28 août 2008

Paris, semaine 12

herisson26 à 22:17 — Filed under: En vracPas de commentaire

Professionnellement, la semaine a été très intéressante : d’abord, j’ai rencontré Nilo, la collègue qui bosse avec Renaud sur la photo pour LesNums. Grosso modo, on se croisait depuis mon arrivée ici sans se voir : en fait, elle est en alternance et n’est donc pas toujours au bureau.

Mardi, c’était la longue et double conférence de presse où Canon nous a présenté son EOS 50D. Ils ne nous ont pas refait le coup du 1000D (le lever à 5 h 30 pour découvrir un produit hum, comment dire ? Ouais, dans le doute, je vais m’abstenir, là) : on a eu la documentation lundi vers 15 h. Du coup, resté au boulot lundi jusqu’à 19 h 30 pour digérer les communiqués et programmer les articles, mais pu dormir à peu près normalement. Mardi, 7 h 45, place des Vosges, on nous présente le bestiau, et on sait tout de suite qu’on va devoir corriger nos actus : en fait, il remplace pas le 40D, oups. La prise en mains se déroule bien, dans une ambiance confinée mais détendue — grosso modo, c’est le noyau dur des journalistes photo qui a été convié, moi, je me suis juste trouvé une place grâce à mon chef de rubrique préféré.

À 9 h 30, c’était la conférence généraliste, qui présentait toutes les nouveautés Canon (un reflex, trois compacts, quelques camescopes et ∞-1 imprimantes), avec des médias beaucoup plus variés et une mise en scène beaucoup plus… mise en scène (si vous connaissez mon goût pour la sobriété sur ce plan, vous saurez ce que j’en pense).

Mercredi, donc hier, j’étais pas censé bosser. Du coup, j’ai dormi normalement pendant que Renaud découvrait le D90, premier reflex avec fonction vidéo, secteur qu’aucun de nous n’aurait imaginé défriché par Nikon jusqu’à il y a deux semaines.

En fin de matinée, c’était une non-conférence de presse, à laquelle j’ai suivi Renaud parce que sans savoir exactement ce qui allait être présenté, on s’attendait à du lourd. Et aussi pour rencontrer quelqu’un avec qui je discutais sur Internet depuis quelque temps, et qui m’a accueilli en me qualifiant de « garçon très bien, mais mal accompagné ».

Grosso modo, si je dis ce que j’y ai vu, un groupe de ninja va venir spécialement du Japon pour découper en rondelles les gens qui nous ont invités, donc je m’abstiendrai (ils ont l’air sympa, même si, entre Renaud qui culmine à peu près à deux mètres et notre hôte qui fait un bon mètre nonante, j’ai brutalement découvert que j’étais très, très petit). Tout ce que je peux dire, c’est que la Kina s’annonce bien pour les pins ; le reste, au terme du contrat que j’ai signé, j’ai même pas le droit d’en parler à mon rédac-chef sans nécessité absolue.

Là aussi, l’ambiance était très détendue, on a causé boutique, commerce, technique, y’avait vraiment de tout, et j’ai maintenant une idée un peu plus précise de ce qu’est un « working sample » — l’équivalent en matériel photo d’une version « alpha 1″ d’un logiciel.

Le problème, c’est que les gens sympa, ça bavarde. Du coup, je suis arrivé avec cinq minutes de retard et zéro repas à mon rencart pour signer le bail et récupérer les clefs de mon nouveau chez-moi. Il faut donc maintenant que je pense à dire aux gens qui existent que je change d’adresse.

Je suis au fond d’une arrière-cour, donc relativement protégé des bruits de rue et isolé de Paris. Pour ce que j’ai vu, le soir, y’a des gens qui sortent leur chaise longue devant chez eux, et c’est pas place de la Concorde qu’on verrait ça.

À faire des allers-retours pour déménager mes affaires (je finis demain soir), je suis passé plein de fois par le changement entre les lignes 2 et 6, à leur terminus commun à Nation. Jusqu’ici, j’y passais deux fois par semaine, le jour où j’allais au bureau, et j’arrivais juste à râler parce que j’arrivais pas à enregistrer dans quel sens partent les trains de la 6 (Nation-Étoile par Montparnasse, ou « circulaire sud » si vous préférez). Là, j’ai compris, et Internet m’a permis de confirmer : le terminus de la ligne 6 est une boucle, ce qui n’est pas très étonnant en soi, mais particulière en ceci qu’une partie de la boucle sert à stocker les rames d’appoint. Donc, aux heures creuses, le départ de la boucle est bourré de voitures arrêtées et les trains qui roulent rebroussent chemin ; aux heures pleines, toute la boucle est libre et les trains font le tour complet.

Après quelque temps de réflexion, en fin de matinée, je suis aussi passé chez Numericable. D’une part, c’est moins cher (19,90 euros par mois, vu que télévision et téléphone ne m’intéressent pas) ; d’autre part, et surtout, il n’y a pas besoin qu’un technicien vienne brancher la ligne téléphonique, laquelle est perdue puisqu’inutilisée depuis plus de trois mois. Je suis donc parti de la boutique avec mon modem sous le bras et, si la vendeuse n’avait pas oublié de me filer un câble coaxial (je ne m’en étais pas inquiété, supposant qu’il était dans la boîte du modem), j’aurais pu profiter d’internet à midi. Cet après-midi, j’ai donc testé la ligne ; je suis loin des 100 Mbps dont certains profitent, mais je suis entre 20 et 30 Mbps, ce qui est déjà pas mal…

Et j’ai au passage découvert l’interface de gestion du modem qu’ils fournissent, et j’ai brutalement eu la confirmation douloureuse que le système de réglage des Freebox est archi-pourrave. Le modem intègre son propre serveur web (sans doute Apache, vu qu’il y a un carton expliquant la licence GPL dans la boîte), et se règle très facilement par là, en local. On ressent beaucoup plus vivement l’absurdité du système Free, où l’on règle son modem sur son compte perso, puis où l’on doit à chaque fois le redémarrer (débrancher/rebrancher, il n’y a pas de bouton pour le faire !) pour qu’il aille chercher ses paramètres sur le serveur…

Côté ciné, la semaine a été calme : deux films seulement. Dimanche, j’ai eu du temps dans l’après-midi et j’en ai profité pour aller flâner dans le parc de Bercy, photographier des canards, tout ça. Après, j’ai filé à l’UGC sans idée préconçue, et j’ai été voir le premier film qui passait : c’était La tombe de l’empereur dragon, troisième volet de la trilogie La momie (euh, on me dit que ce n’est pas une trilogie, mais juste une série en cours. Dommage, je trouvais que trois, c’était bien et qu’on pouvait s’arrêter là).

Bonne surprise : Brendan Fraser est à la hauteur du film. Oups, pardon, je reprends : mauvaise surprise : le film est à la hauteur de Brendan Fraser. Zéro scénario, zéro idée, juste du rythme, on sauvera juste Maria Bello et Isabella Leong, seuls éléments regardables (et fort regardables !) de cet échec, qui n’arrive même pas à donner une vraie envie de tuer le réalisateur.

Tout à l’heure, j’ai pris un ticket pour une des sorties de la semaine : Bangkok dangerous. Un très honnête téléfilm de la NBC, avec Steven Seagal dans le rôle principal. Y’a juste un truc que j’ai pas compris : tout au long du film, Steven a la tête de Nicolas Cage (vu dans Rock, Les ailes de l’enfer, Family man, Windtalkers, pas forcément des chefs-d’œuvre, mais des films honnêtes). Par ailleurs, le générique annonce comme réalisateurs les frères Pang (auteurs de l’excellent The eye), alors que le film est manifestement l’œuvre d’un Andrzej Bartkowiak ou d’un Michael Bay.

Ou alors, c’est juste qu’avec un casting d’enfer et des réalisateurs de génie, on a réussi à créer la quintessence du nanard. À vous de voir.

22 août 2008

Les infos du jour

Il y avait longtemps que je ne m’étais pas laissé aller à critiquer la nullité des journalistes qu’on a. Pour ceux qui me pensaient malade, je vous rassure : tout va bien, ce n’est pas parce que nos professions ont le même libellé que je les trouve meilleurs.

Enfin, je biaiserais quand même un peu : je ne suis plus aussi certain que les journalistes soient nuls, je commence à croire qu’ils font peut-être ce qu’ils peuvent avec un cahier des charges affligeant.

Toujours est-il que ce soir, j’ai attendu dix bonnes minutes une information.

Ça a commencé avec l’enterrement des paras qui se sont fait descendre en Afghanistan. Côté info, c’était léger : dans la mesure où ils étaient morts (ça, on l’avait bien compris) et où l’on avait rapatrié leurs corps (on l’avait bien vu), on se doutait vaguement qu’ils seraient enterrés. Côté réflexion (oui, ça fait aussi plus ou moins partie du boulot de journaliste), guère plus lourd : on a toujours pas vu que, par exemple, le boulot d’un militaire, comme celui d’un flic, inclut la possibilité de tuer ou de mourir. On fait pas autant de foin pour les charpentiers, qui pourtant meurent beaucoup plus nombreux dans le cadre de leur activité professionnelle. Comprenons-nous : je ne me réjouis pas de la mort de ces gamins, je dis juste qu’il n’est pas logique de faire toute une histoire de cette affaire qui n’est finalement qu’une journée de travail qui a mal tourné.

Côté émotion, en revanche, on a eu double dose. Avec des frères, des pères, tout ça. Et des larmes. Là encore, j’appellerai pas ça une info : on se doute vaguement qu’il y a des gens qui vont pleurer à l’enterrement d’un membre de leur famille. Je poserais volontiers un diagnostic préalable de schizophrénie sur le type qui affirmait dans la même phrase qu’il ne fallait pas abandonner mais qu’il ne fallait plus envoyer des jeunes sur le terrain, en revanche, mais je pense plutôt qu’on dit pas mal de conneries sur le moment et qu’avec un peu plus de recul il aurait sans doute libellé son affirmation différemment.

Dans la foulée, on s’est fait une rebelote sur le crash d’un McDonnell-Douglas MD-82 outre-Pyrénées. Là encore, rien de neuf, à part pour ceux qui auraient vraiment suivi en diagonale depuis hier et zappé le fait que l’appareil avait déjà eu un problème technique avant de tenter de décoller. Par contre, on a bien vu les gens qui pleurent (très original) et les imprécations contre la compagnie aérienne. Bon, okay, un DC9 qui se plante, ça fait du dégât, y’a des gens qui meurent, donc des gens qui pleurent, et avec l’incident technique préalable, je me doutais vaguement que certains critiqueraient la compagnie avec des trémolos dans la voix.

On enchaîne avec la rencontre entre Carla Bruni-Sarkozy et le Dalaï-Lama, dont quiconque d’un tant soit peu normal n’a absolument rien à foutre : une citoyenne française, y compris épouse du Président de la République, a bien le droit de fréquenter les gourous de son choix. On n’a pas eu grand-chose, en revanche, sur la rencontre de notre ministre des Affaires étrangères, de notre secrétaire d’État déléguée aux Droits de l’homme et du chef d’État exilé d’un pays envahi il y a un bon demi-siècle, ç‘a été beaucoup plus léger…

Un peu plus loin, on s’est fait les JO en long, en large et en travers, avec tout de même une info : les vilains chinois auraient — ça reste à prouver — falsifié le dossier d’une gamine de quatorze ou quinze ans pour la faire participer aux olympiades. Attention, sujet glissant, on va pas s’éterniser : trente secondes, c’est bien suffisant. Faudrait quand même pas vexer le pays qui fournit nos fringues et écoule nos bagnoles, et il fait déjà assez la gueule quand on rappelle que le gourou de l’Est est, comme d’ailleurs le gourou du Sud (celui qui a un gros truc sur la tête et qui n’a pas été envahi par l’Italie), également chef d’État.

Donc, mieux vaut parler d’un type qui s’est claqué une cuisse en marchant 35 kilomètres comme un dératé. Là encore, on a de belles larmes pour faire joli sur la caméra. Et on risque pas de voir Hu Jintao essayer de faire les gros yeux. (Désolé pour cette blague minable à la limite du racisme, il se trouve juste que je peux pas blairer cette tête de con et que ça peut ponctuellement me pousser à utiliser des mesquineries auxquelles je me refuse d’ordinaire, un peu comme quand j’appelle notre président Nabotléon ou que je dis qu’avec les dents qu’a notre ministre de la Justice il y a des choses que je ne lui demanderais pas.)

Bref, j’aurais pas dû arrêter Scrubs pour regarder les infos.

21 août 2008

Paris, semaine 11

herisson26 à 20:45 — Filed under: En vracPas de commentaire

Hier, c’était le Musée de l’air et de l’espace du Bourget qui m’a occupé quasiment toute la journée (enfin, le matin, c’était lessive + paperasse chez mon assureur + métro + bus, je suis arrivé au MAE vers 13 h).

J’en ai ramené plein de photos totalement inintéressantes (les avions étant régulièrement encastrés les uns dans les autres, il y a toujours plus d’éléments parasites que de sujet…).

Je vous inflige juste celle-là pour l’exemple : malgré le cadrage serré limité aux moteurs, on a des bouts de Lockheed T-33 Shooting Star et F-104 Starfighter, de Boeing 747, de MiG 23 et d’Ariane 4. Tout cadrage un tant soit peu plus large aurait ajouté des bouts de Saab Lansen ou de Dassault Etandard IV par exemple…

(Au passage, on avait coutume de dire « s’il est beau, il volera bien ». Heureusement pour le Bréguet Atlantic, l’inverse n’est pas vrai : cette mocheté absolue était une réussite technique.)

Y’a plein de choses intéressantes, comme un Mirage G08 exposé une aile pliée, l’autre ouverte, et un Jumbo est visitable, soigneusement découpé aux endroits utiles pour qu’on voit l’intérieur du train ou l’aménagement des soutes. On est très, très loin de cela avec les Concorde : si le 001 présente toujours un intérêt, on regrette l’absence d’information sur les différents enregistreurs embarqués ; quant au 213, il est parfait pour comprendre à quel point j’ai eu de la chance de ne jamais voler à bord d’un de ces gros Mirage. En effet, l’exiguïté de la cabine est LE point remarquable de ce taxi, et j’aurais jamais tenu quatre heures dans un environnement aussi serré.

En outre, on aurait apprécié que la passerelle permette de voir les nez des appareils dans de bonnes conditions : 001 avait un pare-brise très particulier, très différent des appareils de série.

In fine, le MAE est bel et bien intéressant, mais il souffre d’une sensation de foutoir, sans doute due à la volonté de montrer un maximum de choses dans un espace non-extensible. Il n’est donc pas possible de faire un trajet simple : on est tout le temps en train de revenir sur ses pas, de vérifier si on a raté quelque chose…

Il faut noter une vraie bonne idée dans le hall des hélicoptères : il y a un peu partout des écrans équipés de haut-parleurs directifs. On n’entend donc que quand on est en face de l’écran : chacun a sa bande-son sans déranger le voisin. Une vraie réussite, avec des documents intéressants, notamment un documentaire passionnant sur JBL, une Alouette III qui a volé 13 000 heures pour les secours en montagne à Chamonix — et que j’ai vue de temps à autres déposer des civières à l’hôpital Michallon, quand je faisais mes études à Grenoble.

Seul bémol : une espèce d’animation passe régulièrement dans le hall, dans le genre publicité pour le Tigre pour ce que j’en ai vu, qui écrase le son de tous les écrans précités avec une musique digne d’un film de Brendan Fraser.

À propos de cinoche, aujourd’hui, c’était le blockbuster de la semaine : Babylon A.D., de Matthieu Kassovitz, d’après Maurice Dantec. Un film d’action, vraiment d’action, beaucoup plus creux que les fameux Métisse et surtout La haine… Kassovitz nous fait du muscle (Vin Diesel dans le rôle principal), du muscle et encore du muscle, avec parfois des scènes d’action totalement illisibles à force de stylisation, et écorche à peine la surface de ce qui aurait pu être une bonne base de réflexion sur la nature humaine… Erreur plus gênante, sans doute, on peine à s’intéresser à Toorop, qui manque un peu de profondeur — pourtant, quelques allusions à son passé tourmenté auraient pu être prétexte à l’étoffer un peu.

Ceci étant, on ne s’ennuie pas. Ça tourne comme une horloge de bout en bout. Et l’ambiance glauque est réussie, posée dès le début et maintenue avec constance. C’est peut-être justement parce que rythme et ambiance sont parfaitement maîtrisés qu’on regrette autant l’absence de fond.

Sinon, j’ai été voir tout à l’heure s’il y avait du monde aux Invalides. Y’en avait.

Inexplicablement, les gendarmes et policiers mobilisés ont laissé la foule rentrer jusqu’au portail. Il a été, du coup, rigoureusement impossible de la faire ressortir pour laisser passer des véhicules… Un bus est passé avec des gens des deux côtés, cool. Organisation déplorable, manque d’anticipation des événements, des défauts qu’un pion de collège apprend à corriger sur son premier mois de service à l’entrée du réfectoire.

Dommage, pour un événement qui se voulait solennel. Ceci étant, félicitations aux gosses en bleu qui, pendant que les gradés faisaient les beaux avec notre président à nous qu’on a, ont dû gérer et calmer la foule et sont restés parfaitement calmes face à des injures que j’aurais pas laissé passer facilement…

Ah, sinon, j’ai vu l’agence de location et, normalement, j’aurai un appart d’ici la fin du mois — au pire le 1er septembre. Ça appartient à un collègue de boulot : apparemment, c’est la seule solution pour se loger à Paris.

16 août 2008

9’69

herisson26 à 20:43 — Filed under: Air du temps,InsolitePas de commentaire

– 140 en mobylette ? Ben mon vieux Ed’, on dirait bien que ton mélange de nitrométhanol devient fiable !

ou encore

– C’est ton tour le plus rapide.

– Bon, donc le bon dosage, c’est un verre de « burn-out » pour 5 litres de sans plomb.

Je m’étais plus ou moins promis de pas parler de la grosse compet’ de sports divers qui se déroule en ce moment du côté de la Chine, sauf à la limite pour faire une contrepèterie vaseuse à l’arrivée du 50 km marche, mais voilà, ça m’interpelle et je dois bien dire mon émotion, au fur et à mesure que certains gagnent fingerz in ze noze des courses censées être difficiles.

Qu’il s’agisse de natation ou d’athlétisme, ma seule pensée quand je vois un type battre un record mondial en arrêtant de pousser à quatre foulée ou à deux brasses du but, c’est : « tiens, là, les pharmaciens ont vraiment trouvé le bon mélange ».

Merci à Bar2 et ‘Fane pour les citations d’ouverture.

15 août 2008

Paris, semaine 10

herisson26 à 20:47 — Filed under: En vracPas de commentaire

Mercredi, j’ai visité un petit studio pas mal du tout, dans un coin particulièrement silencieux (l’arrière-cour d’un immeuble, en fait) qui fait presque penser à un village. Ça appartient à un collègue de travail (apparemment, c’est la seule façon de se loger à Paris), et j’espère vraiment que je pourrai l’avoir — il y a quand même une agence à convaincre entre lui et moi. À suivre.

Côté cinoche, je me suis pas contenté de me heurter à des collègues de la télévision à la sortie du Chevalier noir.

J’ai donc vu Le premier jour du reste de ma vie, film assez séduisant, plutôt fin, très bien joué mais qui curieusement me laisse l’impression que je détesterais le revoir — phénomène sans doute issu du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, que j’avais adoré à première vue pour des qualités que je retrouve plus ou moins dans ce Premier jour du reste de ma vie, et que j’ai absolument détesté lorsque je l’ai revu.

Par contre, il faut vraiment que les réalisateurs français se calment sur les titres de films. On dirait qu’ils font une course avec les scénaristes des guignols, sans comprendre que plus ils gagnent cette course, plus ils sont ridicules.

Troisième film de la semaine, Les dents de la nuit. Okay, je sais ce que vous allez dire : « On te voyait pas voir Le chevalier noir, mais là, franchement tu nous inquiètes ». Ben oui, mais voilà, j’étais à la Défense (j’y reviendrai plus tard dans ce billet), je crevais de chaud, le cinoche était climatisé… Et vu le prix que ça coûte avec les abonnements illimités, c’est un motif suffisant pour y aller.

Les dents de la nuit, donc. Bon. En résumé : des squatteurs de réceptions trouvent le moyen d’entrer à la nuit Médicis, la Mecque des squatteurs de réceptions. Sur place, il s’avère que leurs hôtes sont des vampires qui ont invité quelques humains à manger. Vous voyez la finesse du sujet ? Moi non plus, et je soupçonne que c’est précisément parce qu’il n’y en a pas. Alors, quelques gags trouvent bien le moyen de marcher, quelques dialogues fonctionnent, mais globalement, il faut bien admettre que ça tourne souvent à vide. On se marre donc bel et bien, mais trop ponctuellement, alors que le film était censé être vraiment drôle. Sans être totalement archi-nul, c’est tout de même plutôt décevant.

Ah oui, donc, j’étais à la Défense. Fallait bien que j’aille voir un jour jusqu’où allait la ligne 1. Alors, ben…

Les immeubles, c’est grand. Pis moche. Il y a une photo très bucolique, en haut de la grande arche, qui date du début du vingtième siècle et qui montre le carrefour de la Défense à l’époque, et franchement, j’ai du mal à trouver qu’on y a amélioré quelque chose… Au contraire…

En haut également, on trouve un « musée de l’informatique ». Gratuit pour ceux qui seront montés jusque là (le ticket coûte tout de même dix euros).

Musée de l'informatique

On y trouve par exemple cette magnifique « chambre d’étudiant » censée représenter les conditions d’épanouissement d’un « geek » de l’époque, qui ne manquera pas de faire sourire par l’accumulation lourdingue de clichés qu’elle contient.

Un peu plus loin (je vous épargne la photo du panneau, transparent et donc difficilement lisible), on apprend que « Aujourd’hui le métier de programmeur reste prestigieux ». Bizarre, quand j’étais à la fac, les simples programmeurs étaient qualifiés de « pisseurs de code », par opposition aux ingénieurs qui, eux, font des choses bien.

On peut aussi voir, juste à côté du musée, un artiste qui a trouvé le truc pour faire fortune.

Il vous fait votre portrait, comme dans les exemples affichés, pour 60 euros le tirage A4. Si vous préférez le faire vous-même, ça doit prendre à peu près 20 minutes sous n’importe quel éditeur d’image : photo, solarisation, inversion des couleurs et le tour est joué. Je suis jaloux de pas y avoir pensé avant lui.

Un autre dont je suis jaloux, c’est Richard Branson. Je suis passé aujourd’hui (entre autres) au Virgin des Champs-Élysées, et j’ai compris comment on devient milliardaire : on vend des sandwiches à 7,95 € dans un bar huppé, au troisième étage d’un centre commercial, et on fait payer les toilettes. Sympa non ?

13 août 2008

Le chevalier noir

herisson26 à 19:45 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Christopher Nolan, 2008, ****

Bon, je suis pas un bon client pour Batman. Entendre par là : je deviens pas hystérique à la seule mention des noms de Chris Nolan ou Heath Ledger, j’ai toujours pas vu Batman begins, le dernier Batman que j’ai vu étant, je crois, le premier de Tim Burton, avec Nicholson comme Joker. (En fait, j’ai vu le second, avec de Vito en manchot ridicule, que j’avais trouvé assez nul, et j’ai vu après celui avec Nicholson, bien qu’il fût sorti avant.)

Donc, là, j’y suis allé plus par curiosité et parce qu’il n’y a pas grand chose d’autre dans les sorties du jour que par véritable passion.

Et ben, j’ai découvert quelque chose.

D’une part, il y a le phénomène Revanche des Siths : comprendre la naissance d’un personnage, voire d’un monde, est bien plus intéressant que de les voir s’affronter comme Burton puis, je crois, Schumacher l’ont montré en leur temps. Le point de départ de Nolan, étudier la naissance des personnages (Batman dans Batman begins, si j’ai bien compris, et le Joker dans Le chevalier noir), est donc super plus mieux.

En prime, c’est excellemment joué et superbement réalisé, avec des scènes d’action qui font juste la bonne longueur (Louis Leterrier, si tu me lis, c’est ça qu’il fallait faire dans L’incroyable Hulk), des scènes intello aussi intéressantes qu’on peut l’attendre de ce genre de film avec une (amorce de) réflexion sur la nature du bien, du mal et de ce qu’il y a entre, sur les symboles qui accompagnent ces notions et la différence entre portée symbolique et nature profonde d’un élément donné (Louis Leterrier, oui, ça aussi, tu aurais dû), et un humour limite britannique élégamment saupoudré y compris dans les pires moments.

Le seul vrai reproche que j’aurai à faire, comme souvent dans ce genre de film, c’est l’omniprésence de la musique. Il est plus que temps que les musiciens de films se rappellent que leur boulot est de soutenir le film, pas de l’utiliser comme clip.

Ceci étant, non seulement je me suis pas emmerdé comme dans Batman returns, mais en plus je me suis plutôt éclaté. En particulier grâce au Joker, personnage très intéressant, totalement libre de réinventer son passé ou d’éviter toute contrainte morale, et pour qui l’essentiel dans la vie est de mener des défis difficiles et de montrer à tous les gens sérieux à quel point leurs convictions et leurs passions sont minables et pathétiques.

Ah, et je partage totalement l’opinion du Joker sur les criminels de Gotham… et d’ailleurs.

À la sortie, c’était assez marrant : au bout du couloir, y’avait une équipe de journaleuses de BFM TV, qui interrogeaient les gens pour savoir ce qu’ils avaient pensé du film, et si c’était Batman ou le Joker le plus important.

Faut réviser vos classiques, les filles. Tous les acteurs vous diront que les méchants sont toujours plus intéressants.

12 août 2008

Excellent !

herisson26 à 8:51 — Filed under: Air du temps,InsolitePas de commentaire

Reuters : Le Pen vend le siège du Front National à des Chinois

Voilà une journée qui commence bien… Pourvu que ça dure !

8 août 2008

Paris, semaine 9

herisson26 à 23:39 — Filed under: En vracPas de commentaire

L’événement marquant de la semaine, à part bien sûr la présentation d’une nouvelle baïonnette d’objectifs pour un nouveau type d’appareil (le compact numérique à objectifs interchangeables, peu ou prou), c’est le lancement du défi débile dont je vous ai entretenus ici même. Grosso modo, il s’agit pendant 30 jours de prendre une photo par jour juste pour le plaisir de se crever le cul à chercher un sujet photographiable par jour, même si on bosse jusqu’à 19 h et puis qu’on a plus qu’une envie, c’est dormir parce que le même Ghusse qui vous a lancé ce défi stupide ne vous a ramené à la maison qu’à une heure passée.

Okay, avant qu’une mauvaise langue ne vienne critiquer, j’admets : j’étais pas obligé d’aller manger une pizza avec les grimpeurs, j’aurais aussi pu rentrer en métro et j’aurais été chez moi à onze heures. Voilà, c’est dit, j’ai aussi une part de responsabilité, ce serait-ce que parce que mon estomac a plus de force de conviction que mon cerveau. ^_^

Donc, j’ai passé l’essentiel de mes journées à chercher une idée de photo, puis à tenter d’aller la réaliser. Des fois, ça c’est plutôt bien goupillé, comme , mais sur d’autres on sent vraiment que c’est fait à l’arrache (style aujourd’hui, par exemple). Ceci dit, je suis pas le seul à galérer, apparemment, vu que l’instigateur de cette billevesée a lui-même passé un certain temps à photographier son appart’ sous tous les angles en fin de soirée, quand l’heure d’essayer de faire une photo est passée, et que celui qui nous a pondu une belle série thématique sur la lobotomie avant de mettre les bouts dit lui-même sur son blog que ç‘a été difficile.

Sinon, j’ai découvert le bois de Boulogne (de jour, eh, pas fou), et Braquage à l’anglaise et Surveillance sont les seuls films de la semaine, et j’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais.

J’ai aussi pris quelques raillats — alors, ici, ça se dit pas, ils ont un autre mot que j’ai pas encore bien saisi pour parler des violentes giboulées qui agrémentent la vie parisienne –, ce qui est plutôt agréable en cette saison : l’eau fraîche, c’est mieux que l’air brûlant.

Côté boulot, le comparatif de sacs touche à sa fin, il pourrait être complété dans les mois qui viennent mais bon, on a déjà un petit panorama intéressant. Vous aurez compris si vous suivez ce blog qu’il y a au moins un modèle sympa (en fait, il y en a deux vraiment bien, qui ont en plus la bonne idée de ne pas s’adresser au même public). À ma connaissance, c’est une grande première au moins sur le web photo français que de comparer des sacs à tout faire (hybrides avec un compartiment photo, une poche à ordi et un peu de place pour n’importe quoi), et à en juger par quelques questions sur Le Grand Forum (un peu mégalo comme titre mais bon), ça devrait intéresser une paire de gens.

Sinon, c’est toujours le calme plat, avec à peu près deux communiqués de presse par jour dont 0,25 intéressant, ce qui fait passer des heures à chercher une nouvelle potentiellement intéressante pour avoir quelque chose à dire. Il paraît que je dois pas me plaindre et qu’après la mi-août, tout le monde présente ses gammes en même temps et que là, on regrette le calme des jours précédents. On verra bien.

6 août 2008

Braquage à l’anglaise

herisson26 à 22:59 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Roger Donaldson, 2008, ***

Première nous annonce « le meilleur film de braquage depuis Ocean’s eleven  ». Bon, ça n’empêche pas un film d’être bon, que les critiques de Première aient adoré. Faut savoir dépasser ses préjugés.

En fait, Braquage à l’anglaise ne ressemble pas vraiment à la trilogie de Danny Ocean. C’est certes un film de braquage, mais qu’il faudrait alors plutôt rapprocher de L’homme de l’intérieur ou Les spécialistes : c’est moins loufoque, malgré le côté surprenant du point de départ. En effet, ce ne sont pas des braqueurs de banques que l’on suit, mais des trafiqueurs de bagnoles ou des petits arnaqueurs. Ils sont mis sur un coup beaucoup trop gros pour eux : vider la Lloyds de Londres.

En fait, l’opération est montée par l’intelligence militaire (les fameux MI, dont personne ne connaît la différence entre le 5 et le 6, une part de l’humour du film repose là-dessus), qui doit récupérer des photos compromettantes pour la famille royale. Les braqueurs repartent donc avec ces photos, dont ils ignoraient l’existence, ainsi que quelques secrets de la pègre locale, qui gère notamment des bordels huppés appréciés de la haute société… Et nos tripatouilleurs de compteurs kilométriques se retrouvent avec les MI, la maffia londonienne, un mouvement inspiré des Black Panthers et quelques membres de la chambre des Lords sur le dos.

C’est le moment où démarre la deuxième partie du film : le bon film de braquage laisse la place à un polar de politique-fiction très bien mené. Là, faut pas trop en dire, sinon que ça vaut vraiment le coup. La réalisation devient un peu plus nerveuse que la première partie, suivant en cela les personnages principaux, certaines scènes sont hilarantes et d’autres (ou les mêmes, parfois) assez terrifiantes à froid, ça tourne vraiment très bien.

Le seul reproche que l’on peut faire, c’est peut-être justement cette application à raconter une histoire (inspirée de faits réels, soit dit en passant). Le film remplit le contrat de mener un thriller solide, mais manque peut-être un peu d’envergure philosophique.

Mais bon, c’est pas tous les jours qu’on peut passer deux heures agréables, donc faut pas s’en priver.

Reçu

herisson26 à 10:42 — Filed under: Insolite,PhotoPas de commentaire

J’ai reçu ce matin mon nouveau sac photo, un Lowepro Fastpack 250, acheté suite au comparatif de sacs à paraître sur Focus-Numérique. Fallait que je change mon Fourmi V1 (sous-marque de Cdiscount) pour deux raisons :

– aller au boulot en portant sac photo et sacoche ordi devient vite pénible, donc un sac avec poche ordi était indispensable ;

– l’accessibilité perfectible du matériel rendait l’utilisation du dit sac un peu délicate quand il fallait dégainer rapidement.

Le Fastpack étant le modèle qui répondait le mieux à ces exigences, j’ai craqué (vous verrez dans quelques jours, quand le comparo sera publié, que c’est MON cas mais que d’autres sacs ne sont pas dépourvus d’intérêt).

Ce matin, donc, le paquet arrive, avec cette surprise :

Vous connaissez beaucoup de magasins qui mettent des protections à bulles autour d’un sac photo ?

Autant je suis content qu’ils en mettent quand je commande des objectifs ou des appareils qui n’apprécient pas forcément les chocs, autant là, je suis plié de rire devant cet exemple de méta-protection.

Page suivante »

Powered by WordPress