29 juin 2008

Rallye Terre du Diois, étape 1

herisson26 à 1:02 — Filed under: Envoyé spécial,La minute geek,PhotoPas de commentaire

Comme l’an passé, le rallye Terre du Diois, à la renaissance duquel j’ai eu le plaisir de participer en 1996, se tient par chez mes parents. Comme ça s’intégrait assez bien à mes vacances, j’en ai profité, en passant avec mon K10D et un 50–135 mm f/2,8 prêté par Pentax pour test. Oui, c’est les avantages du métier.

Premier jour donc. Temps caniculaire, ce qui augure toujours mal au Diois : plutôt cassant par nature, le terrain devient infernal lorsqu’il est sec.

Bilan, sans véritable surprise mais qui laisse toujours un peu sur le cul : en 5 spéciales, seulement 51 voitures sur 95 restent !

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26 juin 2008

Paris, semaine 6

herisson26 à 21:04 — Filed under: En vracPas de commentaire

Dernière semaine de la première période parisienne : demain, direction la Drôme, puis le reste de la France (Terres du Diois, des gens dans le Jura, un mariage dans la Loire, et pis peut-être d’autres trucs pas encore vraiment prévus).

Semaine placée professionnellement sous le signe du sac à dos. L’idéal : un seul sac pour porter le matos photo, l’ordinateur et deux-trois petits bordels variés. À paraître sur Focus… quand il paraîtra : Renaud aussi va pas tarder à prendre quelques vacances, et certains fabricants/distributeurs peinent à répondre.

Côté cinoche, après l’avant-première de Au bout de la nuit déjà appréciée par ailleurs, j’ai découvert Valse avec Bachir, autobiographie d’animation d’Ari Folman. Annoncé comme un petit chef-d’œuvre (les critiques presse les plus méchantes en sont à regretter qu’il n’ait pas été primé à Cannes, c’est vous dire le ton des plus positives), ce film permet au réalisateur de revenir sur son passé de soldat de Tsahal pendant la guerre du Liban, en 1982. C’est surtout une sorte de psychanalyse (et revendiqué comme tel), non seulement de l’auteur, mais également d’un pays qui n’est peut-être pas si à l’aise avec son histoire : la question de la responsabilité de Tsahal et du gouvernement israëlien dans les massacres de Sabra et Chatila explose pour devenir l’interrogation centrale sur laquelle repose le film.

La bonne idée, c’est le dessin réaliste choisi, qui détonne et même choque à première vue mais est parfaitement adapté au propos.

Le problème, ce sont les quelques lenteurs ici et là et, comment dire, le manque de profondeur du film, qui laisse le spectateur dans la même indécision dérangeante et dans la même culpabilité larvée que les personnages. C’est peut-être sa plus grande réussite, mais cela reste aussi une faiblesse.

Ce midi, c’était beaucoup plus léger avec le nanar annoncé de messieurs Judor et Bedia. Seuls two, jeu de mots minable qui donne bien le ton du film, est d’une certaine manière dépourvu de surprise : on attend un film à gags un peu lourd, on est servi. La crainte de ce genre de nanard est que la bande-annonce contienne tous les moments amusants ; mais là, il aurait fallu une bande-annonce d’une heure. Car les idées loufoques n’ont pas manqué, en partant sur un postulat assez débile (un voleur et un flic, ennemis jurés, deviennent les deux seuls être humains d’un Paris mystérieusement dépeuplé), et les loufoqueries des deux compères fusent à toute vitesse. C’est donc excellent pour se vider le cerveau et éviter tout risque de claquage de neurones, parfait pour se détendre, même si les vrais cinéphiles n’admettront jamais avoir été voir un truc pareil — et, pire encore,  avoir aimé ça, car il est un fait qu’on passe vraiment un bon moment.

Sinon, dans mon exploration de la région parisienne, j’ai fait un petit tour du côté de Pantin. Première réflexion : j’avais jamais remarqué comme ça fait une sacrée différence, un immeuble de quatre étages ou de sept. Ça pourrait bien être le seuil psychologique pour que la rue paraisse pas complètement fermée.

Deuxième réflexion : argh, enfin des boulangeries avec des prix normaux ! Restau avec formule expresse à 9 €, Paris-Brest à 1,80 (c’est pas un tarif SNCF, hélas), ça fait moins mal que les restaus à 15 € mini qu’on trouve à Paname. Et ceci, simplement en passant du XIXè à Pantin, soit facilement cinquante mètres pour traverser le périph. Curieusement, j’avais pas du tout remarqué ce phénomène en promenant à Créteil, qui m’avait paru aussi ignoblement chère que la capitale.

Maintenant, plus qu’à plier les gaules. Demain à 9 h 30, on s’entasse dans une 106, et normalement à 18 h la transhumance est finie vers un endroit où la température tombe à moins de 25 °C la nuit — du moins, j’espère que ce phénomène constaté ici depuis quelques nuits n’est pas encore généralisé.

23 juin 2008

Au bout de la nuit

herisson26 à 22:51 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de David Ayer, 2008, ****

Tom est flic. À l’ancienne, pourrait-on dire, ou plus exactement, à la Harry. Si si, souvenez-vous, Harry le charognard, Dirty Harry, « This is a .44 Magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you’ve got to ask yourself one question : do I feel lucky ? »… Ayé, vous avez retrouvé ? Donc, ici, Keanu récupère le rôle de Clint. Mais il y a une petite différence, tout de même : le chef de Tom l’encourage, le couvre à fond, et fait ce qu’il faut pour nettoyer ses boucheries.

Jusqu’au jour où son ancien équipier, qui le balance à l’IGS local, se fait buter par deux braqueurs et où l’on retrouve trois types de balles dans son corps… Tom doit à la fois chercher qui a fait le coup et pourquoi, mais aussi éviter les embrouilles de l’IGS qui pourrait le soupçonner d’avoir tiré la troisième balle.

On comprend assez vite que Tom n’est qu’un pion manipulé par son chef — interprété par le toujours excellent Forest Whitaker, parfait dans un rôle ambigu et encore capable de fulgurences surprenantes. On comprend aussi que beaucoup de manipulations se trament et certains trucs louches restent suspects jusqu’au bout… Mais franchement, sans être totalement ahurissante, la fin est bien amenée et demeure un beau point d’orgue à un bon polar.

Aucune révolution du genre, mais une réalisation bétonnée sur un scénario solide. Deux heures de grand bonheur.

À déconseiller, cependant, aux cœurs… et aux oreilles sensibles.

Oui, il ne sort qu’après-demain. Et alors ? Les avant-premières, c’est pas pour les chiens !

22 juin 2008

Fête de la musique

herisson26 à 17:51 — Filed under: Envoyé spécial,Photo7 commentaires

Bon, okay, a priori, je suis pas fan des situations où l’on encourage une partie la population à faire chier le monde en lui donnant un prétexte à faire du boucan toute la nuit. Mais voilà, on a en ce moment un 50–135 de chez Pentax à prendre en mains, donc j’ai considéré que c’était une bonne occasion de voir ce que ça vaut, une optique à f/2,8 constant dans la pénombre.

J’ai donc un peu tourné dans mon quartier en shootant de temps en temps. J’ai un peu essayé de jouer avec les cadres, de donner un premier plan à la photo, ce qui est un régal avec un caillou aussi lumineux qui peut vraiment réduire la profondeur de champ.

Toutes les photos ont été faites avec cet objectif, donc ceux qui me diront « là, fallait cadrer plus large » sont poliment priés d’aller se faire sodomiser par des Hellènes.

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19 juin 2008

Paris, semaine 5

herisson26 à 22:27 — Filed under: Confrères et cons frères,En vracPas de commentaire

Vendredi-samedi-dimanche, boulot. Réussi à boucler mes pages, j’ai pu reprendre une activité plus normale (actus LesNums) le lundi. Lundi après-midi, je passe au bureau, oups, Renaud est parti à une conférence de presse. Du coup, je continue les actus avec une qui tombe à point : Associated Press veut limiter la reprise du contenu (articles et dépêches) qu’elle a créé… en attaquant un blog qui parle d’actualité en citant régulièrement l’accroche de dépêches. Pour AP, la simple reprise du « lede » (les premiers mots d’un article ou d’une dépêche, chargés d’accrocher le lecteur) pour renvoyer vers son site est déjà une violation du droit d’auteur.

L’administrateur du blog en question estime, lui, rester dans le cadre du « fair use » : une brève citation renvoyant au texte original est une utilisation loyale. Toute la question est de savoir si AP ira au bout de sa logique judiciaire et si, le cas échéant, elle gagnera son procès, mais une chose est sûre : elle a d’ores et déjà perdu la bataille d’internet. Entre les sites qui plombent sa politique et ceux qui ont ouvertement déclaré qu’ils allaient désormais boycotter les dépêches AP, l’agence s’en est pris plein la face en quelques heures.

Je n’en rajouterai donc pas excessivement ici sinon pour dire que, à titre personnel, je considère qu’elle est complètement passée à côté de ce qui est l’essence d’Internet : le lien. Autant je suis le premier à trouver scandaleux de pomper systématiquement le contenu d’un site ou même d’un article, autant récupérer quelques lignes en liant à l’original me paraît plus une pratique positive qu’une atteinte au droit d’auteur : l’article sera sans doute plus lu par des gens attirés par la citation et le lien associé qu’ignoré par des gens qui l’auraient lu, mais se sont finalement contentés du lede trouvé ailleurs.

Mardi, je retourne au boulot — il faut vraiment que je voie Renaud, il a un DA 50–135 mm que je dois tester dans les jours qui viennent. Coup de bol : vers 10 h, il appelle pour dire qu’il sera pas là, il garde sa femme malade. En fin de journée, je me venge violemment en laissant là sac photo et sacoche du portable et je me barre avec un sac Crumpler qu’on a en tests (Focus-Numérique prépare un mini-comparatif de sacs photo, vu qu’on s’est rendu compte que pas mal de gens en achetaient finalement un au hasard, un peu comme moi qui ai profité d’acheter un objectif sur Cdiscount pour récupérer un sac à moitié prix). Bon, maintenant que j’ai goûté au sac ousque tu peux mettre un ordinateur dedans, plus ton matos photo, plus un peu de bordel divers, il est plausible que je m’en offre un, mais j’attendrai quand même d’avoir vu les autres — un National Geographic est arrivé ce week-middle, d’autres sont attendus — pour me décider. A priori, sur photos, le National Geographic me tente pour sa multitude de poches, mais on espère choper en tests un Lowepro qui, avec son ouverture latérale, pourrait bien être séduisant.

Bref, c’est encore un peu flou, mais ça devrait se décanter assez vite quand je les aurai tous manipulés. ^_^

Hier, vous avez sans doute remarqué que j’ai eu la mauvaise idée d’aller au cinéma. Je disais à propos de Iron man que l’avantage de la carte UGC, c’était de limiter les remords d’être allé voir un navet (« au moins, t’as pas claqué 5 sacs pour cette merde »), mais avec Speed Racer, on va plus loin : les deux heures passées à se faire prendre pour un attardé mental de deux ans d’âge par les frangins Wachowski, sur qui j’avais pourtant un a priori favorable (Matrix, pas mal, V pour Vendetta, j’ai adoré), m’ont mis les nerfs même sans les 7,50 €. Le simple fait d’être resté une heure et demie là, à attendre je ne sais quelle pirouette qui aurait rendu l’ensemble un peu moins immonde, est dur à avaler.

Aujourd’hui, rebelote avec Eldorado, sous-daube belge qui se prend pour un road-movie hilarant et émouvant mais n’est qu’un interminable enchaînement de scènes trop longues parfois coupées d’une musique dégueulasse.

Du coup, Les insoumis, polar sauce western tout à fait honnête, est accueilli comme le messie : au moins, à la sortie de celui-là, je n’en voulais à personne. Chacun y fait son boulot et l’y fait bien, même si je regrette un peu que tout le monde se soit contenté de ça : il devait y avoir matière à faire un vrai grand film quelque part. (Et puis, tourner deux heures à côté de l’étang de Berre sans filmer un seul Pélican, c’est une honte, na, c’est dit.)

Sinon, je suis passé un peu dans le centre de la ville. Notamment, j’ai contourné le centre Pompidou-Beaubourg, plus connu sous le surnom de « raffinerie ». J’avais trouvé ça absolument hideux la dernière fois où j’y étais allé — je devais avoir 11 ou 12 ans –, mais ça m’a pas fait cet effet-là cette fois. Sans le trouver beau, quand même, il me fait un peu l’effet du premier Fiat Multipla ou du Nikon F : quand on le voit, il paraît évident que l’esthétique est totalement dépourvue d’importance et qu’on a cherché à faire efficace avant tout. Finalement, après la pyramide Mitterrand au Louvre, ça fait la deuxième « œuvre » de président que je trouve moins choquante : je dois commencer à vieillir.

Rassurez-vous : la bibliothèque de Mitterrand deuxième mandat, que je n’avais jamais vue achevée, me paraît tout de même un tantinet prétentieuse et n’est surtout pas super pratique : c’est une place énorme que l’on ne peut traverser qu’en contournant différents obstacles (trou, murs) et qui, donc, rallonge d’une bonne minute le trajet de l’arrêt Quai de la Gare (ligne 6) au MK2 Bibliothèque. Quand le distributeur du cinoche refuse de vous filer un billet précisément à cause de cette minute de retard, je peux vous dire que vous bénissez copieusement le père Perrault…

Les insoumis

herisson26 à 18:58 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Claude-Michel Rome, 2008, ***

Berre-l’Étang, sud du Texas rhodanien. Un petit bureau de shérif sur la frontière. Des officiers désabusés, qui savent leur comté condamné et souhaitent surtout éviter les embrouilles… Jusqu’au moment où débarque un nouveau marshal, parachuté directement de chez les fédéraux suite à une embrouille qui a vu ses adjoints se faire plomber comme à Tombstone, et bien décidé à rappeler à tout le monde qu’ils ont décidé quelques années plutôt de devenir shérifs.

Okay, cette intro est un peu exagérée, mais franchement, Les insoumis est souvent plus proche du western américain que du polar français. On trouve cependant certains traits de notre film noir à nous que le monde nous envie (allez voir à Hollywood combien de réalisateurs disent admirer Melville ou Corneau), comme la mutation disciplinaire ou une espèce d’ambiance glauque à base de personnages ambigus — ça tombe bien, Richard Berry comme Pascal Elbé sont plutôt bons dans ce registre.

Le petit problème, c’est que, comme beaucoup de westerns, on manque ici un peu d’originalité et l’on tente de faire passer une idée un peu molle par une fusillade de concours. La trame générale est également connue, et l’on n’aura pas ici de retournement final d’un Mélodie en sous-sol. Mais c’est solidement construit, bien charpenté et in fine plutôt agréable.

Au milieu d’une semaine cinématographique morose (voir les deux précédents billets), ça fait du bien de voir un film qui n’est pas un chef-d’œuvre, mais qui permet au moins de passer deux heures agréables sans avoir envie de découper un producteur à la petite cuiller.

Eldorado

herisson26 à 18:23 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

de Bouli Lanners, 2008, O

Le pire, c’est que la critique est unanime : ce truc est un chef-d’œuvre. Je suis définitivement pas fait pour être critique de cinoche, alors.

Quelque part en Belgique, un ours mal léché rentre chez lui et y surprend un jeune cambrioleur. Une relation curieuse s’établit et il décide de l’emmener voir ses parents, qui habitent près de la frontière française, dans son break Chevrolet Caprice ’79.

Là, vous sentez venir le road-movie typique. Et c’est bien ça : de port en port, de rencontre en rencontre, d’imprévu en imprévu, on va suivre les deux personnages. Mais si, contrairement à moi, vous avez le nez creux, vous devez sentir venir le problème : un road-movie dans un pays de la taille d’un département, au paysage pas très varié qui plus est, ça s’annonce mal.

Ceci étant, ça aurait tout de même pu être réussi. Ça serait un peu au road-movie ce que le huis-clos est au polar, mais ça reste envisageable. Mais non, les situations absurdes se succèdent sans surprendre, les éléments essentiels arrivent comme prévu (la réaction du père est un exemple criant), la fin même est sans surprise. Les dialogues ne sont pas toujours mauvais, les acteurs sont bons, mais le tout tombe à plat par la faute d’une réalisation lymphatique. Ça peut passer quand les paysages sont variés et magnifiques (comme dans Land of plenty (terre d’abondance) de Wim Wenders), mais avec la Belgique, faut être clair : ça fait pas pareil.

Donc, en un mot : échec.

18 juin 2008

Speed Racer

herisson26 à 23:11 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

des frères Wachowski, 2008, O

Niais, mou, répétitif, déjà vu et prétentieux.

(Pour ceux qui ont l’habitude de mes critiques un peu plus longues et argumentées, je sais, ça vous fait du changement. ^_^)

13 juin 2008

Paris, semaine 5

herisson26 à 21:42 — Filed under: En vracUn commentaire

Vendredi : écriture d’article sur des baladeurs multimédia pour un magazine, du matin au soir. Samedi : news pour les Nums le matin, poursuite de l’article l’après-midi. Dimanche : rebelote du samedi. Tapé huit pages de magazine en trois jours, l’hypothèse d’arriver à rendre les articles mardi soir paraît plausible, à supposer que le troll survive deux jours de plus à ce rythme. Lundi matin, mail du patron : après d’âpres négociations, il a pu repousser à lundi.

Pfiouuuuuuu… Même pas la force de hurler de joie, mais ça fait du bien. Du coup, je peux aussi dégager le temps d’aller à la conférence de presse Canon, le lendemain matin, où le constructeur doit présenter deux produits inconnus. Juste le temps de demander à Renaud de me renvoyer le courriel : énervé de pas pouvoir y aller, je l’avais violemment bazardé.

On ne sait rien de ce que Canon nous prépare : l’heure de publication a été fixée à 6 heures et pour éviter les fuites, Canon refuse même de filer le moindre dossier de presse la veille au soir. Renaud et moi nous levons donc à cinq heures et demie pour récupérer les dossiers de presse par courrier électronique. Rêvant de découvrir un 5D Mk II, je me réveille d’un coup en tombant nez à nez avec un EOS 1000D et une mise à jour du 430 EX. Qu’à cela ne tienne, on s’y met et on fait des actus, avant de retourner se coucher.

8 h 50 : on arrive devant une porte, fermée, sans indication, à l’adresse prévue. « C’est là ? » Une consœur arrive avec le numéro du digicode, qui nous permet d’accéder à… une cour intérieure. Toujours aucune indication, tout juste une sonnette dont on se dit qu’elle doit tomber chez un gardien qu’on va éviter de déranger. Cinq minutes plus tard, une demoiselle en tailleur Canon nous confirme qu’on est bien au bon endroit, mais qu’il faut encore attendre.

En fait, la conférence a lieu chez des autochtones, dans un appart plutôt design bâti à l’intérieur d’un ancien hangar. Ça se passe bien, le flash est sympa, l’EOS 1000D aussi, surtout avec son « nouveau verre de visée pour augmenté la luminosité » (sic). Pour plus de détails, lisez les news de mardi sur Les Numériques, ben tiens.

Mercredi, cinoche : Jackpot, de Tom Vaughan. Une comédie sentimentale dont la méchanceté est le terrain d’action, c’est relativement rare ; en-dehors de cette petite originalité, le film remplit le contrat à 100 pour cent et s’abstient prudemment d’aller plus loin. On passe donc 1 h 40 à ne pas trop se fatiguer le cerveau, à rire de bon cœur à quelques répliques réussies, d’autant qu’Ashton Kutcher et Cameron Diaz évitent d’en faire des tonnes — au contraire, il faut bien le dire, du scénariste, qui ne fait pas toujours dans la finesse. Dernière bonne nouvelle : bien que le titre fasse penser à Las Vegas et ses casinos (et effectivement, le film y commence presque), la chose terrifiante que les Californiens appellent musique ne passe pas avant le générique de fin. Ouf.

À la sortie, j’ai traîné au sud des Halles, jusqu’aux îles de la Seine. La tour sud de Leur-Dame de Paris (c’est vrai, quoi, si je suis pas catho, pourquoi je dirais «notre» ?) était fermée, donc j’ai pas été voir en haut. En bas, y’avait pas trop trop de monde, alors j’ai été visiter. À l’entrée, mort de rire en voyant le panneau :

Malgré tous les moyens de l’église apostolique romaine, apparemment, quand un type fait une faute (よこそう au lieu de ようこそ), on recourt au bon vieux Tipex pour corriger…

À l’intérieur, y’a quelques centaines de touristes qui viennent regarder les maquettes, au moins huit personnes qui sont là pour prier, et une grue.

Après avoir fait le tour vite fait, j’ai marchouillé un peu plus au sud, et j’ai compris ce que disait Ghusse sur le manque d’uniformité de la répartition kebabesque dans Paris : là, je suis tombé en cent mètres sur une demi-douzaine d’établissements…

Jeudi, cinoche : euh, mince, comment ça s’appelle ? C’est pas Signes, c’est pas Incassable, c’est un mot tout seul à la con comme ça… Ah oui : Phénomènes, de Shyamalan. Pas mal joué, un scénario un peu trop proche des recettes classiques du film d’horreur, une réalisation un peu trop convenue (j’avais déjà noté ça dans Incassable, justement, entre autres défauts), ce sont quatre-vingt-dix minutes tranquilles et sans grande surprise, mais pas déplaisantes. Finalement, une bonne part du film se joue sur l’évolution d’Alma, femme du héros, très bien interprétée par Zooey Deschanel. Le message final (il y en a un, mais je préfère ne pas trop le déflorer) n’est pas très nouveau et n’est pas amené avec beaucoup de légèreté, mais la réaction première de la population est très intéressante : lorsque les phénomènes (des suicides de masse) commencent, tout le monde se met à hurler « We’re under attack » avant même d’essayer une seconde de réfléchir aux causes possibles. Un joli symbole d’un pays traumatisé par une grosse attaque terroriste il y a quelques années, obsédé depuis par les invasions barbares mais qui a toujours un peu de mal à se poser la question : pourquoi certains nous en veulent-ils ?

Jeudi soir, escalade. Un peu marre de la salle de la place des Fêtes, ousque les prises sont toutes lisses et les voies manquent de variété, direction Issy et MurMur, des salles d’escalade qui exploitent plutôt astucieusement les arcades d’une voie de RER pour faire des jolies voies, dans tous les styles, y compris de beaux faux rochers avec de l’escalade en fissure ou sur colonne. C’est joie et bonheur, c’est juste pas donné, hélas : 13 € l’entrée, ça fait vite mal.

8 juin 2008

La diagonale du fou à cheval

(titre éhontément piqué à une réplique d’Alcide Nikopol)

Alors voilà, tout le monde est d’accord : il était fou.

Ouf. Soupir de soulagement : ce type n’était pas comme nous.

De qui je parle, au fait ? Du bonhomme qui a buté sept personnes et en a blessées une vingtaine, tout à l’heure, à coups de camion puis de couteau, là-bas, à Tōkyō.

Il a été pris d’un « coup de folie », comme dit l’animateur de France 3, improvisé psychiatre pour l’occasion.

C’est marrant, j’avais tendance à imaginer que la folie, en tout cas dans sa variété qui soulage les non-fous de n’être pas comme les fous, devrait être à peu près stable. Voire en régression : les vrais fous, jadis enfermés ou éjectés de la société, peuvent maintenant être pris en charge depuis que plein de gens super intelligents — qui n’auraient jamais, soit dit en passant, affirmé que quelqu’un était fou sur la simple foi d’un petit massacre — ont étudié comment les aider à contrôler leur folie.

Pourtant, les petits massacres continuent, voire augmentent, et tout le monde se demande d’où sortent ces fous.

Nous n’arriverons à rien, j’en ai la conviction, tant qu’on n’inversera pas la charge de la preuve : aujourd’hui, un type qui tire au hasard dans la foule est catalogué fou et l’on doit se battre pour montrer qu’il est violent, amer, misanthrope peut-être, mais responsable et conscient de ses actes. Or, j’ai le sentiment qu’une bonne partie de ces assassins ne sont pas fous, mais des types tout à fait normaux, comme vous et moi justement, qui craquent pour des raisons qui restent à déterminer.

D’ailleurs, l’auteur d’un massacre scolaire au nord du Japon, il y a sept ans (jour pour jour, les trucs qui nous servent de journalistes ne se sont pas privés de le rappeler), s’expliquait ainsi : « Je n’en pouvais plus, je n’avais pas la force de me suicider. Je me suis dit qu’en tuant des enfants des classes aisées, je serais condamné à mort ». Raisonnement spécieux ? Peut-être. Raisonnement biaisé peut-être, mais cohérent. Il n’y a pas de folie là-dedans, juste du pragmatisme poussé à l’extrême.

Il conviendrait donc, au contraire, de supposer ces individus sains d’esprits jusqu’à preuve de leur folie, et de s’interroger sur les raisons de ces « coups de folie ». Qui, parmi nous, n’a jamais rêvé de massacrer son patron, d’étrangler soigneusement son président de la République ou d’exploser la belle tête toute propre d’un de ces mecs cools à la coupe Elseve et au sourire Colgate ?

S’il y en a, n’hésitez pas à le dire, ça m’intéresse de savoir si on est vraiment différents ou si vous manquez juste d’imagination.

Donc, je suppose, sur la base de mon expérience et de longues discussions avec des amis à moi, qu’une part non négligeable de la population a déjà fait ce genre de rêve éveillé. Suffit-il de passer à l’acte pour être fou ? Dans ce cas, tous ceux qui suivent une pulsion quelconque à un moment donné doivent être qualifiés de même, qu’il s’agisse de jeter un verre à la figure de quelqu’un ou d’embrasser sa femme par surprise et sans préméditation.

J’en viens donc là : soit certains massacreurs sont aussi sains d’esprits qu’une bonne part d’entre nous, soit nombre d’entre nous sont aussi fous que nombre d’entre eux.

Qu’est-ce qui fait qu’on pète un plomb et qu’on met ses petits rêves honteux à exécution ? L’occasion, un surplus, un événement déclencheur, ou trop de choses d’un coup ? Je n’en sais rien. Ce que je sais en revanche, c’est que tant qu’on balaiera le problème d’un revers de manche en affirmant péremptoirement : « il est fou » — avec l’inévitable sous-entendu : pas moi, pas les gens normaux, c’est un cas isolé ou une valeur aberrante, imprévisible et sans aucun lien avec l’environnement, la société, les gens… –, on n’avancera pas.

Cessons donc de nous isoler péremptoirement de toutes les atrocités : la Seconde guerre a très bien montré que les gens ordinaires possèdent en germe les pires saloperies. Cherchons plutôt comment empêcher les sains d’esprit de franchir le pas.

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