29 septembre 2008

Köln, semaine 1

herisson26 à 21:17 — Filed under: En vrac,Envoyé spécial,PhotoPas de commentaire

Bon, je suis sérieusement à la bourre pour ce billet hebdomadaire, qui aurait normalement dû apparaître samedi.

Faut dire que comme prévu, la semaine a été plutôt agitée. Lundi, décollage à 6 h 55. Arrivée à Köln peu avant midi, on fonce jusqu’en salle de presse (ARGH ! elle est tout au nord, va falloir faire quasiment 1 km à pied à chaque fois qu’on voudra y aller) pour poser nos sacs de fringues, et direction Nikon. Plein de gens de la presse écrite, bonne ambiance. Lundi après-midi, Canon nous file un rencard là-bas, au bout de la passerelle, laquelle est fermée pour travaux : la galère commence… La journée se finit avec la conférence de Samsung, qui prétend s’attaquer au TZ5 avec un compact à zoom x10 qu’on attend sérieusement au tournant sur le plan optique. On poste nos articles depuis la salle de presse, puis on arrive à l’hôtel vers 21 h, le temps de voir qu’il y a du Wi-Fi mais qu’on n’a pas la clef — on la demande au gérant au p’tit déj le lendemain.

Mardi, course toute la journée, avec quand même un moment un peu tranquille avec Yazid Belmani qui nous présente son K-m, un des petits reflex les plus érectogènes que j’aie vus : c’est du Pentax, mais simple et léger. Youpi. Fuji nous fait une conf’ sur ses Super CCD et son appareil 3D, on voit vite fait ce que ça donne mais sans trop rentrer dans les détails parce qu’on a rendez-vous avec un représentant de la marque le lendemain. On découvre la surprise du salon, signée Leica, qui se croit obligé de lancer un nouveau système moyen-format pour faire semblant d’exister. C’est lourd, moche et ergonomiquement très Leica (comprendre : aussi moderne qu’un Asahi Pentax ou un Nikon F). Mais nul doute que ça va se vendre : Leica a cette capacité, qu’elle partage avec Ferrari, de vendre très cher des trucs inutilisables dans la vraie vie et d’en faire une qualité. On finit la journée avec Luc Saint-Élie, qui se croit obligé de se payer ma tête pendant sa présentation officielle du G1. Si vous avez vu la vidéo sur Focus-Numérique, vous avez peut-être remarqué que le début de l’entrevue est également la fin d’un fou rire… La soirée se passe autour d’une table chez Fuji, et on arrive à l’hôtel après 23 h : la première actu du mardi est donc publiée… le mercredi, à 00 h 41, et la dernière à 2 h 26 : à côté de moi, Renaud dort comme un sonneur, après avoir laissé à son Mac la responsabilité d’encoder en flash les vidéos du jour.

Mercredi, on zappe la conf’ Leica pour aller directement chez Fuji, où Franck Portelance nous présente les nouveautés. Chouette, j’ai plus qu’à reprendre mon article de la veille : le Super CCD EXR n’augmente pas la dynamique en jouant sur l’amplification, mais sur le temps de pose, avec un horloge double à l’intérieur. Pas con. Quelques rendez-vous plus tard, on zappe pour aller taper des actualités en salle de presse, histoire de pas renouveler le couchage à trois heures du mat. On retrouve Yazid le soir venu, avec quelques collègues de la presse écrite, pour un dîner Pentax, qui se finit à l’hôtel dans une ambiance plutôt cosy.

Le jeudi, on découvre Bibble 5, présenté par son traducteur Valery Landon. Il devrait carrément tenir la route face à Lightroom, et lui a le bon goût de tourner sur les systèmes d’exploitation normaux. Après l’avoir vu tourner un moment, pas exclu que je finisse par me le payer quand il sortira pour de vrai. À midi, c’est du lourd : on a rendez-vous avec Yoshinori Matsuzawa, d’Olympus. De quoi voir le prochain reflex, et surtout la fameuse maquette de compact µ4/3 qui a tant fait rêver. Très intéressant tout ça, surtout quand notre interlocuteur sort le plus petit appareil Olympus, une caméra endoscopique prévue pour être avaler, en nous annonçant en rigolant le « nano-4/3″. On se couche tôt (à peine minuit) pour pouvoir décoller vendredi dans de bonnes conditions.

Le vendredi donc, préparation de sacs. Oubli de gel douche, l’hôtelier sera content. Passage en salle de presse (ouah, y’en a aussi une près de l’entrée Est ! Dingue ! Personne l’a trouvée, faut dire qu’elle est plus petite et beaucoup moins fléchée) pour poser les sacs, puis direction Tamron, où Marc Hourrier nous présente les derniers cailloux. Curiosité : Tamron fabrique aussi pour d’autres, et affiche dans une vitrine l’objectif d’un bridge bien connu, officiellement signé du constructeur de l’appareil… Après-midi en salle de presse, où je programme quelques news pour la nuit vu que j’ai prévu de prendre le samedi pour dormir. Vers 18 h, on court jusqu’au train régional pour rejoindre la gare, d’où on reprendra le Thalys pour Paris. Pressés, on est à la bourre, du coup, on n’attendra qu’un quart d’heure que le Thalys décolle… Youpi. On mange dans le train (aïe, les tarifs, et puis pas moyen de payer par carte de crédit). Puis direction le boulot, pour continuer à taper des articles qu’il n’y aura plus qu’à envoyer. Surprise : le réseau Thalys est bien présent. 6,50 € pour 2 h d’accès, je prends. Du coup, à l’arrivée à Paris-Nord, j’ai mon compte d’articles programmés et j’ai même pas besoin de me connecter en rentrant chez moi.

Samedi, repos. Entre les murs, avec trop de monde dans la salle et surtout quelques abrutis qui font du bruit en fond de salle. Le film est pas mal, on y trouve des choses intéressantes, mais les ruptures de rythme sont parfois malvenues.

Dimanche, retour au boulot, j’écoule mon stock d’articles de la Kina, et prépare la structure de ceux publiés ce matin. Et je commence à taper l’article sur le D90 sous-traité pour Micro Actuel.

Bon, là, autant le dire : vivement demain soir. Malgré la relâche de samedi, je suis un peu claqué et le week-end sera pas de trop. Par contre, quand j’ai été au cinoche samedi à pied, j’ai trouvé ça super facile et pas fatigant : c’est le deuxième effet d’un salon dans des bâtiments d’un kilomètre sur six cents mètres.

Bonne nuit et désolé pour les fautes : trop fatigué pour relire. Je ferai mieux la prochaine fois.

20 septembre 2008

Charonne, semaine 3

herisson26 à 22:20 — Filed under: En vracPas de commentaire

Oups, un peu de retard dans cette chronique hebdomadaire. Faut dire que le départ approche, j’ai d’autres choses à penser.

Donc, après avoir fini les cinq premières saisons de Scrubs, prêtées par un ami (mec, faut que je te rende tes DVD, au fait), et l’intégrale des Chroniques de Narnia, j’ai filé au cinoche voir C’est dur d’être aimé par des cons.

Enfin non, ça s’est pas passé comme ça.

La semaine a été relativement calme sur le plan professionnel, à part que j’ai découvert à deux reprises qu’une part du métier de journaliste consiste à attendre les fuites pour pouvoir dire ce qu’on sait — en gros, on sait que tel constructeur prépare tel truc, mais on n’a pas le droit d’en parler ; puis, un site web publie une photo volée, et à partir de là on extrapole génialement pour comme par hasard tomber vrai un peu plus tard quand l’information devient officielle. Ç‘a été le cas cette semaine de deux annonces, la plus remarquable étant sans doute celle du Leica M8.2, dont nous avions les communiqués depuis quelques jours avec interdiction d’en parler avant lundi, mais qui s’est retrouvé sur un site polonais vendredi ; là, on ne peut pas nous reprocher de reprendre l’information au conditionnel (avec des « ça paraît plausible » adroitement placés au bon endroit), mais on n’a toujours pas le droit d’affirmer quoi que ce soit. Ça doit être ça, le flair du journaliste.

Boulot bizarre, vraiment.

Mercredi, normalement, c’était week-end. Mais là, y’avait une grosse annonce chez Canon, avec prise en mains dans la foulée — à 7 h 45 à l’autre bout de Paris, à l’habitude du constructeur. Donc, j’ai passé la matinée à écouter la présentation du truc le plus attendu depuis le Nikon D3 : le Canon 5D Mk II. Le deuxième reflex à vidéo au monde, mais surtout le successeur d’un appareil unique qui, trois ans plus tard, venait brutalement de prendre deux gros coups de vieux avec l’arrivée des D700 et α 900. Après, je vais pas trop rentrer dans les détails pour savoir si le Mk II est à la hauteur des espoirs, pour ma part, j’ai des boutons qui ont surgi quand j’ai vu que le testeur de profondeur de champ était toujours aussi mal foutu alors qu’il est critiqué depuis l’EOS D30 et qu’il y avait toujours des boutons inaccessibles à droite du prisme. Je vieillis : je suis de moins en moins tolérant avec ce genre de truc. En revanche, je suis séduit par les derniers vidéoprojecteurs, qui se règlent automatiquement (mise au point, perspective…) et offrent vraiment des images pas mal du tout. Le G10, de son côté, a presque tout pour être la tuerie qu’aurait dû être le G7. Juste dommage que, alors que Panasonic s’est récemment rappelé qu’à f/2 on avait deux fois plus de lumière qu’à f/2,8, il ne renoue pas avec les ouvertures vues sur les G2 et G3…

Dans la foulée, puisqu’on était à côté, on a fait un tour à l’Apple Expo. Bon, j’avais jamais vu une Apple Expo avant, donc j’ai pas de base de mesure fiable, mais ça m’a paru ridiculement petit et terriblement morne. De fait, l’avis des journalistes croisés comme des exposants rencontrés était à peu près unanime : ça sent le sapin. D’après certains, ça rappelait le Salon de la Photo de 2005, celui où tout le monde avait pensé que le Salon allait crever et qui a poussé les organisateurs à se mettre au boulot pour tout repenser et faire quelque chose qui marche en 2007.

Et puis, je sais pas, j’arrive pas à penser que c’est bon signe de savoir que le plus gros exposant de l’Apple Expo était… Microsoft, avec le pack Office et la Xbox en guest stars !

Donc, m’étant levé à l’aube, je connaissais pas le programme des cinoches, et j’ai conséquemment filé jusqu’à Odéon, me disant qu’avec deux MK2 et deux UGC en cent mètres de rue je trouverais bien quelque chose de potable. Manque de bol, y’avait rien qui me disait, et j’ai dû me traîner jusqu’à la bibliothèque pour trouver un programme motivant : C’est dur d’être aimé par des cons, historiquement très intéressant quoique cinématographiquement insignifiant.

Ensuite, comme la semaine était un peu creuse, je me suis décidé à regarder Juno, qui est une bonne petite comédie américaine — pardon, canado-hongroise ???! — assez sympa. Bon, elle repose à 20 pour cent sur les dialogues et à 80 pour cent sur le jeu d’Ellen Page (belle découverte, au passage, chapeau mam’zelle), mais y’a bien pire à regarder. Et puis, ça rappelle vaguement certaines séries sur la jeunesse désabusée de notre triste monde tragique (y’a des passages qui m’ont sérieusement fait penser à Daria, je sais pas vraiment pourquoi), donc ça passe bien.

Hier, passé au bureau pour régler les détails du départ avec Renaud. Lundi à 6 h 55, on part pour Cologne, où on couvrira la Photokina. À ce sujet, je suis retombé sur ce vieux billet du printemps, où je réfléchissais à ce qu’on pouvait en attendre. Finalement, on était pas loin :

  • Le D90 est là, dans mon sac, on part avec et on tapera son test en rentrant. Le mini-D3 sur châssis de D300 est arrivé aussi, mais un peu plus tôt qu’on ne le pensait.
  • Le Canon à 4 chiffres est également là, mais Renaud avait raison : le 5D Mk II est au rendez-vous.
  • L’α 900 n’est absolument pas une surprise, mais toujours pas d’α 500 en vue, comme prévu.
  • Chez Olympus, c’est toujours le grand silence. Soit ils préparent quelque chose de gros, soit ils attendent de voir l’accueil réservé à…
  • Panasonic, qui a bien voulu exaucer mes rêves : le bridge à objectifs interchangeables est là. C’est d’autant plus une bonne surprise que le 15 mai, quand j’ai écrit ça, ma seule info poussant vaguement en ce sens était l’affirmation de Luc Saint-Élie selon laquelle il n’avait pas trahi la confrérie journalistique pour rien et avait rejoint un constructeur qui préparait une bombe. Et je savais plus ou moins quel genre d’appareil il espérait depuis toujours. Pour le reste, c’était du fantasme, c’est désormais avéré, merci monsieur Matsushita.
  • Chez Pentax, des rumeurs persistantes sur Internet parlent d’un K-m, qui viendrait se placer en entrée de gamme sous le K200D, succédant à la fois au K110D et aux… ME, MG ou MV (vous voyez d’où vient le ‘m’ ?), reprenant la tradition des reflex ultra-compacts. Après tout, pourquoi pas, ça collerait avec nos espoirs d’un sous-K200D. Aucune nouvelle en revanche de Samsung, à qui la rumeur prête l’intention de supprimer à son tour le miroir en créant une nouvelle monture à tirage réduit, mais nul n’est capable de dire si l’électronicien coréen part seul ou prévoit de se baser d’une manière ou d’une autre sur la K. On verra bien.

Donc, on rentrera de la Kina vendredi soir, bien claqués : le programme compte un voyage et trois rencontres lundi, deux conf et quatre rencards mardi, une conf et quatre rencards mercredi, six rencards jeudi, trois rencards et un voyage vendredi. Bien entendu, faudra encore trouver le temps d’écrire ce qu’on aura vu… et sans doute compter avec quelques ajouts de dernière minute.

Donc, je sais pas si ce billet récapitulatif hebdomadaire existera la semaine prochaine. Peut-être que je ferai une allergie et ne supporterai plus la vue d’un clavier. On verra.

En attendant, j’ai encore un sac à faire… et on attend peut-être une annonce d’un constructeur demain, mais c’est pas sûr.

17 septembre 2008

C’est dur d’être aimé par des cons

de Daniel Leconte, 2008, ***

Un type qui lit Charlie hebdo depuis le numéro 1 (de l’ère moderne, hein, je savais pas encore lire quand Choron a piqué sa crise à Droit de réponse, voir ici pour se rafraîchir la mémoire) ne peut pas vraiment se permettre de passer à côté de ce film. Donc, forcément, j’y étais.

Documentaire ? Euh… Ouais, admettons. À la Michael Moore, alors. Documentaire à charge, disons donc : on ne cherche pas à épuiser un sujet, mais à en présenter un aspect. Il serait donc sans doute intéressant de voir le même film, mais réalisé par Dalil Boubakeur.

Ceci étant, C’est dur d’être aimé par des cons remplit le contrat : présenter chronologiquement ce qui fut l’un des plus médiatiques procès de presse de ces dernières années, avec un enjeu qui dépassait largement Val, Cabu, Boubakeur, Charlie hebdo, la grande mosquée de Paris, l’UOIF et le tribunal. Il ne s’agissait en effet pas de savoir si la publication de dessins d’un journal danois et la une de Cabu étaient une insulte envers une population en raison de sa religion — je trouve extraordinaire qu’on ait même pu estimer que « Mahomet débordé par les intégristes » pût être une insulte envers tous les Musulmans : il attaque explicitement les intégristes, qui sont donc moins explicitement mais quand même clairement séparés des Musulmans. Il s’agissait de savoir s’il était permis de critiquer, voire d’insulter, une religion, qui est une qualité annexe et résultant d’un choix privé et non l’essence d’un individu.

En gros, pour résumer mon idée du truc : si c’est minable de dire « les nains sont des ordures », parce qu’ils n’ont pas choisi d’avoir la taille de notre président à nous qu’on a, dire « ceux qui votent Sarko sont des abrutis » est acceptable : on critique un choix, a priori fait par des individus responsables puisque doués du droit de vote. La religion est un choix personnel, qu’on a le droit de renier même si on a été élevé dedans, donc criticable à loisirs — même si je ne dirai jamais que les Musulmans, les Chrétiens, les Témoins de Jéovah ou les Hare Krishna sont des cons, parce que, comme pour les électeurs de Sarkozy, il y en a de très bien et de très nuls en proportions assez équitables.

Le film est donc un docu important pour l’Histoire, même si l’on ne peut s’empêcher d’être un peu étonné de le voir en salles. Car c’est typiquement le genre de truc qu’on peut d’habitude voir sur France 5 un soir où on se trompe de chaîne où ça parle d’un sujet qui nous intéresse.

Il n’est cependant pas sans faiblesse, et si certains passages assez humoristiques méritent vraiment le détour, on souffre également de quelques longueurs excessives. On peut par ailleurs lui reprocher le manque de mise en perspective : c’est un docu aride, dans le sens où il se contente de montrer une réalité (je ne dis pas «  la réalité », notez bien), en laissant le boulot d’analyse au spectateur.

Mais c’est là qu’on peut en tirer des réflexions intéressantes.

Pour ma part, j’ai brusquement compris un truc essentiel de… Harry Potter. Vous savez peut-être que Joanne Rowling a été inscrite sur la liste des livres pas bien pour son œuvre d’incitation à la sorcellerie et à la rébellion contre l’autorité, et que toute sa réaction a été d’exprimer sa fierté de se retrouver sur la même liste que Salman Rushdie.

Pour bien saisir le truc, je vous renvoie à Le prisonnier d’Azkaban, troisième tome de Harry Potter, correctement adapté au cinoche par Alfonso Cuarón (je précise pour ceux qui trouvent fatiguant d’ouvrir un truc en papier). On y découvre, entre autres, l’épouvantard, une bestiole polymorphe qui prend systématiquement la forme de ce qui pourra le mieux vous effrayer. Il existe un sortilège pour s’en débarrasser mais, comme l’explique le meilleur prof de Défense de l’histoire de Poudlard, « ce qui fait fuir un épouvantard est le rire ».

C’est exactement ce que fait (ou faisait, c’est pas très clair cette histoire avec Siné ?) Charlie. Les intégristes nous font peur ? Moquons les intégristes, vilipendons-les, faisons marrer le monde avec eux. Les politiciens véreux nous font peur ? Faisons-leur une grimace ignoble pour dédramatiser la situation. Et avec un peu de bol, soit on les décoincera (hypothèse utopiste) et ils arrêteront leurs conneries, soit (hypothèse plus raisonnable) les gens arriveront à relativiser leur pouvoir et à ne plus se laisser terroriser.

Jusqu’ici, je n’avais pas vraiment réfléchi à pourquoi j’aimais me moquer de Nabotléon Ier, directeur actuel de notre présipauté. Je me disais vaguement que c’était une histoire de plaisir de transgression : se moquer des puissants pour oublier qu’ils sont puissants. Mais en fait, c’est un peu plus poussé que ça : s’en moquer réduit leur importance. La vérité, c’est que Sarko me terrifie au moins autant que Ben Laden, parce que celui-ci peut au pire massacrer quelques milliers de bonshommes, détruire des immeubles, des villes mêmes, tandis que celui-là a le pouvoir réel et complet de faire de notre vie ce qu’il veut, en supprimant les aides sociales, en ordonnant une mobilisation, en se tricotant des lois sur mesures (des petites lois, donc) puisqu’il a un parlement à sa botte et une opposition trop occupée à savoir qui est la plus belle*, ou en prenant tout simplement le pouvoir. Je n’exagère même pas, voyez l’article 16 de notre Constitution sur les pouvoirs exceptionnels conférés au Président pour prendre les mesures exigées par les circonstances.

Me moquer de notre président et de ses alter ego de gauche comme de droite, c’est une façon de désarmer la terreur, et c’est essentiel à mon équilibre psychique (enfin, ce qui en tient lieu).

L’autre aspect très intéressant du film, c’est que si Leconte n’a pas pu pénétrer dans l’enceinte du procès (les autorisations à filmer un procès se comptent sur les doigts d’une main tout au long de l’histoire, et Depardon a déjà rempli le quota pour cette décennie avec Xè chambre, instants d’audience), il a beaucoup traîné dans la salle des pas perdus. L’endroit où l’on voit les excités de tous bords s’invectiver et se balancer des horreurs à la figure parce que aucun ne veut faire l’effort de réfléchir à son propre ressenti, ou tout simplement d’éviter de gueuler et de répéter vingt fois la même chose.

C’est absolument pathétique, et tout ce qu’ils arrivent à faire, c’est à ridiculiser leur propre parti, de même d’ailleurs que les terroristes de tout bord qui luttent « pour la cause de [nos] frères » ne font rien sinon entraîner les cons à les amalgamer à tout un tas de gens bien et donc encouragent le racisme dont ils disent souffrir.

L’autre truc qui m’a marqué, outre la présence très… présente de Caroline Fourest, c’est à quel point Dalil Boubakeur présente un visage différent quand il est peu ou prou en privé (grosso modo, un type ouvert et posé, qui discute calmement et cherche à comprendre et expliquer) ou plutôt en public (le film reprend notamment son intervention avec Val au 13 heures de France 2, qui avait dégénéré en double monologue incompréhensible de part et d’autre et n’avait à mon sens grandi ni la mosquée de Paris, ni Charlie hebdo).

Au final, le film est intéressant plus qu’enthousiasmant, remplit le contrat, forme un document à conserver précieusement sur des événements qui pourraient se révéler très importants, manque un poil de profondeur de temps à autres, mais mérite d’être vu.

* Avant que la communauté homosexuelle ne vienne m’accuser d’homophobie pour cet adjectif féminin appliqué d’une part logiquement à Ségolène Royal, d’autre part plus ironiquement à Bertrand Delanoë, je précise que ces deux-là et les restes des autres dirigeants du parti auto-proclamé socialiste me terrifient aussi par leur capacité à détruire durablement toute opposition crédible au gouvernement actuel, démontrée jour après jour depuis l’éviction de Lionel Jospin de la liste des candidats à la présidence. Il ne faut donc rien y voir de plus méchant envers les homosexuels qu’envers les personnes de moins d’un mètre quatre-vingts lorsque je raille la taille de notre hyperactif dont la tête sent les pieds tellement qu’il est grand.

15 septembre 2008

The chronicles of Narnia

herisson26 à 20:45 — Filed under: BouquinsPas de commentaire

de Clive Lewis, 1950–1956, ***

Le premier jour, au début du XXè siècle, Digory et Polly utilisent les anneaux trouvés chez leur oncle magicien — une grande personnes qui, comme toutes les grandes personnes qui se mêlent de magie, n’a aucune idée de ce qu’il fait. Ils traversent le bois entre les mondes, puis arrivent à Narnia, où Aslan est occupé à ajouter les choses nécessaires — et il faut de tout pour faire un monde. Ils arrivent aussi à Charn, monde détruit où seule subsiste la reine Jadis, qu’ils amènent à Narnia et qui y régnera mille ans.

Mille ans plus tard, donc, en pleine bataille d’Angleterre, les quatre Pevensie (Peter, Susan, Edmund et Lucy) débarquent accidentellement par le fond d’une penderie. Ils mettent fin au règne de Jadis et prennent le trône. Ils reviennent un autre millénaire après, en pleine Seconde guerre mondiale, et portent secours au prince Caspian, héritier du trône, pour renverser son usurpateur d’oncle.

Quelques années passent sur Narnia, on est toujours en pleine guerre chez nous, et les deux plus jeunes Pevensie et leur cousin Eustace sont aspirés à travers une marine et arrivent sur le bateau de Caspian, parti explorer la mer et retrouver les nobles chassés par son oncle. À la génération suivante, la guerre n’est toujours pas finie, et Eustace retourne sur Narnia en passant une porte avec Jill, et ils vont retrouver le fils de Caspian, héritier du trône enlevé par une sorcière.

Enfin, les Alliés ont vaincu l’Axe, il s’est écoulé deux cents ans, et Eustace et Jill reviennent à Narnia pour aider le dernier roi, dans un monde désormais gouverné par des envahisseurs du Sud avec complicité d’un singe et d’un faux Aslan.

En sept tomes, Clive Lewis nous fait l’histoire d’un monde, de la genèse à l’apocalypse. Il obéit à quelques passages obligés, comme le sacrifice du représentant de Dieu sur Terre pour sauver une âme perdue, l’arrivée de faux dieux et de la mécroyance, le passage d’un antéchrist, tout ça. Ceci étant, le côté religieux des Chronicles of Narnia n’est pas aussi terrible que ce à quoi je m’attendais après en avoir entendu parler : okay, Aslan est à la fois Dieu et Jésus, okay, on retrouve pas mal de bases divines en particulier dans The last battle, mais franchement, ça passe. Et si c’est moi qui le dis, c’est que ceux qui en font une critique majeure de la série sont vraiment des chieurs.

D’un autre côté, une des grandes richesses des bouquins vient des bestioles, qui parlent et pensent mais conservent un caractère très animal — au contraire de ce qui se passe dans Yakari, où elles ont des caractères plus humains. Ainsi, un chien a beau parler, il demeure un quadrupède susceptible de chasser sa queue ou de s’étouffer en essayant de mordre une chute d’eau, et il conserve son caractère très fidèle.

Ce qui m’a un peu dérangé, en revanche, c’est l’opposition systématique entre Narnia, au Nord, plein de gens formidables blonds à la peau clairs, de justice et de bonté, et Calormen, au Sud, plein de basanés bruns, de traitrise, de prétention et de sacrifices humains. Je sais pas pourquoi, j’ai pas pu m’empêcher d’y voir une légère trace de racisme, même si au moins deux personnages de Calormen sont plutôt bons (Aravis, future reine de Narnia, est très sympa malgré son caractère imbuvable, et Emeth, envahisseur de son état, est droit, franc et allergique à la traitrise).

Et ce qui m’a un peu mis hors de moi, en particulier dans The silver chair, c’est la façon dont l’auteur tourne systématiquement en ridicule toute école qui aurait des velléités de ne pas torturer ses élèves. Autant je suis le premier à penser qu’on a peut-être été un peu loin dans l’autre sens, autant là, Clive campe sur des positions rétrogrades même dans les années 50 — et ça colle assez bien avec la façon dont, à Narnia, on reconnaît les nobles à la pureté de leur sang et tout va forcément bien tant que la lignée de souverains de droit divin est là.

L’autre truc qui m’a un peu gêné, c’est le traitement très puéril de ces histoires. Bien sûr, Clive souhaitait écrire pour les enfants, mais était-il nécessaire de leur faire la morale et de leur expliquer les choses en permanence ? « C’était ce qu’il fallait faire, mais ça, vous le savez bien si vous n’allez pas dans ces terribles écoles de maintenant », c’est un peu la ritournelle qui gâche une bonne part des bouquins. On est ici très très loin des Harry Potter, qui évitent soigneusement de juger les personnes et d’en appeler au lecteur.

Dans ces conditions, ce n’est sans doute pas un hasard si ce sont les deux tomes qui sortent le plus de la lignée qui m’ont le plus plu.

The horse and his boy, qui sort presque totalement de la chronologie narnianne — tout au plus Susan a-t-elle un rôle et un âge qui nous disent que ça se passe une poignée d’années après The lion, the witch and the wardrobe. C’est l’histoire de Shasta, enfant trouvé qui, vendu par son père adoptif à un étranger, fuit sur le cheval de celui-ci. Ce cheval, Bree, est en fait un Narnian, qui rêve depuis longtemps de suivre son rêve — « Narnia and the North » — et retrouver les prairies de ses ancêtres. Leur route croise celle d’Aravis et Hwin, respectivement jeune fille calormene et jument narnianne.

Toute l’histoire repose, outre un rythme soigné et des aventures haletantes, sur l’évolution des personnages. Bree, qui a développé un complexe de supériorité à force d’être le seul cheval parlant, va apprendre peu à peu à fermer sa grande gueule ; Aravis, fière et autoritaire, s’adoucit et finit par penser à quelqu’un d’autre qu’elle-même de temps en temps. Au final, Aravis vole franchement la vedette à Shasta, qui au fait est héritier du trône Narnian, et c’est elle qui me vient immédiatement à l’esprit pour contredire ceux qui trouvent que The chronicles of Narnia est une œuvre misogyne — avec, bien sûr, Jill et Susan, qui se révèlent implacables dans la bataille et sympathiques en-dehors.

L’autre tome qui m’a plu, c’est The voyage of the Dawn Treader, qui ne se déroule pas à Narnia mais sur la mer à l’Est. Là encore, c’est l’évolution d’Eustace qui qui est plaisante à suivre : enfant capricieux et égoïste, à la limite de l’autisme, il finit par s’ouvrir à autre chose — et apprend de la manière forte en se faisant transformer en dragon, expérience qui n’a rien d’agréable, et qui amusera beaucoup le lecteur. L’attribution de son caractère de merde à une école expérimentale qui a oublié les coups de canne sur les doigts est en revanche assez énervante.

Pour le reste, on est un peu trop ce qu’on naît. C’est valable pour la plupart des personnages, qui reprennent à l’identique qualités et défauts de leurs parents. Du coup, la narration est généralement centrée sur les événements, un reproche qui fera sourire certains dans ma bouche mais si, si, je suis d’accord avec vous, c’est pas bien même quand c’est moi qui écris.

Reste une série de bouquins assez sympas, dans l’ensemble plutôt amusants, à l’humour parfois presque fin, souvent un peu simple mais fonctionnel, et bourrés d’action. Et le monde de Narnia est suffisamment original pour que les quelques défauts passent sans problème.

Dans l’ordre chronologique :

The magician’s nephew, 1955, **

The lion, the witch and the wardrobe, 1950, ***

The horse and his boy, 1954, ****

Prince Caspian, 1951, ***

The voyage of the Dawn Treader, 1952, ****

The silver chair, 1953, ***

The last battle, 1956, **

14 septembre 2008

Scrubs

herisson26 à 23:04 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Bill Lawrence, depuis 2001, ****

Attention, première critique d’une série télé. Ça a valu une réorganisation des rubriques, « Cinéma » devenant « Cinéma et télé » et les noms des sous-rubriques (« films **** », « films O » etc…) étant remplacés par des intitulés plus évocateurs — me suis un peu creusé la tête pour que ça tombe dans l’ordre alphabétique, histoire que ça s’affiche dans un ordre logique dans la liste ci-contre.

Scrubs, donc. Une série loufoque, comédie américaine, apparue en 2001 et toujours produite à l’heure actuelle. Des épisodes de vingt-deux minutes, c’est donc court et nerveux.

Comment la définir ? Je sais pas. Imaginez que Malcolm grandisse et débarques aux Urgences, et vous pourrez avoir une idée du truc. Le point de départ, c’est l’arrivée de John « JD » Dorian, Eliott Reid et Chritopher Turk, tout frais internes en médecine et chirurgie, à l’hôpital du Sacré-Cœur. Celui-ci est tenu par le docteur Kelso, vieillard sadique, misogyne et caractériel, tandis que les internes sont supervisés par Perry Cox, autoritaire, misanthrope et atteint de logorrhée méprisante.

JD est narrateur de l’histoire, ce qui n’est pas sans rappeler les appartés de Malcolm, avec tout de même une petite différence : ici, JD ne s’adresse pas au spectateur, mais à lui-même, et la vie continue pendant ce temps. En fait, il a une tendance quasiment pathologique à se déconnecter du monde réel pour écouter sa petite voie intérieure scénariser sa vie, au point que les autres personnages finissent par en faire un sujet de conversation (« arrête un peu de te parler : faut que je te parle »).

Turk, son meilleur ami et colocataire noir depuis le lycée, rencontre rapidement Carla, infirmière latine au tempérament latin — caractérielle et autoritaire, quoi. Dernier personnage présent systématiquement : le type sans nom, concierge de son état, taxidermiste d’écureuils à ses moments perdus, frustré et misanthrope en permanence, qui découvre rapidement en JD sa tête de turc favorite. Passe également Jordan, ex-femme de Cox, nymphomane, misandre et, devinez quoi ? Caractérielle, bravo le type au fond.

Il va donc s’agir pour nos trois internes de survivre à un univers hostile, tout en cherchant à satisfaire leur libido et à devenir de respectables docteurs.

Okay, c’est loufoque, nul et exagéré. Enfin, j’espère. Mais curieusement, c’est une petite série très accrochante. Peut-être parce qu’elle alterne, y compris dans la réalisation et la direction d’acteurs, le pire et le meilleur : loufoqueries parodiques sont volontairement archi-surjouées (sauf le bref passage de Brendan Fraser, même pas capable de surjouer quand il le faut) avec des effets terriblement appuyés ; mais dans le même temps, certaines séquences vraiment sérieuses et réellement émouvantes reviennent à une sobriété de bon aloi.

Peut-être aussi, justement, par cette alternance de passages dramatiques interrogeant sur le sens de la vie, de l’univers et de tout ce qui existe, comme celui où un personnage doit gérer d’avoir tué trois patients en une journée ou la longue valse-hésitation qui précède le mariage, et du pur gag sans aucune autre intention que de faire rire, comme le concierge installant une baignoire sur le toit ou le passage de Michael Fox en génie gentil mais bourré de TOC. Là, je comparerais au Prince de Bel-Air, série qui abordait régulièrement et non sans finesse des thèmes comme le racisme ou la société de consommation.

Peut-être enfin par la musique comme thème, pas systématiquement imposée comme dans un Star wars, mais manifestement appréciée par les auteurs : s’ils ont l’occasion de nous passer un petit clin d’œil à Simon&Garfunkel ou Cat Stevens, ils ne s’en privent pas — un certain nombre de zicos font d’ailleurs des apparitions, tandis que certains acteurs sortent de comédies musicales.

Scrubs ne se contente donc pas de distraire et de faire marrer, mais égratigne au passage les sociétés bien-pensantes, prenant les convenances à contre-pied, et peut parfois faire réfléchir.

Ainsi, à ceux qui se demanderaient pourquoi j’ai une case en moins : JD explique à un moment que ses parents attendaient une fille et l’avaient appelé Joanna jusqu’à ses trois ans. Mes parents à moi n’ont de leur côté envisagé de me donner un prénom masculin qu’au soir de ma naissance, après m’avoir appelé Anaïs pendant sept ou huit mois…

Ceci étant, comme je n’ai vu que les cinq premières saisons, je ne peux pas juger de l’ensemble de la série. La saison 5 se termine sur une pirouette assez terrifiante (un « cliffhanger », on appelle ça quand on est féru de télé et anglophone pratiquant) qui peut présager toute sorte de bouleversements à venir. Argh. Faut que je trouve la saison 6.

13 septembre 2008

La blague du jour

herisson26 à 20:06 — Filed under: Air du temps,InsolitePas de commentaire

Le chef d’État du Vatican, devant 250 000 personnes venues spécialement pour lui et seulement lui, met en garde contre l’idolâtrie.

Je sais pas vous, mais moi, je suis mort de rire.

Pour tout dire : ça me fait presque oublier qu’après Khadafi, c’est le deuxième dictateur que notre gouvernement reçoit en grandes pompes en à peine plus d’un an.

Charonne, semaine 2

herisson26 à 18:03 — Filed under: En vracPas de commentaire

Après un week-end sans histoire, c’était très intéressant lundi. Renaud et moi nous sommes téléportés jusqu’à la Seine Saint-Denis pour prendre en mains, la veille de sa naissance officielle, un Alpha 900. Ça a donné deux présentations, l’une sur Focus, l’autre sur Lesnums, Renaud s’intéressant surtout aux détails techniques de cet appareil très intéressant (susceptible pour certains usages de bouffer le truc à 7000 € de chez Canon, il coûtera le prix d’un D700), tandis que j’essayais d’en extraire la substantifique moëlle — mais vous me connaissez : je sais pas dire « bonjour » en moins de 82 mots…

Le vrai week-end, mercredi et jeudi quoi, j’ai monté une penderie (j’avais oublié comme c’était bon de visser 64 vis au tournevis : promis, la prochaine fois je m’offre une visseuse) histoire de pouvoir ranger une ou deux choses. Et puis il y eut les inévitables séances cinoche, avec cette semaine :

Max la menace, de Peter Segal, une parodie de James Bond qui se permet tout de même quelques incursions dans l’héroïque normal. J’irai pas jusqu’à dire que c’est grandiose ou génial, mais ça se laisse regarder ; l’ensemble est très prévisible mais quelques gags fonctionnent, et mieux vaut voir ça que…

Manipulation, de Marcel Langenegger, un thriller molasson qui se prend vaguement et très ponctuellement pour Fight club mais finit beaucoup plus banalement, avec un semi-retournement final qui fait partie des figures imposées du genre et que le cinéaste n’a pas jugé utile de revisiter à sa sauce, comme un Bryan Singer a pu le faire il y a 13 ans.

J’ai par ailleurs utilisé ma télé pour revoir My girl, que je n’avais pas visionné depuis l’âge de… 14, 15 ans, par là ?, et dont j’avais oublié à quel point il y avait là-dedans une certaine finesse — je ne parle pas seulement des acteurs, étonnamment sobres surtout quand on pense qu’on a réuni Dan Aykroyd (vous vous rappelez S.O.S. fantômes ?) et Macaulay Culkin (héros hyperactif du sublime Maman j’ai raté l’avion, le film qui donne envie de tuer des enfants), mais aussi du scénario finalement pas si superficiel que ça. On devrait peut-être le repasser à certains parents…

La nuit de jeudi à vendredi fut courte : nous savions par ouï-dire que le site japonais de Panasonic devait présenter un nouveau truc. Et le Japon, pour ceux qui l’ignorent, a sept heures de décalage avec nous, voilà, c’est dit. Donc, au boulot avant l’aube pour vérifier, trier, et faire nos dépêches sur le Panasonic G1, premier appareil micro-quatre-tiers. Puis dodo. Puis re-debout pour s’apercevoir que le site français de Panasonic avait à son tour été mis à jour, d’où modification de la dépêche, puis plantage de mon modem adoré en pleine mise à jour…

Du coup, ç‘a été un peu la course pour arriver au bureau en nage une grosse demi-heure plus tard, brancher mon ordinateur et finir ma modification d’article.

Le soir, je vais à la boutique Numericable. Il y a dedans plus de monde que je n’en ai jamais vu dans une boutique de télécoms, et un coup d’œil me confirme l’intuition : c’est pas ma ligne, c’est tout le secteur qui a sauté. Car Numéricable, confiant en ses forces, équipe lui-même ses magasins sur le même réseau que les particuliers : du coup, leurs écrans étaient morts et eux-mêmes n’avaient aucun accès à Internet.

Ayant obtenu l’assurance que ça reviendrait dans la nuit, je suis rentré chez moi me faire quelques épisodes de Scrubs. Entre deux sommeils à 4 h du matin, j’ai constaté que mon modem affichait de nouveau deux vertes et que donc, j’allais pouvoir bosser sans me rendre tout seul dans un bureau pour 10 à une demi-heure de métro et un quart d’heure de marche.

Depuis, il a replanté deux fois cinq minutes, juste le temps que je me demande sérieusement si j’allais filer jusqu’à un cyber-café pour expédier les tâches en cours. Ce qui me rassure, c’est que je sais que Numéricable est logé à la même enseigne.

9 septembre 2008

Les bronzés 3 amis pour la vie

herisson26 à 22:56 — Filed under: Cinéma et télé,terriblePas de commentaire

de Patrice Leconte, 2005, *

Premier tiers : parodie de Les bronzés, de Partice Leconte (1978, ***), lui-même parodie du Club Méditerranée, de Gilbert Trigano, sorte de parodie de vacances.

Deuxième tiers : parodie de Scream 3, de Wes Craven (2000, **), lui-même parodie de films d’horreur, eux-mêmes parodies de cinéma.

Dernier tiers : parodie de vaudeville, genre théâtral parodiant ouvertement le drame romantique (Ruy Blas, de Victor Hugo [1838, ****], bande d’ignares), qui lui-même parodiait discrètement la tragédie romantique.

Total : en-dehors des inventions capillaires de Jean-Claude Dusse, on s’ennuie ferme : la parodie au deuxième degré, c’est souvent un peu indigeste, mais quand on est systématiquement au troisième degré, ça devient franchement lourd. On sourit vaguement deux fois et on n’arrive même pas à être vraiment énervé par ce superbe naveton.

NB : j’ai particulièrement apprécié la deuxième partie, à côté de laquelle Mais qui a tué Pamela Rose ? ressemble à du Melville (Hermann ou Jean-Pierre, ça marche dans les deux cas).

5 septembre 2008

Charonne, semaine 1

herisson26 à 21:25 — Filed under: En vracPas de commentaire

Oui, changement de titre. Parce que quand on habite là :

on a un peu de mal à se dire qu’on est à Paris.

Ceux qui suivent l’auront compris : la grosse actualité, c’est le déménagement. Fini vendredi, reste maintenant à aménager — ça manque encore un peu de rangements, même si je viens de finir de monter ma première bibliothèque Pas-Ikea-Mais-Tout-Comme.

Professionnellement, j’ai la chance d’avoir un chef de rubrique qui pense à moi : il me trouve des occupations même pour le week-end. Mercredi matin, c’était conférence de presse chez Nikon, qui avait invité un public étonnamment large, et en a donc profité pour se présenter en long, en large et en travers. Deux heures de bilans financiers plus tard, on a enfin pu prendre en mains les dernières nouveautés. J’ai donc fait ma toute première vidéo avec un reflex, avec à la clef un soulagement inattendu : ça marche, ça marche pas mal, et il est vraiment possible de faire une mise au point manuelle sur l’écran, qui est très bien défini.

Hier, donc toujours pendant mon week-end, le grand m’a envoyé chez Olympus, qui présentait ses compacts et son bridge sur une péniche. C’était l’exact contraire de Nikon : on a commencé par tripoter les appareils pendant une bonne demi-heure, puis la conférence proprement dite s’est conclue en… 15 minutes chrono. Le temps de présenter leur dernière star, qui a une fonction assez inédite : c’est un appareil qui se pilote comme un dragon. (Pour piloter un dragon, c’est simple : on tape du côté où on veut pas aller. Merci Arleston.) Donc, en mode prise de vues, on peut activer le flash ou la compensation des contre-jours, et en mode lecture, on navigue dans les images en foutant des baffes à l’appareil.

Un peu déroutant à première vue, on y prend vite goût, et ça défoule bien. ^_^ L’intérêt est assez simple : avec l’accroissement des écrans, les boutons sont rejetés dans l’angle et miniaturisés au point d’être inutilisables avec des gants. Dommage pour un appareil dont un argument de vente est de résister à –10 °C…

Mais même avec des gants de ski (Olympus avait prévu des animations comme de récupérer un appareil dans la glace ou au fond d’un aquarium), il est possible de lui mettre des baffes. Et ça ne fait pas peur à l’appareil : prévu pour résister à des chutes d’un mètre cinquante, il s’est avéré beaucoup plus résistant lorsque l’on nous a proposé d’en jeter un sur un type habillé en joueur de football américain qui devait l’attraper. Ce malheureux exemplaire s’est pris des gadins monstrueux, s’est mangé le mur jeté à pleine force par des journalistes, et fonctionnait encore en fin de soirée. Renseignement pris, il ne devrait cependant pas être mis en vente. ^_^

Pour le reste, l’ambiance était très bien, détendue, amicale, la nourriture était excellente et ça bavardait joyeusement dans tous les coins, et le tenancier de la péniche m’a expliqué que c’était une assez bonne surprise pour lui : c’était la première fois qu’il hébergeait une conférence de fabriquant d’appareils photo, et apparemment ça ne s’était pas du tout fini de la même manière lorsqu’il avait reçu une conférence de présentation de bière au cactus…

Rien à voir, mais faut en parler : l’inévitable rubrique cinoche passera sous silence The clone wars, déjà démoli par ailleurs. Elle se contentera donc de Inju, de Barbet Schroeder. Un excellent thriller, bien construit, superbement mené, magnifiquement photographié, qui hélas se contente d’être un excellent thriller. Magimel y excelle, et on adore voir son personnage se faire manipuler de bout en bout, tandis que Lika Minamoto est à la fois sublime et convaincante. Tout est là pour passer un excellent moment, pas tout à fait au niveau d’un The usual suspects, mais demeurant un passage indispensable à tout amateur de frissons angoissants.

Sinon, cette semaine s’est également terminé le défi à la con de Ghusse. Si si, souvenez-vous, je vous en ai déjà parlé ici même. J’en garde un sentiment assez mitigé : d’un côté, j’ai tenu jusqu’au bout et bien pondu une photo par jour pendant un mois, ce qui était le sujet du défi. De l’autre, je n’ai pas atteint tous mes objectifs, avec deux échecs partiels :

  • six de mes trente-et-une photos sont « hors sujet » : j’espérais faire une série complète, mais il m’est arrivé bien trop souvent de ne pas trouver le temps ou l’énergie de mener le principe de cette série à son terme.  Trop ambitieux ? Peut-être. Mais je repense au docteur de Saint Quentin expliquant à Hoel que « en créant une loi plus dure que celle des geôliers, ces malheureux s’imaginent être libres » (cité de mémoire, mes excuses à François Bourgeon) : je ne suis pas le seul à avoir rajouté des contraintes à celle posée par Ghusse, ni sans doute à avoir eu du mal à les respecter à 100 % ;
  • plus généralement, le niveau de qualité atteint dans mon cas est assez décevant. On reconnaît bien les photos prises avec une journée à tuer, une idée précise et une mise en œuvre complète (ici, ici ou ici par exemple) et celles prises en fin de journée, en vitesse, parce qu’il fallait la faire (celle-ci en est une terrible illustration).

Cependant, d’autres ont mieux composé avec leurs propres idées et sont arrivés à un niveau de qualité beaucoup plus constant. Félicitations à eux.

4 septembre 2008

The clone wars

herisson26 à 9:58 — Filed under: Cinéma et télé,terriblePas de commentaire

de Dave Filoni, 2008,*

Entre L’attaque des clones et La revanche des Siths, il s’est passé des choses. La future défunte république est en guerre contre Dooku, tout ça, et tous les coups sont permis, la guerre, c’est sale. Y compris capturer une limace de dix kilos pour s’attirer les grâces d’une limace de trois tonnes. Du coup, un lot de Jedi doit retrouver la larve pour la rendre à son pôpa et pouvoir utiliser les routes du territoire des Hutt.

Premier truc qu’on remarque : on s’habitue vite aux nouveaux standards de films d’animation, fixés par des Wall.E ou autres. Du coup, The clone wars paraît terriblement vieillot, tout en tentant de faire moderne. On voit bien que l’intention du réalisateur était d’aller au-delà du simple dessin animé (« simple dessin animé », c’est pas une critique : j’y classe quelques chefs-d’œuvre immortels de Miyazaki notamment), mais il est à cent lieues du graphisme des Shrek ou Kung-fu panda par exemple. Du coup, c’est un échec graphique.

Deuxième truc, beaucoup plus gênant : George Lucas n’a jamais été réputé pour la complexité et la profondeur de ses personnages (à part peut-être dans La revanche des Siths), mais là, on bat des records. On n’aura même pas une vague scène que l’on pourrait simplement qualifier d’humaine — style le fameux passage du « I’m a pilot, you know » de La menace fantôme, qui nous montre une Amidala sympa qu’on ne reverra plus jusqu’à sa mort, sorry Nat –, et tout le sujet est épouvantablement prévisible de A à Z.

En fait, on est à 100% dans un dessin animé écrit pas un fanboy. On tente d’ajouter une lichette d’humour qui tombe souvent à plat, essentiellement basé sur les sales caractères d’Anakin et Ahsoka, qui n’est rien d’autre qu’une Anakin au féminin. On met beaucoup d’action avec toute la finesse d’un enfant de huit ans jouant avec ses Playmobil. Mais attention, quand on dit que la guerre, c’est sale, on signifie qu’on en vient à enlever des limaces, on ne veut pas parler de tripes éparpillées sur dix mètres carrés ou de gens qui meurent. Parce que là, même au sabre, on ne fera saigner personne, pas même on décoiffera qui que ce soit.

Mais la plus grande déception, c’est peut-être l’absence totale de l’univers La guerre des étoiles, qui était à mon sens le gros centre d’intérêt des films — en particulier La menace fantôme, où c’est tout une planète qui apparaissait avec pas mal de détails. Ici, Tatooine n’est ni plus ni moins qu’un bout d’erg avec des Jedi qui marchent et un robot qui roule au milieu, où même Jabba est bien propre et nettoyé. On ne trouve pas non plus un survol, même lointain, du sénat galactique ou de la politique de la république, réduits à une Amidala qui fonce sans réfléchir.

Bref, c’est terriblement vide et, à part quelques piques d’Ahsoka qui fonctionnent, il n’y a rien à sauver de ce bourbier immonde, dépourvu d’imagination, dépourvu d’émotion, dépourvu même de belles images.

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