17 janvier 2009

Charonne, semaine 17

herisson26 à 22:08 — Filed under: En vracPas de commentaire

Cinoche : Frozen river, un film étonnant sur une mère de famille américaine qui croise une « passeuse » mohawk, qui profite de l’extra-territorialité de fait des réserves indiennes (les polices fédérales américaine et canadienne ne peuvent y intervenir) pour faire entrer des immigrants asiatiques aux États-Unis. C’est plutôt réaliste malgré quelques passages un peu exagérés, bien joué, bien tourné, l’ambiance est résolument glauque mais c’est au final assez réussi.

Ce sera tout, parce que bien que n’ayant pas travaillé de lundi à jeudi, j’ai pas des masses mis le nez dehors : il était trop occupé à essayer de respirer entre deux remontées gastriques. Un magnifique trou de 24 h dans mon emploi du temps, entre dimanche soir et lundi, presque impossible d’avaler quoi que ce fût mardi et mercredi (deux oranges et deux pains au chocolat en deux jours, le pain de mercredi soir s’étant avéré très lourd à digérer), j’ai pas encore tout à fait pu reprendre une alimentation normale. J’avais plus fait de gastro depuis décembre 98, ben franchement, ça me manquait pas.

Sinon, les négociations avec Olympus se sont bien passées. Lundi, je récupère un E-30 et mardi, direction le Sud pour le Monte-Carlo.

Ça n’a absolument rien à voir, mais y’a des négociations qui se passent, elles, très mal, c’est du côté de cette bande de terre ridicule entre Israël et l’Égypte. Comme d’habitude, les États et organisations au pouvoir ont tort, font des conneries, et ce sont les peuples qui se ramassent leurs merdes sur la gueule comme si c’était pas assez compliqué de vivre dans des coins aussi verdoyants.

Et plus ça va, plus y’a un truc que je comprends pas : qu’est-ce qu’on attend, bordel de dieux, pour envahir ces états militairement, sous mandat de l’ONU de préférence mais l’interminable guerre américano-irakienne montre que quelques pays décidés peuvent s’en passer, mettre nos armées sur place avec mandat de tirer à vue sur ce qui tient un flingue ou donne un ordre à qui tient un flingue ? Ça n’a certes pas été une partie de plaisir, mais on l’a fait en Yougoslavie il y a quelques années, et ça avait effectivement aidé à mettre en place une situation un peu moins instable.

Certes, ça va être plus compliqué en Palestine : l’armée serbe possédait quelques MiG excellents mais vieillissants et à l’entretien délicat depuis la chute de l’URSS, tandis que l’armée israëlienne dispose d’un stock de F-16 en parfait état et, si ma mémoire est bonne, une poignée de F-15E toujours efficaces. Idem au sol, où l’on a généreusement abreuvé cette « armée de défense » (pourquoi donc toutes les armées se proclament-elles de défense, alors qu’elles sont au minimum destinées à la contre-attaque ?) en matériel de pointe.

Si vraiment on ne veut pas imposer une présence militaire internationale, qu’on envoie au moins une équipe de snipers dessouder les dirigeants de l’État d’Israël et ceux du Hamas, histoire que leur incurie chronique ait enfin des répercussions sur leurs vies plutôt que sur celles des civils.

Sinon, un petit coup de chapeau à l’équipage du premier hydravion construit par Airbus, qui s’est posé comme une fleur dans l’Hudson après une panne simultanée des deux réacteurs. Les vidéos montrent que l’approche s’est faite avec une incidence élevée, permettant de poser la queue largement avant que les réacteurs touchent ; par ailleurs, l’eau parfaitement lisse d’une rivière a sans doute permis aux réacteurs de glisser eux-mêmes légèrement, au lieu de se « tanker » d’entrée. Toujours est-il que les précédentes tentatives de faire amerrir des avions de ligne utilisant cette configuration (aile basse et réacteur en-dessous), généralement réalisées en mer, s’étaient toutes soldées par un plantage de l’avion dans l’eau, avec arrachement des moteurs, rupture du fuselage et pertes élevées. Finir avec une guibolle cassée comme plus grave blessure est donc une belle réussite, que j’espère quand même pas voir tous les jours.

Et pour finir, la connerie journalistique du jour : suite à la mort d’un motard sur le Dakar, je suis tombé sur un site (pas noté l’adresse, désolé) qui nous rappelle qu’en 32 éditions, il y a eu une cinquantaine de morts. Avec bien sûr une majorité de spectateurs, une petite vingtaine de concurrents et une bonne quinzaine d’accompagnateurs — je cite de mémoire, vous l’aurez compris. Moi, si je compte bien, 50 — 15 — 20, ça nous laisse environ 15 spectateurs, et 15 sur 50, j’appelle pas ça une majorité.

(En fait, pour ceux qui aiment les décomptes macabres, on est à 17 à 19 concurrents, 17 accompagnateurs (organisateurs, journalistes, mécanos, tout ça), 9 à 11 spectateurs et 9 autres usagers de la route, selon les différentes sources et selon que l’on compte ou non les véhicules sortis de la caravane et rentrant chez eux. Les vrais maniaques noteront que ce n’est qu’en 2005 que le nombre de motards tués a dépassé celui des… journalistes, qui dans les années 80 ont trop souvent tenté de suivre les concurrents avec des véhicules de série et des compétences limitées comme chauffeurs.)

9 janvier 2009

Rendre Linux élégant

herisson26 à 22:40 — Filed under: Insolite,La minute geekUn commentaire

J’oubliais un truc dans mon compte-rendu de la semaine : je me suis beaucoup amusé (et beaucoup pris la tête aussi) à transformer mon manchot en pomme.

À la base, une bonne part du boulot a été fait par les gens de Mac4lin, qui bossent sur la question depuis un certain temps. Ils ont notamment pondu un thème GTK qui permet de donner aux bordures de fenêtres et aux icônes standard (avant qu’on m’accuse de faire des phaûttes : l’accord de standard est sujet à discussion, l’adjectif étant admis comme invariable, variable en nombre seulement ou variable en genre et en nombre, mais je trouve ça trop moche d’écrire « standardes » et trop bizarre d’écrire « standards », donc je prends la première option) l’apparence qu’elles sont sous le système fermé d’Apple.

Donc, un fois ce thème installé, le sport commence. Leur mode d’emploi pour finir la personnalisation se prête plus ou moins bien à certaines configurations, et comme d’habitude j’aime bien tripatouiller moi-même mon manchot.

Je suis parti de Xfce, partant du principe que tant qu’à modifier radicalement l’apparence d’un système graphique, autant utiliser du léger. Ça commence par ajouter les bonnes applets en haut (notamment les menus), en leur disant à chacune quand elles veulent pas comprendre spontanément d’utiliser le bon thème. Certaines ne sont pas du tout prévues pour, en particulier l’applet de mise à jour du système (je suis ces temps-ci sous OpenSUSE), qui a une magnifique gueule de caméléon vert pomme. J’ai donc parfois du farfouiller sur le disque dur pour trouver où sont ces satanées icônes, puis les éditer moi-même (en root bien sûr) pour les remplacer par des trucs moins moches (pour l’horrible caméléon vert, j’ai simplement désaturé et accentué le contraste, et ça passe d’un coup beaucoup plus discrètement).

Deuxième élément essentiel d’OS X : le dock, qui est à la mode puisque Windows 7 va en bouffer à son tour, avec seulement 20 ans de retard sur NeXT et dix sur OS X. Pour le réaliser, il existe différents outils sous Linux, mais c’est avec Cairo que je me suis le mieux entendu : graphiquement réussi, largement configurable, tout ça. J’aime beaucoup l’effet de vague quand je passe le pointeur dessus, la possibilité de regrouper les fenêtres d’une même application dans un sous-dock, la fluidité du truc.

Enfin, la question des effets graphiques mérite d’être posée. Xfwm4, le gestionnaire de fenêtres de Xfce, est léger mais pas super pointu, notamment pour la gestion de la transparence. Ça marchait, mais sobrement. Or, tant qu’à y aller, autant y aller à fond.

Du coup, passage à Compiz, qui permet de faire plein de choses bizarres à la limite du louche. Fenêtres transparentes, en gélatine pendant les déplacements, qu’on agrandit avec des effets esthétiques, bureaux virtuels répartis sur un cube qui tourne, tout ça. Ça ne sert rigoureusement à rien, ça bouffe des ressources, bref, c’est de l’art.

Compiz a gueulé comme un putois quand j’ai voulu l’activer, avec un message du style « je suis pas fait pour tourner sur ces merdes de pseudo-cartes graphiques pondues par Intel un soir de cuite », et je soupçonne que c’est peut-êter plus ou moins lié au fait que les captures d’écrans sont très crénelées, mais à l’œil, ça passe plutôt bien après que je lui ai répondu « écoute, essaie, fais ce que tu peux, je t’en voudrai pas si tu y arrives pas ». J’évite d’activer tous les effets en même temps, ceci dit, y’a risque de suicide de X.

Dernier petit tuning : l’économiseur d’écran. Xfce a tendance à vouloir utiliser Xscreensaver, dont le diaporama (j’utilise toujours des diaporamas comme économiseurs, ça me permet parfois de redécouvrir mes photos) est un truc sophistiqué tout en openGL. Le gnome-slideshow, lui, il ne fait pas de transitions super-chiadées avec effets 3D, mais il affiche des images sans bouffer plus de ressources que toutes les autres applications réunies.

Donc, résumons :

– le bureau et la barre supérieure gérés par Xfce ;

– les fenêtres gérées par Compiz ;

– le dock géré par Cairo ;

– l’économiseur d’écran par Gnome ;

– les différentes applets en provenance de Xfce ou Gnome ;

– une applet de mise à jour originellement prévue pour KDE, mais capable d’utiliser la zone de notification de Gnome et donc de Xfce ;

– la gestion des fichiers par Nautilus (le gestionnaire Gnome), le Thunar de Xfce étant un micropoil moins clonable sauce Mac.

Tout ça a l’air de s’entendre très bien, et on dirait que ça fait relativement bien illusion si j’en juge par la réaction de ma mac-maniaque de voisine de bureau (c’est honteux, c’est de la contrefaçon, ça devrait être condamné, et l’argument ultime : ouais mais le Mac, c’est pas juste un OS, c’est aussi un ordinateur qu’il est beau que ton Lenovo on peut vraiment pas en dire ça).

Ceci étant, j’ai pas totalement cloné le comportement de mon ordi sur celui d’OS X : par exemple, j’ai désactivé le « cliquer fait remonter la fenêtre », comportement qui m’horripile (si je colle une fenêtre derrière, c’est pour qu’elle y reste, bon sang).

Après « rendre Windows utilisable », « faire une tronche de Mac à son manchot », je pense que le prochain chapitre sera « déguiser Seven en pomme ». Faut des défis dans la vie.

8 janvier 2009

Charonne, semaines 15 et 16

herisson26 à 21:45 — Filed under: En vracPas de commentaire

Cinoche : j’ai vu Spirit, c’était pas bien. En fait, très exactement, chaque séquence est totalement affligeante. Cependant, c’est très loin d’être moitié aussi mauvais que Nuit de chien, dont je sors juste et qui m’a vraiment mis les nerfs : c’est régulièrement ignoble, montrant volontiers tortures et humiliations diverses, ça n’a absolument ni queue ni tête, le réalisation et la direction d’acteurs sont épouvantablement théâtrales — mais pas du bon théâtre primesautier, non, la grande tragédie déclamée… Et surtout, c’est la quintessence de l’intello-chiant, vous savez : plans-séquences de huit minutes, silences entre chaque réplique le temps qu’on comprenne bien ce qui vient d’être dit, manque juste le gong entre chaque séquence pour souligner l’effet… Finalement, j’ai l’impression d’avoir assisté à une pièce de théâtre de et avec Barney Stinson, sauf que Werner Schroeter, auteur de cette merde faite de prise de courge et d’envie de gerber, n’a pas eu le bon goût de perdre un pari me donnant le droit de lui exploser la face.

Pour tout dire, à côté de ça, Irréversible est un chef-d’œuvre.

Hier, je me suis également fait Twilight : fascination, un élégant hybride de film de vampire et de truc de djeuns, plutôt original dans le propos — la question du « on ne joue pas avec la nourriture » y prend une dimension plutôt inhabituelle — et agréablement rythmé. Seul problème : l’acteur principal est un certain Robert Pattinson, que j’avais précédemment vu en tant que Cédric Diggory, et qui est apparemment devenu le sex-symbol abolu pour les gamines de 15 ans. Résultat : à chacune de ses apparitions, ça partait en gloussements hystériques un peu partout dans la salle, ce qui est assez rapidement lassant. Note pour plus tard : les films ou acteurs susceptibles d’attirer les jeunes dindes se regardent le jeudi, JAMAIS le mercredi.

Enfin, la semaine passée, j’ai été voir L’œil du mal, traduction pourrie du titre original Eagle eye. Un thriller technologique, étonnant et très équilibré, parfois surprenant (vous me direz, c’est la moindre des choses pour un thriller), que l’on peut voir comme une réinterprétation du bon vieux mythe de Frankenstein ou comme une anticipation audacieuse, au choix. Bref, c’est pas mal.

Sinon, après l’intermède Noël-jour de l’an caractérisé par l’absence totale d’actualité (heureusement, Panasonic m’a filé un FS3 pour m’occuper), les affaires ont repris cette semaine, avec les renouvellements de gamme du début d’année. Olympus nous a invité hier matin à l’Observatoire de Paris, joli bâtiment dans le 14è, qu’on a pu en profiter pour visiter. Guide intéressant, trucs à voir, ça valait le détour. Reste à voir si ce fabricant aura la possibilité de nous laisser son prochain reflex quelques semaines : j’aimerais bien faire le Monte-Carlo avec.

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