30 octobre 2008

Charonne, semaine 8

herisson26 à 20:05 — Filed under: En vrac,Insolite,La minute geek,PhotoPas de commentaire

Commençons par la rubrique cinéma, ça sera fait.

Hier, W., de Oliver Stone (oui, celui de l’interminable J.F.K., de l’excellent The doors, du pathétique Né un 4 juillet ou de l’inévitable Platoon par exemple). Un réalisateur qui nous a habitués au meilleur comme au pire, et qui ici s’essaie à l’entre-deux. Le film est parfois drôle, souvent pas, parfois sympa, parfois un peu long, et on retient plus facilement l’extraordinaire performance de Josh Brolin et l’omniprésence de la figure paternelle (pour ceux qui l’ignorent, le père de W. est un certain George Bush, président des États-Unis d’Amérique de 1989 à 1993 et l’un des rares à avoir échoué à se faire réélire) que la finesse du scénario ou la qualité de la réalisation. Notons ce choix étrange de conserver le même acteur (qui marque sa quarantaine) pour jouer W à tous les âges : ça passe pour la période moderne, mais on a du mal à croire qu’il a 20 ans dans les scènes des années 60…

Aujourd’hui, Hellboy II les légions d’or maudites, sous-merde monumentale, prévisible de bout en bout, dont on peinera à sauver quelque chose. C’est tout ce que j’ai à dire à propos de ça.

Sinon, la paperasse avance. Mon dossier doit être traité par la Sécu, qui avec un peu de bol va enfin percuter que oui, je suis revenu dans le privé et que oui, j’ai déménagé et que oui, j’existe. Le Crédit qui bricole doit détourner les versements et prélèvements de mon compte bancaire à Die pour les amener sur mon compte bancaire à Paris, étape qui me permettra ensuite (et enfin !) de clôturer le premier et devenir parigot à part entière.

Aujourd’hui, deux découvertes fondamentales :

– les nageurs parigots partent en vacances. Ben oui. Dans le monde civilisés, les gens profitent des vacances pour aller à la piscine, mais là, on devait être à peu près cinq dans les quatre lignes d’eau à côté de Pompidou. Je vais pas m’en plaindre, mais ça ne cessera de m’étonner ;

– la FNAC a du G1 en stock et, comment dire… Ça risque de chier dans la colle.

Y'a du G1 dans l'air...

Bon, okay, je suis un peu jaloux de savoir que non seulement la FNAC l’a en vitrine, mais qu’elle l’a aussi en stock (en kit simple, pas en double kit), alors qu’on n’en a toujours pas à la rédaction. Mais ça ne m’empêchera pas de relever au passage ce qui n’est rien d’autre que de la publicité mensongère : le G1 n’est pas un reflex. Personne ne le conteste, surtout pas chez Panasonic (qui est assez fier de dire que c’est un truc nouveau, ni reflex ni bridge classique, qui préfigure sans doute ce que seront certains de nos appareils dans quelques années).

Interrogé à ce sujet, le vendeur de la FNAC m’a pourtant affirmé que c’était Panasonic qui fournissait ce slogan, chose qui n’est pas sans me laisser sur le cul. Il en a profité pour me dire que c’était logique parce que si on ne le mettait pas dans les reflex il faudrait lui créer une vitrine à part, ce qui n’est pas loin d’être ridicule : je ne m’étonne pas qu’il soit dans la même vitrine que les reflex (de même que je ne fus pas étonné, en leur temps, d’y voir des Epson R-D1), je trouve juste ahurissant de le présenter comme un reflex.

Après, oui, si on veut classer l’appareil, il faut lui créer une catégorie. J’aurais tendance à dire que c’est même l’idée fondamentale… Mais ça doit être trop compliqué pour la FNAC.

24 octobre 2008

La sensibilité comme paramètre d’exposition

herisson26 à 19:55 — Filed under: Air du temps,La minute geek,Photo,Prise de courgeUn commentaire

Bon, au départ, ça devait être un commentaire sur le blog de Luc Saint-Élie, qui bosse chez Panasonic et s’est permis un petit coup de gueule pas dénué de fondement à l’encontre de : ceux qui attaquent le G1 sur le seul fait que ce n’est pas un reflex ; les pressions diverses de certains fabriquants de reflex pour éviter qu’on compare ce petit boîtier étonnant à leurs produits.

Au passage, il a bien entendu rappelé que ce bébé devait être une petite révolution en rompant les ponts avec la conception argentique, et a parlé d’une autre révolution à chercher du côté de chez Nikon, avec le petit D700 :

«  Nous ne sommes pas très loin du jour où le photographe se dira ‘cette photo je vais la faire à 1/125 f:8′ sans soucier de questions de sensibilité avec comme sous entendu, ‘l’appareil utilisera le niveau d’amplification qui va bien, de toutes façons ça n’aura pas d’impact sur le résultat’.  »

À ce sujet, on est à fond dans les conservatismes issus de l’argentique.

Mais là, même les compacts peinent à franchir le pas et à considérer la sensibilité (ou, plus justement, l’amplification du signal) comme un paramètre de prise de vue à part entière, chose d’autant plus dingue que la plupart d’entre eux n’ont qu’un « diaphragme » à deux positions (typiquement f/2,8 et f/8 en grand angle).

Ils peuvent ajuster la sensibilité grosso modo, pour conserver un résultat potable, de 100 à 800 iso, soit 3 EV en au moins 3 paliers (mais pas de problème pour ajouter des paliers), mais ils ne peuvent ajuster l’ouverture que sur 3 EV en un seul palier. Pourtant, la sensibilité y varie souvent peu, et d’un coup, en mode automatique, et c’est le dernier paramètre que l’on peut sélectionner manuellement, l’ajustement continuant à être confié essentiellement au couple ouverture/temps de pose !

Sur un D700, cela en devient totalement ridicule : l’appareil crache des photos d’une propreté ahurissante de 200 à 6400 iso. En ajoutant le 100 iso, où l’on perd un peu en dynamique dans les hautes lumières, on a 6 EV utilisables sans gros risque et ajustables par paliers de 1/3. En comparaison, l’ajustement de l’ouverture sur un zoom courant avec ce boîtier, le 24–70/2,8, joue sur 4 EV : en-dessous de f/4, il manque d’homogénéité (okay, c’est méchant, sachant qu’à f/2,8 il est meilleur dans les angles que bien des objectifs de kit en plein centre), et dès f/16 la diffraction se fait sentir.

En outre, un bon paquet de photographes seraient sans nul doute intéressés par le choix d’une profondeur de champ et d’un niveau de filé (car c’est bien à ça que servent ouverture et temps de pose, au moins autant qu’à régler l’exposition), l’appareil se démerdant pour exposer correctement.

Mais Nikon, en plein conservatisme argentique, reste sur une conception antédiluvienne de la « sensibilité » : impossible d’utiliser la sensibilité automatique en mode manuel (seul permettant de contrôler simultanément temps de pose et ouverture), et bouton iso renvoyé à l’autre bout de l’appareil. Finalement, il est à peine moins compliqué de changer la sensibilité sur un D700 que sur un F6 ! Sur le D90, qui permettrait raisonnablement un ajustement de 100 à 1600 iso, c’est encore pire : le bouton iso est en double fonction avec la loupe, ce qui le rend inopérant en Live View. J’ai pas l’habitude de dire du mal de l’ergonomie Nikon, mais quand faut y aller…

Un seul constructeur a fait un pas. Un seul. Pentax. Le mode TAv des K10D et K20D, c’est exactement cela : on règle ouverture et vitesse, et l’appareil adopte la sensibilité correcte pour exposer comme il faut. Même un électronicien décidé à faire exploser les convenances comme Panasonic reste sur une gestion archaïque de la sensibilité, à moins que j’aie raté un épisode dans mes dix minutes avec le G1 (Luc, tu me reprends si c’est le cas ?).

Pourtant, il y a là une révolution à attendre dans la façon de faire des photos, bien plus sensible à terme que le fait d’avoir une visée reflex, une visée télémétrique (au passage, la plupart des reflex dans les années 70 étaient également télémétriques puisqu’ils incluaient un stigmomètre, et personne ne se prenait le chou pour savoir si vraiment on avait le droit d’appeler ça des reflex) ou une visée électronique. Je suis raisonnablement certain que dans dix ans, nous seront fort nombreux à viser sur du LCoS ou du LCD, à passer de la photo à la vidéo en tapant un bouton et à laisser nos appareils choisir eux-mêmes la sensibilité comme variable d’ajustement ; et quand on nous demandera ce qui a le plus changé depuis nos débuts en photo, nous répondrons sans doute plus « la fusion du camescope et de l’APN » ou « ne plus penser au bruit numérique » que « ne plus viser sur un verre dépoli ».

23 octobre 2008

Charonne, semaine 7

herisson26 à 17:32 — Filed under: En vracUn commentaire

L’événement marquant de la semaine est sans doute, vendredi dernier, le dîner d’anniversaire de la boîte. Ça a commencé avec des bières et du Rivesaltes au bureau, ça a continué avec un rouge correct et une collection de digestifs au restau (ça a failli se finir là, d’ailleurs, le patron ayant généreusement et avec autorité vidé son verre de mirabelle dans le mien) , ça s’est fini à 2h samedi matin dans un pub anglais avant une heure de marche pour rentrer.

La bonne nouvelle, c’est que, le jour ayant été choisi pour gêner le moins de monde possible, et étant le seul à bosser le samedi, j’étais sur le pont huit heures plus tard — oui oui, sur le pont, d’ailleurs ma chambre tanguait, c’est un signe.

L’autre événement, c’est bien sûr que j’ai enfin compris à quoi sert la pharmacie au coin de la rue : à pas avoir à marcher longtemps pour s’offrir le Graal, pardon, une boîte d’Efferalgan. Ma petite crève d’automne est là, depuis mardi, avec un petit pic ce matin (dont j’espère fortement qu’il augure d’une convalescence rapide), même pas assez malade pour décider de vraiment rester au lit une bonne fois pour toutes — encore que je l’ai pas beaucoup quitté aujourd’hui — mais suffisamment pour trouver très fatiguant ce mal de crâne qui traîne. Je préférais samedi matin : au moins, je savais pourquoi l’Armée rouge défilait dans ma tête.

Sinon, j’ai bien entendu été voir L’instinct de mort hier, et c’est amusant de voir qu’il aura fallu se pencher sur la vie d’un des plus connus gangsters des années 60 pour retrouver la « patte » de nos polards d’alors, vus côté bandits (pour nos polards d’alors vus côté flics, on a retrouvé ça depuis qu’Olivier Marchal est revenu, j’y reviendrai justement plus bas). Une toute petite dose d’humour, une grosse dose d’action, et même un bout de psychologie font de ce polard solide une vraie réussite, même ce que l’on remarque plus, c’est la performance de Cassel : givré, mégalo, déjanté et excessif, il incarne plutôt qu’il ne joue. C’est a posteriori que l’on se dit que l’acteur est bluffant, un peu comme à la sortie d’un Coup de tête par exemple.

Bref, mlagré une musique un peu trop présente, j’attends avec impatience l’arrivée de Ennemi public n°1, second volet qui devrait arriver le 19 novembre.

Au passage, une chaîne de télévision privée a récemment passé un feuilleton en quatre épisodes, Flics, que l’on doit à Olivier Marchal. Du coup, je me suis débrouillé dans la foulée pour me faire MR73, du même Olivier Marchal, sorti en mars et qui ne passait hélas plus quand je suis arrivé sur Paname.

Dans les deux cas, on retrouve la patte Marchal : évitez de vous attacher aux personnages, s’il y en a un de bon, ça ne dure pas. Mesquineries et trahisons sont les règles de vie des poulets marchaliens, il suffit de le savoir. Ceci étant, autant Flics est une excellente descente aux enfers dans laquelle toute tentative de rédemption est vouée à l’échec, autant j’ai été un peu déçu de MR73, plus psychologique, plus monotone aussi, et donc on sent assez vite venir la fin. J’ai l’impression qu’on est très loin du niveau d’excellence atteint avec 36, du moins pour mon goût d’amateur de polards ; malgré son titre prometteur (le Manurhin 73 était un revolver .357 français qui équipa quelques-uns de nos policiers), le film tourne longtemps en rond avec un notable déficit d’action et deux histoires parallèles dont on peine à comprendre pourquoi et comment elles se rejoignent. Un peu dommage.

Ça n’a rien à voir, mais je suis passé à la banque pour leur dire que j’avais déménagé. Découverte : quoi que portant le même nom, un Crédit agricole à Paris n’a absolument rien à voir avec un Crédit agricole à Die. Ce sont des entités totalement différentes, et il n’est pas possible de rapatrier simplement un compte : il faut fermer, puis ouvrir, tout ça. Une vraie catastrophe administrative. Du coup, j’ai un compte épargne qui doit se balader quelque part, un compte courant à Die, un compte courant à Paris, et il faudra clôturer le second quand tous les prélèvements et versements auront déménagé sur le troisième… Mais non c’est pas la prise de tête. Pas plus qu’à la Sécu.

Plus marrant, quand je suis passé, le distributeur devant l’agence était en panne et, à l’intérieur, on trouvait des gens sur des escabaux en train de tirer des câbles électriques. Parfaitement conforme à l’image d’une banque modèle.

Bon, ceci étant dit, je vais aller dormir quelques heures. Buenas noches.

16 octobre 2008

Charonne, semaines 5 et 6

herisson26 à 20:45 — Filed under: En vracPas de commentaire

Y’a des semaines chiantes. Des semaines où on se fait engueuler par un lecteur parce que, dans un article-gag, on n’a pas rappelé des vérités physiques, des semaines où la Sécu vous écrit qu’elle ne peut pas enregistrer votre changement d’adresse parce qu’elle n’a pas compris que vous n’étiez plus employé par l’Éducation nationale, des semaines où l’actualité est archi-dominée par un sujet dont tout être normalement constitué se fout éperdument, des semaines où on se rend compte qu’il y a beaucoup de gros connards qui ne s’arrêtent au rouge que si vous êtes au milieu de la route et qui vous font bien comprendre que c’est une fleur qu’ils vous ont faite pour ne pas salir leur pare-chocs, des semaines où sort La loi et l’ordre, plus mauvais navet des filmographies de Robert de Niro et Al Pacino réunies (et pourtant, j’ai vu Mon beau-père et moi et Le parrain)…

Et quand toutes ces semaines sont une seule semaine, c’est lourd à digérer.

Du coup, merci à Antoine de Caunes, qui m’a permis de passer deux heures correctes pour penser à autre chose, en pondant L’histoire d’un mec, sa vision de la campagne de Coluche pour les présidentielles de 1981. Les acteurs sont excellents, avec une mention particulière à Léa Drucker (impeccable Véronique Colucci, au centre du film de bout en bout), Alexandre Astier (qu’on ne voit vraiment qu’une scène, mais essentielle, en Reiser), Denis Podalydès (dont je dis pas souvent du bien, mais qui campe un Attali juste assez coincé) et, surtout, à Gil Galliot qui nous offre un Choron plus vrai que nature — mégalo, égocentrique, loufoque.

La réalisation n’est pas mal non plus, avec un rythme régulier qui évite tout ennui, sans pour autant surprendre ou immerger à fond le spectateur hélas, et de Caunes s’offre ponctuellement de vrais moments de cinéma — la toute dernière scène est particulièrement réussie. Et l’intrigue, quoiqu’on en connaisse déjà l’essentiel, comporte suffisamment d’éléments pour entretenir le « suspense ». C’est donc une réussite, plutôt surprenante, mais réelle.

À l’opposé de cette œuvre, on trouve Tonnerre sous les tropiques, de et avec Ben Stiller. C’est d’autant plus con que l’idée de base est géniale : le réalisateur d’un énième film sur la guerre du Viêt-Nam, navré par ses acteurs merdiques, décide de prendre les choses en mains en truffant la forêt de caméras et leur créant une vraie guerre pour leur apprendre à avoir peur. Hélas, le traitement est démoli par… je sais même pas exactement quoi. C’est juste que ça ne fonctionne pas, que la plupart des répliques tombent à plat, que certaines situations propre à faire rire sont brutalement trop décalées pour passer… Il n’y a pas un truc particulier à reprocher, on sourit même assez régulièrement, mais la sauce ne prend pas.

Quelque part entre les deux, Course à la mort, de Paul Anderson. Oui, le même Paul Anderson qui nous a gratifiés de chefs-d’œuvre comme Mortal kombat ou Event horizon, et dont le meilleur film demeure le premier Resident evil (qui reposait à 100% sur la plastique de Milla Jovovitch, exposée sous tous les angles au fil de cascades plus ridicules les unes que les autres — qui a pensé au coup de pied dans la gueule du chien ?).

Donc, j’aurais pu écrire cette critique à l’avance juste en me fiant au synopsys et au nom du réalisateur. C’est le principal reproche qu’on peut faire à cette Course à la mort : zéro surprise. Tout est prévu dès que l’idée de base est posée (les prisons sont devenues les arènes, les prisonniers les gladiateurs, faut bien distraire les foules, et notre héros va devenir un chauffeur de chars) : le film promet d’être une adaptation trash de Mario Kart, et c’est ce qu’il est. On retrouve tout de même un peu (un tout petit peu) de l’esprit de Le guerrier de la route, deuxième volume des aventures de Mad Max, auquel plusieurs références sont d’ailleurs faites — on parle d’une Holden Interceptor au début, par exemple –, et ça suffit à diminuer encore la surprise : les amateurs de Mel Gibson auront très vite compris ce qui se passe dans le garage du bout qui est fermé.

Ceci étant, si le scénario tient sur une feuille de papier hygiénique (d’habitude, je dis un timbre-poste, mais faut savoir bouleverser les habitudes), la réalisation est sans faille et les acteurs font leur job. Alors, on va pardonner le côté répétitif de certaines scènes et admettre que c’est pas si pire.

Allez, deux bonnes nouvelles pour finir :

  • pas de grand prix de France l’an prochain, c’est pas certain mais désormais hautement probable. On pourait croire que ça me gênerait, mais en fait, je trouve que c’est une super nouvelle tant Magny-Cours pondait des grands prix inintéressants, pas améliorés par les formule 1 de maintenant (ah, Jackie Stewart s’enfilant les six frères et la descente du nouveau-monde sur une Matra, c’était aut’chose ma brave dame) ;
  • la balance penche de plus en plus vers l’élimination de McCain, et donc du clan Bush, du siège de maître du monde. Même les blacks et les latinos commencent à voter. Je suis pas certain que Obama soit beaucoup moins pire que Moi-m’sieur-j’ai-fait-le-Viêt-Nam, mais en l’espèce un peu de changement ne peut pas faire de mal.

8 octobre 2008

Et ça continue…

herisson26 à 20:11 — Filed under: Air du temps,Coups de sangPas de commentaire

Les marchés financiers s’effondrent.

On injecte de l’argent ? Ils coulent de plus belle.

On baisse les taux d’intérêts ? Ils commencent à creuser…

Conclusion ? « On » est à côté de la plaque. Les marchés ne sont plus connectés à l’économie réelle ou, du moins, ne fonctionnent plus en fonction de cette connexion. Ils sont dans un monde à part, virtuel. Tant qu’on se contentera de mesures portant sur l’économie réelle, les marchés n’en auront rien à faire.

Si on veut vraiment stabiliser les marchés, il faut aller sur leur terrain. Certes, ce n’est pas un travail d’économiste, mais de psy.

Recrutons des psychiatres et des psychologues, et peut-être quelques psychanalystes aussi, et envoyons-les dans les bourses pour s’occuper des gens qui y bossent. Et en attendant que leur équilibre psychique soit rétabli — ou, plus probablement, qu’ils soient internés à Saint-Anne * –, coupons les bourses.

* Notez, je me fais aux expressions locales, y’a six mois j’aurais dit à Montéléger.

5 octobre 2008

Charonne, semaine 4

herisson26 à 20:37 — Filed under: En vracPas de commentaire

Pas grand-chose à signaler, il s’est rien passé depuis mon retour de Cologne. À part Appaloosa, déjà applaudi ici même, et Go fast, film d’action policier étonnamment pas mauvais quoiqu’impropre à marquer durablement l’Histoire du cinéma — en bref, de quoi passer deux heures agréables.

Et puis, j’ai enfin pu trouver la saison 6 de Scrubs, et je l’ai finie en trois jours, c’est nul. Maintenant je sais plus quoi regarder. Je vais bien essayer de choper la saison 7, mais y’a que douze épisodes (grève des scénaristes, tout ça). Vais finir par chercher Malcolm ou Daria

2 octobre 2008

Essentiel

herisson26 à 10:20 — Filed under: Air du temps,PhotoPas de commentaire

Vous aimez regarder des photos ?

Vous aimez faire des photos ?

Réfléchissez : c’est dangereux.

http://video.google.fr/videoplay?docid=-8055791195744484552&hl=fr

1 octobre 2008

Confiez-nous votre argent : on ne sait pas compter

herisson26 à 20:42 — Filed under: Air du temps,Coups de sangPas de commentaire

Une fois de plus, on assiste au même phénomène : des gens qui manipulent des sommes colossales, et ne veulent pas entendre parler de nous (par « nous », j’entends : l’État) quand ils font des bénéfices avec l’argent qu’on leur prête (car c’est bien ce qu’est un dépôt d’argent en banque : un prêt du particulier à l’établissement), en appellent à nous pour leur sauver la peau le jour où la vérité leur éclate à la gueule : ils ne savent pas compter (par exemple, un euro potentiel n’est pas un euro tout court).

Et au passage, ils menacent : si on ne leur signe pas un chèque en blanc pour leur éviter les conséquences de leur incurie, nous ne récupèrerons pas notre argent, nous serons au chômage et nos perdrons encore plus d’argent parce que l’économie ira mal. Plus mal ? Plus mal. C’est possible ? C’est possible, nous jurent-ils la main sur le cœur.

Autant le dire franchement, j’en ai de plus en plus plein le cul des terroristes, qu’il s’agisse de ceux qui essaient de nous terrifier en posant des bombes ou en nous tirant dessus, de ceux qui essaient de nous terrifier en promettant le chômage si on ne baisse pas son froc, ou de ceux qui essaient de nous terrifier en menaçant de pas nous rendre nos économies et de pas financer nos crédits.

Côté souplesse, je m’arrange pas en vieillissant, et si je suis de plus en plus tenté de demander à ce qu’on mette une balle dans la tête de Ben Laden pour voir s’il y a quelque chose à l’intérieur, j’ai également très envie qu’on laisse les banquiers se sortir eux-mêmes de leur merde.

Soyons franc : je ne suis pour rien dans la crise financière actuelle. De même que la plupart de mes concitoyens. Et si nous suivons les plans de sauvetage divers et variés, ça veut dire que nous allons, nous qui n’avons rien fait de mal, payer pour ces abrutis, qui eux s’en sortiront avec une belle chaleur. Au mieux, on arrivera à faire tomber quelques têtes de directeurs du système, qui s’en tireront avec un parachute doré alors qu’ils devraient rembourser sur leurs deniers personnels les pertes des sociétés dont ils s’occupaient.

Mon point de vue sur la question, si jamais ça intéresse quelqu’un : laissons faire. Ils ont voulu un système libéral, qu’ils se démerdent avec. Dédommageons les clients floués (c’est de toute façon prévu : les clients d’une banque naufragée récupèrent l’argent qu’ils avaient déposé, jusqu’à 70 000 €, et celui qui a 70 000 € à la banque aura du mal à me faire pleurer sur son sort), tentons de limiter la casse au niveau des employés, foutons les banques qui coulent en liquidation judiciaire sans délai, saisissons et mettons aux enchères (ou intégrons directement dans le logement social, tiens) leur immobilier, et assurons-nous surtout que les actionnaires et dirigeants, qui sont responsables de ce bordel par leur obsession d’une rentabilité à court terme, ne touchent pas un centime du résultat de leurs conneries.

En gros, comme on dit quand on met cinq ans fermes à un voleur de mobylette : faisons un exemple.

Quand on aura coulé un bon lot de banques, que les gros actionnaires qui font fortune sur notre dos auront perdu leur chemise et qu’on aura castré le système financier spéculatif (castré = coupé les bourses, jeux de mots inside), on pourra peut-être revenir à une économie qui fonctionne pour faire tourner la société, et non juste pour rapporter un maximum à ceux qui ont déjà assez d’argent pour être du bon côté du manche.

Appaloosa

herisson26 à 19:32 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Ed Harris, 2007, ****

« Le western est mort », répètent à qui veut l’entendre les culs-pincés pour qui un film, pour être proche du spectateur, doit en faire son héros dans une morne apologie de la vie de salon.

Et bien, au risque de les décevoir, le style qui forgea une bonne part du cinéma américain est toujours là.

Certes, il n’est plus le produit de masse qu’il fut dans les années 50 et 60, quand John Ford filmait John Wayne sous toutes les coutures et quand Burt Lancaster était une star internationale. Mais au final, on y gagne : les producteurs investissent moins dans ce genre prétendu dépassé, et ceux qui passent à travers les mailles et arrivent en salle sont bien mieux surveillés que la vague de filmes à la mode — vous savez, la comédie brouillonne qui s’occupe de vous montrer que votre vie morne et pathétique mérite aussi d’être filmée.

Du coup, le western n’en finit pas de se réinventer. Il mise sur le réalisme — finies les histoires hasardeuses d’indiens débiles qui attaquent au couteau des positions tenues par des canons –, sur les grands espaces — finis les « extérieurs » tournés dans un studio de 100 m² –, et surtout sur les histoires, en n’hésitant pas à pomper ici et là des idées qui traînent, qu’il s’agisse d’humour loufoque piqué au spaghetti ou d’essayer de donner un rôle aux femmes.

Et pour un Mort ou vif (de Sam Raimi, 1994) largement perfectible et plutôt hors-sujet, on s’est savouré de petits chefs-d’œuvre comme Danse avec les loups (Costner, 1990), Impitoyable (Eastwood, 1992), Open range (Costner encore, 2002), O’brother (Coen&Coen, 2000, et je trucide le premier qui me dit que c’est pas un western)…

Tout ceci pour arriver à cette remarque : Appaloosa ne fait pas exception. C’est un grand et bon western, fort, solide, non dépourvu d’une pointe d’humour, où Renée Zellweger joue un rôle central (qui a dit « hélas » ? Bon, c’est vrai, elle est pas tout à fait au niveau, mais passons). Western lui-même, c’est aussi un peu un méta-western, au sens où il contient tous les grands classiques du genre : c’est autant un hommage au western qu’un film à part entière, mais c’est suffisamment bien fait pour que ça passe sans problème.

On va donc éviter de parler de synopsis, tant celui-ci est vu et revu (un duo de justiciers appelé pour remettre de l’ordre dans un bled à la solde des bandits, voyez l’originalité du truc). C’est dans les détails que ça se joue, dans la façon dont tout s’enchaîne, dans la façon dont les deux taiseux qui tiennent l’affiche communiquent (bravo à Ed Harris et Viggo Mortensen à ce sujet), dans la façon aussi dont ils seront confrontés à leurs idéaux — ou plutôt à leur idéal, qui est essentiellement une question de droiture.

Après, on peut regretter une ou deux maladresses, comme l’étonnant passage où les héros se font plomber et ne sont que blessés alors que jusque là les balles tuaient à coup sûr (ç‘aurait été bien d’avoir quelques blessés avant, surtout qu’à l’époque les balles étaient loin de tuer à coup sûr). On peut également trouver que Ed Harris ne soigne pas la photo comme peuvent le faire un Costner ou un Eastwood : hormis quelques plans vraiment réussis, elle est plutôt banale, et le choix d’un film modestement saturé, légèrement contrasté et à peine granuleux se discute (et ça se voit d’autant plus que le générique final est, lui, une véritable œuvre de photographe).

Mais il nous fournit un vrai bon western, solide, presque à l’ancienne, qui fonctionne à la perfection. Alors, on va pas pleurer.

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