31 mai 2008

Paris, semaine 3

herisson26 à 19:54 — Filed under: En vracPas de commentaire

Mercredi, pitite promenade en banlieue sud. Juste pour voir. D’ailleurs, je crois pas y retourner, pour ce que j’ai vu des choses passionnantes : Vitry, c’est limite glauque quand même. Chantiers, travaux, et un centre commercial comme principale attraction…

En revanche, en remontant vers le Nord pour filer dans le XIIIè trouver une piscine ouverte, je suis tombé sur une paire de rails qui me disait quelque chose. Bien rouillés dessus-dessous. Avec des murs au milieu, des gares en ruines sur les côtés et des tags autour des gares.

En fait, j’avais déjà vu ces rails. Dans ce bouquin de Christin et Goetzinger, qui est sans doute ce qu’ils ont fait de mieux ensemble.

Le plus con, que Christin ignorait totalement à l’époque où il décrivait l’abandon de cette ligne, c’est que la petite ceinture non seulement existe toujours (sous la forme des lignes de bus PC), mais qu’on l’a reconstruite quasiment à l’identique, à cinquante mètres près : la ligne de tram T3 en reprend un gros bout au Sud de Paris, et devrait être prolongée sur l’Est.

On avait donc une voie normale à rails en T, en site propre, qu’il suffisait de rénover (un coup de ponceuse sur le dessus du rail) et d’électrifier pour y faire circuler un tramway, qui a été dupliquée dans une voie normale à rails en U, en bonne partie à niveau et donc soumise aux aléas de la circulation automobile. J’ose pas imaginer ce que cette connerie a dû coûter, tout ça pour le plaisir de faire un véhicule qui se mange un feu rouge tous les 200 m au lieu d’un qui peut rouler de bout en bout à son rythme.

Enfin si, j’imagine très bien : le faire passer sur la petite ceinture coûtait 1,8 milliard de francs pour faire circuler 17 000 personnes à l’heure à 28 km/h de moyenne. Le système retenu dépassait les 2 milliards, transporte moins de 3 000 passagers à l’heure et ne dépasse pas 20 km/h.

Seuls avantages de la voie de tramway à part : elle facilitait les correspondances avec les bus et sa construction a été l’occasion de rénover le quartier. C’était pas du luxe et il reste du boulot. Par ailleurs, l’implantation de deux voies de tram sur les Maréchaux a fait râler les caisseux parisiens, ce qui en soi est une bonne nouvelle.

À part ça, le film de la semaine fut Deux jours à tuer, de Jean Becker. Au début, c’est pas loin d’être génial : un publicitaire (Dupontel, impeccable à son habitude) se réveille à la quarantaine et décide d’être honnête. Il quitte son boulot, dit à ses amis (des connards prétentieux bourrés de thune) que ce sont des connards prétentieux bourrés de thune, à sa femme (épouse parfaite à qui on n’a absolument rien à reprocher, justement) qu’elle l’emmerde et se barre.

Le problème, c’est le retournement final. On est très, très loin d’un American Beauty. Ici, finalement (gros spoiler, si vous lisez, tant pis pour vous, venez pas vous plaindre), il s’avère que notre héros ne fuit pas ses collègues parce qu’il a réalisé que ce sont des putes, ne plaque pas ses amis parce que ce sont des connards et ne quitte pas sa femme parce qu’elle l’emmerde. Non, s’il part, c’est parce qu’il a un cancer et qu’il les aime trop pour leur imposer le spectacle de sa déchéance. Donc, ces putes, ces connards et cette trop-parfaite-un-peu-chiante, finalement, ce sont des gens qu’on aime et qu’on adore parce qu’ils sont formidables et on veut pas les faire souffrir.

Voilà qui justifie amplement qu’on foute une grosse bulle à ce navet, qui avait tout pour être un bon film (très bon par moments) jusqu’à cette intolérable niaiserie finale.

Énervé ? Oui, peut-être. J’aime pas être pris pour un imbécile par un scénariste.

25 mai 2008

[Rec]

herisson26 à 19:46 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Paco Plaza et Jaume Balagueró, 2008, ****

Je suis pas super fan des films d’horreur. D’ordinaire, soit je les trouve nuls à chier (comme le fameux Zombie de Romero) ou hilarants (Resident evil de Paul Anderson), soit je sors de la salle avant la fin. Rares sont ceux qui arrivent à me fasciner sans me dégoûter.

Ce fut le cas de Audition, de Takashi Miike. Et ce n’est peut-être pas un hasard si [Rec] est basé sur grosso modo la même structure : des gens normaux dans un monde normal, qui prévoient plus ou moins de s’embêter et se demandent quoi faire pour tromper leur ennui, voient le monde sortir de ses gonds et partir en couille.

Astuce supplémentaire de [Rec] (d’où le titre, d’ailleurs) : tout est filmé par la seule caméra de Pablo, qui accompagne Ángela dans un reportage sur la vie nocturne d’une caserne de pompiers. L’idée peut paraître déjà vue, notamment par les habitués de Blair Witch, mais elle donne une force particulière : on ne voit, on n’entend, on ne sait que ce que voient, entendent et savent les personnages. Les scénaristes ont dû parfois se creuser la tête pour arriver à placer telle ou telle scène (comme lorsque la caméra, à terre, est rallumée par une gamine curieuse après que la police ait interdit à Pablo de filmer), mais ça fonctionne magnifiquement.

Pour le reste, c’est un survivor de zombies presque classique. Presque. Jusqu’au bout, on pressent une fin normale pour ce genre (vous connaissez Resident evil ?), mais Jaume et Paco ne font pas cette erreur et retournent l’histoire dans le tout dernier plan.

Un peu d’humour, une réalité bien réelle qui bascule petit à petit, tout ce qu’il faut pour immerger le spectateur, une fin qui tue (ah, ah, ah, jeu de mots inside) : c’est peut-être la recette pour un bon film d’horreur.

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

herisson26 à 19:19 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Steven Spielberg, 2008, ****

La très mauvaise surprise, à la limite de l’impardonnable, c’est la toute première scène du film — une poursuite entre un groupe de débiles en hot-rod et une colonne militaire, juste pour le plaisir.

Ensuite, Steven retrouve rapidement le rythme des trois premiers tomes, et Harrison ne se lasse pas de jouer avec son âge. «  Vous pensez encore pouvoir faire ça à plus de soixante ans ?  », question entendue sans cesse par Harry depuis que le tournage d’Indy 4 a été annoncé, semble être devenu le point central du scénario.

Eh bien, il peut encore. L’action est là, l’histoire toujours aussi abracadabrante, même si les années 50 et le McCarthysme ont remplacé les années 40 et le nazisme. Indy se trouve un gosse, une idée déjà vue et revue (c’est même arrivé à McGyver dans son dernier épisode), qui est ici bien entendu légèrement retournée par le débarquement de la mère du rejeton — traditionnelle oubliée de ce style de scénario. Indy vieillissant, toujours prompt à l’action mais tout de même un peu plus enclin à réfléchir, se retrouve donc avec non seulement une tête brûlée sur les bras (les chiens ne font pas des chats), mais aussi une ex.

Et c’est ce décalage qui fait tout l’intérêt du film, en-dehors des grands classiques de la série (action, explosions, humour bizarre, ennemis patibulaires, un peu de gore là-dessus et emballez, c’est pesé). De même, d’ailleurs, que c’était dans Indiana Jones et la dernière croisade le décalage permanent entre Henry Sr (incarné magnifiquement par Sean Connery) et Indy qui produisait l’effet majeur.

Au final, voici donc un divertissement solide, qui poursuit la série avec réussite, fait la part belle aux acteurs (le trio Harrison/Shia/Karen est véritablement excellent, mais on ne serait pas complet sans mentionner la glaçante interprétation de Cate Blanchett), et remplit pleinement le contrat.

Un grand film ? Pas vraiment. Mais on ne peut pas être à la fois un grand film et un excellent Indiana Jones.

23 mai 2008

Paris, semaine 2

herisson26 à 20:47 — Filed under: En vrac2 commentaires

Deuxième semaine à Paris. Commençons par les choses vraiment importantes : le cinoche.

Shine a light, j’en ai déjà dit du mal ici même. Idem pour Iron man.

Mercredi, j’ai été voir l’inévitable Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (promis, pour le cinquième volume, Steven va trouver un moyen pour faire un titre plus long) et jeudi, [Rec]. Critiques à venir. Globalement, deux bonnes surprises.

Sinon, j’ai un peu plus fait connaissance avec Paris. J’ai découvert la station métro/RER des Halles, avec cette innovation magnifique : il faut son ticket de métro non seulement pour entrer, mais aussi pour sortir. Pour le reste, c’est la station la plus labyrinthique que j’ai vue jusqu’à présent, mais je n’ai mis qu’une vingtaine de minutes à trouver la sortie que je voulais.

Plus intéressant, la circulation parisienne. Premiers éléments de réflexion jeudi dernier, en allant grimper en 106 avec Ghusse ; réflexion renforcée mardi, toujours en allant grimper, avec cette fois sa dulcinée au volant.

Première conclusion : faut vraiment avoir une case en mois pour essayer d’amener une bagnole dans un environnement pareil. J’avais tendance à penser que Paris, c’est Grenoble en dix fois plus gros ; d’un point de vue automobile, c’est faux. Ça n’a rien à voir. Inutile de circuler, de faire une faute, d’être inattentif ou quoi que ce soit pour se faire mutiler une aile ou un pare-chocs : il suffit de faire exister une aile ou un pare-chocs, même parfaitement immobiles sur un parking. Les parisiens sont pressés au point de perdre du temps (ben oui, quand ils s’entassent sur un carrefour au lieu de laisser filer les autres, tout le monde y passe des heures) et le code de la route n’est qu’une vague notion. L’interdiction de klaxonner en ville est une vue de l’esprit, les priorités aussi et les feux tout autant.

Seconde conclusion : je commence à sérieusement me dire que si je ne m’installe pas en banlieue prochainement, je préférerai vendre le van que prendre le risque de l’amener ici. Pas tout de suite : j’en ai besoin pour le mariage de Klo et Yo, le 12 juillet.

Hier, j’ai fait un tour à Montparnasse. Trop peu de contraste pour faire une photo correcte, et je n’y remettrai sans doute pas les pieds de sitôt : plus cher que la tour Eiffel, quasiment autant de queue à l’entrée, et besoin de décompresser à la descente (200 m en 40 secondes). Ah, et l’entrée est nettement plus difficile à trouver.

Marché le long du Louvre, aussi. Toujours aussi choqué par le léger décalage de la pyramide, pas tout à fait dans l’axe du bâtiment, mais moins par cet immondice lui-même : finalement, le Louvre est tellement prétentieux sur le plan architectural que la pyramide passe dans la même veine.

Dernier truc hallucinant : le tarif de l’alimentation rapide. Le sandwich tout bête tourne aux environs de 3,50 €, soit un euro de plus qu’à Grenoble. Au passage, inutile d’espérer trouver un kebab dans Paris : ici, c’est la sandwicherie qui se trouve à tous les coins de rue. Dans le quartier (de Montgallet à Porte Dorée, grosso modo), j’en ai trouvé qu’un. Pire, dans les bistrots : le demi à 3 €, l’orangeade à 2,50 €, le petit noir à 2 €… J’ai pas encore fait le tour, donc peut-être que je suis seulement tombé sur les équivalents locaux de l’Irish coffee du tribunal de Grenoble, mais je comprends mieux pourquoi Vincent m’a proposé des tickets-restau en me disant : « ça coûte une fortune de bouffer à Paris ».

21 mai 2008

Révision de notes sur Allocine

herisson26 à 11:57 — Filed under: Cinéma et téléUn commentaire

Avant qu’on ne me pose la question, je préfère le signaler : certaines notes ne sont plus identiques entre les critiques publiées ici et celles publiées par moi-même sur Allocine. En cause, comme le dirait cet enfoiré de Ghusse qui a passé sa semaine à me convaincre de me lancer dans ce chantier : « trop de **** tue le **** ».

En plus clair, ça donne : le barème n’était plus adapté. N’importe quel très bon film se prenait ****, les plutôt bons ***, les moyens **, les mauvais * et les archi-nuls O. Le problème, c’est qu’il n’était pas possible de distinguer la centaine de « très bons » de la trentaine de « géniaux ».

J’ai donc repris l’ensemble des notes (et pas seulement celles pour lesquelles j’avais pondu une critique) pour mieux mettre en avant les films un peu spéciaux, et refaire du **** le label de qualité qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Grosso modo, ça devient donc :

**** : film de très haut niveau, solide à tout point de vue, qui donne beaucoup plus que l’ordinaire

*** : très bon film, qui apporte un spectacle de qualité sans pour autant révolutionner l’histoire

** : film moyen, qui remplit le contrat mais n’apporte pas plus que ce qu’on lui demande

* : film auquel il manque quelque chose, pas forcément chiant mais qui ne passe pas très bien

O : film archi-nul qui donne envie de massacrer l’équipe de production

Notez que, ici même, le problème ne se pose pas de la même manière : j’ai très rapidement ajouté au barème de base la rubrique chefs-d’œuvre, qui désigne précisément les films qui font exploser l’échelle de mesure (actuellement, il y en a… 4, pas plus). Les deux barèmes sont donc désormais assez différents : un **** d’ici peut se retrouver à ***, voire ** sur Allocine. Un film moyen à tout point de vue, comme Tu peux compter sur moi (étonnamment, malgré son titre plutôt nunuche, celui-ci n’est pas français), est à ** ici et à * là-bas.

20 mai 2008

Allelujah !

herisson26 à 22:01 — Filed under: Air du tempsUn commentaire

http://fr.today.reuters.com/news/newsarticle.aspx?type=topNews&storyid=2008–05-20T171151Z_01_GAR061549_RTRIDST_0_OFRTP-FRANCE-POLITIQUE-MEGRET-20080520.XML&src=rss

19 mai 2008

Iron man

herisson26 à 23:03 — Filed under: Cinéma et télé,terriblePas de commentaire

de Jon Favreau, 2008, *

La semaine passée, quasiment dès mon arrivée à Paname, je me suis payé deux abonnements :

– une carte de piscine ;

– une carte UGC/MK2.

Pour ceux qui connaissent pas, la seconde permet d’aller au cinéma dans les salles partenaires autant qu’on veut, sans débourser un centime. Enfin, faut juste acheter l’abonnement, quoi. Ça coûte le prix de trois entrées, donc à une séance par semaine, c’est amorti, et j’ai tendance à faire plus d’une séance par semaine…

Grâce à Iron man, j’ai découvert le deuxième avantage de la carte UGC/MK2 : à la sortie d’un nanard, ne pas regretter ses 8 euros. Parce que franchement, avec tout le respect que j’ai pour Robert Downey Junior et Gwyneth Paltrow, ça m’aurait fait mal au cul de payer pour voir ça.

Le pire, c’est que ça n’arrive même pas à être hilarant comme a pu l’être le magnifique Godsend, expérience interdite. Iron man ressemble à une parodie sérieuse, vous savez : je tente de faire un grand film en reprenant le pire des douze œuvres emblématiques d’un genre particulier.

Donc, on a Tony, sale con arrogant (Bob Jr fait très bien les sales cons arrogants, donc on a vraiment envie de le buter d’entrée) doublé d’un honnête inventeur et marchand d’armes. Tony va sur le terrain en Afghanistan vanter les mérites de son chef-d’œuvre, un missile à sous-munitions baptisé Jericho (déjà, un chef d’entreprise sur le terrain, on voit la crédibilité du truc). Mais là, petit soucis, il se fait prendre en otage par un groupe terroriste déjà tout équipé par ses usines qui veut s’offrir le Jericho. Il fait semblant d’obéir mais, en fait, travaille pour se sortir de se pétrin (toute ressemblance avec Le secret de l’espadon, d’Edgar Jacobs, est fortuite) en créant une armure-exosquelette super performante, à partir de la pile du pacemaker qu’un gentil chirurgien afghan lui a posé dans sa grotte (oui, crédibilité toujours).

Le gentil chirurgien afghan meurt, Tony s’évade, mais pendant sa captivité, il a pris conscience que c’est mal de faire des armes et annonce son intention de démanteler son usine. Curieusement, le traitement de cette scène est tel qu’on n’en a absolument rien à foutre, alors que franchement, imaginez que Serge Dassault vienne nous annoncer qu’il a eu l’illumination et qu’il ne construira plus de machines à tuer, on serait tous morts de rire. Du coup, Tony construit en secret une armure encore plus mieux et se fait un pacemaker encore plus mieux et décide d’aller sauver la planète, enfin, un patelin afghan et un pilote de F-22 pour commencer. Pendant ce temps, bien sûr, un méchant récupère la première armure et s’apprête à devenir le Méchant du film, et bien entendu, c’est un ami indéfectible de Tony…

Le principal avantage d’Iron man, c’est que contrairement à Superman, ça ne dure pas trois heures. Du coup, on s’ennuie moins. Il y a peut-être aussi que Bob est quand même un acteur d’une autre classe que Chris, que la photo est plutôt réussie, et qu’il y a tout de même un ou deux dialogues qui fonctionnent de temps en temps (hélas, c’est pas ironique comme quand je dis ça d’American beauty : là, c’est vraiment juste de temps en temps). Bref, Iron man ne vaut pas absolument rien, ce n’est pas exactement une sous-daube finie.

Mais faudra quand même avoir bu un verre ou deux pour l’apprécier à sa juste valeur.

16 mai 2008

Shine a light

herisson26 à 20:06 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Martin Scorsese, 2007, ***

Scorsese a un long passé rock&roll. Il a bien sûr réalisé No direction home : Bob Dylan il y a trois ans, et également The last waltz en 76, il a en outre produit Grace of my heart, La route de Memphis et Lightning in a bottle, mais il est surtout responsable de l’admirable montage, nerveux à souhait et d’une virtuosité rare à l’époque, du Woodstck de Michael Wadleigh.

Aussi, c’est avec une pointe d’amertume que l’on doit le constater : Marty vient de nous pondre un bon film. Seulement bon. Il touche pourtant parfois à l’excellence, notamment dans les premières minutes où l’on retrouve la structure de Woodstock : alternance entre reportage et concert, making of du film comme du concert en parallèle. Mais après cette introduction toute en vista, où l’on découvre un groupe toujours aussi joueur qui attend la toute dernière seconde pour faire passer au réalisateur l’ordre des morceaux (« Il faut que je sache par quoi vous commencez. Si c’est un riff de guitare, il faut que je sache qui le fait, d’habitude c’est Keith, mais je dois savoir et si c’est Mick qui chante il faut que j’aie trois ou quatre caméras sur lui… »), le film s’endort légèrement en se rapprochant un peu trop du simple concert filmé — certes avec brio, certes avec une photo impeccable, mais juste filmé.

Bien sûr, on se régale du numéro des Stones, et en particulier des deux derniers guitar-heroes survivants : Keith et Ronnie, qui s’observent et s’écoutent pendant deux heures, donnant sérieusement l’impression de deux sales gosses qui font un concours et, en même temps, dont chacun laisse l’autre faire son numéro. Keith vole franchement la vedette à Mick de temps en temps et, à propos, ce dernier est un peu ailleurs : c’est vraiment le duo des guitaristes qui fait œuvre commune, tandis que Mick est toujours un peu à part, devant ou à côté, et que Charlie se planque sans arriver à se faire oublier — il faut dire qu’il est le seul du groupe à avoir l’air à peu près équilibré.

Mais le film d’un concert doit apporter quelque chose en plus du simple concert. Et c’est là que Marty n’est pas vraiment à la hauteur : il fait peut-être une œuvre à la gloire des Stones, il enregistre magnifiquement un concert, mais il peine à faire un film, à dégager sa touche personnelle.

No country for old men (Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme)

herisson26 à 19:12 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Ethan et Joel Coen, 2007, ****

À première vue, on a l’impression que les frères Coen reviennent à leurs premières amours : le polar contemporain (rappelez-vous Sang pour sang, Fargo ou The big Lebowsky).

Llewelyn Moss, occupé à braconner son pain quotidien dans le sud du Texas, tombe sur un lot pick-ups abandonnés. Autour des véhicules, des corps et, à l’intérieur, un type plus qu’à moitié mort, un stock de drogue et deux cent mille dollars. Règlement de comptes entre trafiquants qui a mal tourné ? Comme tout le monde, Moss récupère le sac aux billets et rentre chez lui dare-dare.

Le problème, c’est le dernier homme — il y a toujours un dernier homme. Il se met au cul de Moss, cherchant à récupérer l’argent. Et comme il a une case en moins qui le pousse à simplifier au maximum ses relations avec les autres (t’es mort, je me sers, c’est simple), son propre employeur vient de lui coller un tueur aux basques. Et parallèlement, le vieil homme du titre, le shérif Bell, pressent une belle saloperie et essaie de récupérer Moss avant ses poursuivants.

Tous les ingrédients sont en place pour un hybride de western et de road-movie comme les Coen savent les faire. Avec pas mal d’humour décalé, bien sûr.

Pourtant, ce No country for old men finit par dynamiter les clichés du genre. La piste principale se révèle totalement oubliée à la fin, où il se passe un truc qu’on n’attendait pas vraiment (voire vraiment pas). Enfin non, deux trucs. Qui redonnent une perspective nouvelle au titre et, surtout, au personnage de Bell, qui incarnait jusque là le flic à l’ancienne, un peu déphasé par le monde moderne mais qui ne lâche rien et finit quand même par arriver à ses fins — un rôle sur mesure pour Tommy Lee Jones, qui l’a déjà tenu dans MIIB. Car, finalement, le personnage central (on ne peut pas vraiment parler de héros à ce stade) n’est pas celui qu’on pense.

Comme souvent chez les Coen, l’humour est omniprésent, décalé et porté par des dialogues réussis. La photo est magnifique, les acteurs impeccables, le rythme parfaitement maîtrisé. L’hémoglobine un peu visible, aussi. Mais c’est surtout le retournement savant et habile du road-movie policier qui fera rester ce film dans les mémoires. Finalement, après quelques jours de repos (j’ai vu ce petit bijou mercredi), il laisse une impression totalement différente des autres films récents des frangins (Intolérable cruauté ou O’Brother), beaucoup plus sérieuse, beaucoup plus « blues », mais pas moins forte.

Arme d’immortalisation massive

herisson26 à 17:34 — Filed under: La minute geek,PhotoUn commentaire

Comment, il est pas bien, mon titre ?

Comme annoncé précédemment, j’ai récupéré les photos de mézigue avec un Olympus E-3 et un Zuiko 90–250 f/2,8 dans les pattes. Mon collègue ayant été précisément en train de jouer avec un E-420 et un fish-eye 8 mm, ça fait un effet intéressant : le plus gros appareil et le plus gros objectif (QUI a dit « le plus gros photographe » ?) photographiés par le plus petit boîtier et le plus grand angle de la gamme…

Renaud l’a sobrement baptisée « Rambo arrhhhhhhh ».

« On va tous les photographier, m’sieur. »

Comme je disais dans ma causerie d’hier, l’ensemble est un poil lourd. Franchement, caler le coude sur le genou, ça aide bien à stabiliser. Même si  « Il est léger et compact pour une grande facilité d’utilisation et un faible encombrement » (doc Olympus). 

Faites pas gaffe au bruit, c’est un E-420 qui a pris la photo à une sensibilité inavouable.

Maintenant, j’essaie de trouver un lecteur de cartes CF pour voir si les photos que j’ai prises avec ce monstre « léger et compact » sont lisibles.

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