mafieux sûr de lui à qui on ne la fait pas. Ça marche, mais bien sûr ça tourne mal, mais bien sûr ça tourne bien.

Soyons clairs : on a là la quintessence de la comédie chorale à la française. Autrement dit : scénario ultra-léger partant sur un concept fortement capillotracté, photo et réalisations d’une banalité stupéfiante, dialogues fort soignés portés par des personnages suffisamment caricaturaux pour les endosser, portes qui claquent dans la grande tradition vaudevillesque, le tout ne prenant que par la grâce d’acteurs légèrement cabotins, mais absolument parfaits dans le registre qu’on attend d’eux — oui, oui, même Virginie Efira, qui joue comme d’habitude la poule de luxe superficielle, sauf qu’au lieu d’en devenir l’animatrice la plus insupportable de M6 (pourtant bien fournie en la matière), elle incarne parfaitement une poule de luxe superficielle.

Bref, parfaitement regardable, on passe même de bons moments, mais ça ferait chier de payer pour voir ça¹.

¹ C’est moi, ou ce blog ressemble parfois à un véritable plaidoyer pour les abonnements illimités ?

Blindés

herisson26 à 22:47 — Filed under: Cinéma et télé,moyenPas de commentaire

de Nimrod Antal, 2009, **

Un groupe de convoyeurs décide de détourner deux fourgons, sans armes, ni haine, ni violence comme disait l’autre. Hélas, un clodo les voit, entraînant dissensions entre ceux qui veulent éliminer ce témoin gênant et ceux qui veulent garder les mains propres.

Divertissement sans histoire (à tous les sens du terme), avec des poursuites en camions blindés, de l’humour particulier, de l’action à revendre, un huis-clos presque réussi, mais qui évite soigneusement de dépasser les évidences.

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