30 juin 2007

Rallye Terres du Diois, ES 1 et 4

herisson26 à 21:46 — Filed under: Envoyé spécial,PhotoUn commentaire

Le rallye Terres du Diois, inscrit en national l’an passé, fait son grand retour en championnat de France.

C’est la garantie d’un plateau de qualité, avec des bonshommes comme Jean-Marie Cuoq (voir article précédent) aux commandes d’une 307 WRC (la voiture que seul Peugeot n’a pas réussi à faire gagner).

Il accueille également le volant 206, ce qui est une nettement moins bonne nouvelle pour les spectateurs : certes, il faut des formules de promotion, mais voir passer en trente exemplaires la même voiture, une traction avant qui plus est (la forme la moins spectaculaire de véhicule), c’est un peu monotone.

L’édition 2006 s’était achevée sur une grosse surprise, avec un doublé signé Gillouin (qui avait l’excuse d’être d’Aurel, donc de bien connaître le terrain) et Eydoux, pilotes de… Saxo T4, qui avaient donc en toute simplicité grillé des voitures à peu près deux fois plus puissantes que les leurs, profitant du manque de motricité d’un terrain détrempé pour gommer leur handicap (la Saxo T4 est une quatre roues motrices, mais d’environ cent cinquante chevaux).

Cette édition, particulièrement sèche, s’annonce comme le retour en grâce des «grosses» : les WRC peuvent passer leurs trois cents chevaux et devraient donc se tailler la part du lion.

de notre envoyé spécial.
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Pffff… C’est lent…

herisson26 à 19:39 — Filed under: Air du temps,Envoyé spécial,PhotoUn commentaire

On m’a dit parfois, çà et là , sur des forums :

Le K10D, il est pas mal, mais la rafale est limitée à trois images par seconde, c’est vachement moins bien que le D200 ou l’EOS 30D qui font du cinq.

Juste pour que vous le sachiez, trois images par seconde, ça donne ça (en encore, j’ai pas toujours tenu appuyé et la rafale est un poil ralentie le temps que l’auto-focus se recale entre deux photos) :

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18 juin 2007

Aïeuh !

herisson26 à 10:37 — Filed under: En vrac3 commentaires

Bon, voilà , c’est fait : ce week-end, descente complète (depuis Vallon-Pont d’Arc) des gorges de l’Ardèche.

Ça faisait dix-sept ans que j’avais pas mis le cul dans un kayak. Du coup, je craignais un peu la reprise, qui s’annonçait brutale avec entre cinq et sept heures à la pagaie.

En fait, c’est vrai, c’est long. Surtout que l’Ardèche, c’est pas vraiment plein de rapides : c’est surtout d’immenses plagnoles bien monotones, où l’on a le temps d’admirer le paysage (ça vaut le détour) et de regretter de pas avoir un bateau plus léger.

Parce que faut pas rêver : le kayak, ça n’existe plus. On vous file des barques aussi lourdes que vous («Tiens, toi, t’es carré, il t’en faut un grand»), vous vous asseyez dessus (et non dedans), ça pèse le diable, ça veut pas tourner mais, en même temps, c’est incapable d’aller vraiment droit comme un kayak de course en ligne. Ça cumule en fait les inconvénients :

  • le poids du gros canoë de transport ;
  • l’incapacité à tirer droit du kayak de slalom ;
  • le manque de maniabilité du kayak de course en ligne.

Tout ça pour le (relatif) avantage d’être quasiment impossible à retourner — faut vraiment faire de très grosses conneries pour dessaler, comme se poser en banane sur un gros rocher et se laisser embarquer en travers dans la foulée.

Autre «avantage» : en cas de dessalage, on n’est pas coincé à bord, puisqu’on est assis dessus et non glissé dedans. En fait, vu le poids du bestiau, il serait dérisoire d’espérer esquimauter, mais j’aimais bien être un peu maintenu dans les tourbillons… Et puis, les coups de soleil sur les cuisses, boaf.

Parce que aujourd’hui, c’est la bonne surprise : pas de courbatures. Et la mauvaise : avec juste un petit voile nuageux qui ne laisse pas penser au soleil, je suis rouge des cheveux aux orteils. Et bon sang que ça fait mal !

Enfin bon, ça fait deux jours marrants avec des gens sympas, pas mal de marrades, quelques passages un peu monotones (sur trente-deux kilomètres, y’en a trente de plats), une bonne grosse fatigue qui fait que je dors encore à moitié.

C’est juste que, la prochaine fois, je demande expressément un vrai kayak — et s’ils n’ont que ces espèces de barques, je prends le plus petit modèle.

6 juin 2007

Kill Bill

herisson26 à 12:51 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Quentin Tarantino, ****

Imaginez une seconde que Akira Kurosawa et Sergio Leone se soient donné rendez-vous pour faire un polar américain.

C’est un résumé sommaire, mais pas totalement dénué de fondement, de ce double film de Tarantino — qui, quoiqu’étant l’un des réalisateurs les plus complètement givrés que je connaisse, n’en est pas moins un excellent raconteur d’histoires.

Le point de départ est simple : quatre ans après avoir été assassinée par ses anciens camarades du Détachement international des vipères assassines, avec son fiancé, sa belle-famille, le prêtre qui officiait et le pianiste qui jouait, la Mariée sort enfin du coma et décide de se venger — et de venger le bébé qu’elle portait par la même occasion. Elle définit cinq cibles, quatre anciens collègues et leur chef, Bill, celui qui lui porta le dernier coup. Vernita Green la spécialiste du couteau, O-Ren Ishii et ses quatre-vingt-huit gardes, Budd et son fusil, Elle Driver la sabreuse borgne, et Bill.

Simple donc, pas vraiment subtil, et c’est là que la magie opère. Tarantino profite de l’occasion pour crier son amour du cinéma sous toutes ses formes, changeant de style avec brio pour rendre hommage tour à tour au film noir américain, au polar d’action à la Bruce Willis, au film de sabre initiatique (avec la participation de Yuen Woo-Ping, le régleur de Tigre et dragon), au western et à son double italien (avec quelques plans typiques de Sergio Leone et une vraie musique d’Ennio Morricone dessus), au road-movie, au film de gangs des années cinquante et même au dessin animé dans le style Akira, dans une stupéfiante scène racontant la jeunesse de O-Ren Ishii.

Le tout est composé avec soin, avec amour même, pour ses acteurs, pour son histoire et pour le cinéma en général. Pas toujours de très bon goût, alternant scènes de violences ultra-réalistes et plans où le sang gicle avec une telle frénésie que ça en devient artistique, toujours hautement réjouissant.

Bref, un vrai bonheur.

5 juin 2007

C’est agréable de savoir que les gens lisent ce que vous écrivez…

herisson26 à 14:24 — Filed under: Air du temps,Coups de sang,Insolite3 commentaires

Voici la troisième ligne de ma lettre de motivation :

26 310 Val Maravel

La réponse, reçue hier après-midi, débutait ainsi :

Merci de vous présenter le mercredi 6 juin à  9h30

La dame que j’ai eue au téléphone, à qui j’expliquais que ce n’est pas évident de calculer un trajet de 800 bornes avec un hébergement en 24 heures (eh, je suis pas Jack Bauer), a compris que j’étais en vacances à 800 kilomètres de Paris. Je dissipai donc le malentendu, rappelant cette information confidentielle que l’on ne trouve que, au hasard, sur mon CV et sur ma lettre de motivation (mon adresse, suivez un peu !), pour entendre en réponse : «Ah, et bien rappelez-nous quand vous serez plus dans la région».

O_o

J’attends qu’on m’explique, s’ils ne s’intéressent qu’à des parisiens disponibles dans la seconde, pourquoi ils convoquent un drômois.

3 juin 2007

Victoire amère ?

Bon, désolé de revenir là-dessus, mais Philippe Val pose la question dans le dernier Charlie de savoir si par hasard, les gens qui ont voté contre le traité établissant une constitution pour l’Europe n’avaient pas la victoire un peu amère — lui, il a voté pour et l’a fait savoir.

Et bien si, Philippe (permettez que je vous appelle Philippe ? J’ai passé plus de la moitié de ma vie à lire vos éditos, et ça me ferait bizarre de dire «Monsieur Val»), nous avons (enfin, j’ai, du moins) la victoire amère.

Nous avons fait un pari, vous comme moi. Vous avez fait le pari que les aspects positifs du texte (charte des droits fondamentaux principalement) étaient une telle avancée, qui s’imposerait à tous, que les cotés négatifs (le libéralisme échevelé du titre III notamment, qui n’était à vrai dire que le prolongement des traités existants) ne seraient qu’un problème secondaire. Vous avez fait le pari que ce texte serait le fondement de la création d’une véritable Union Européenne, qui ne soit plus exclusivement basée sur le profit financier et la circulation des capitaux, mais qui prenne en compte les gens et leurs aspirations à une vie sociale.

Je rappelle cela, parce que c’est un point de vue que je comprends à défaut de le partager, et pour bien ancrer dans le crâne des lecteurs éventuels que je ne vous accuse pas de libéralisme échevelés et que je ne vous soupçonne pas d’amitiés avec les libéraux purs et durs, comme certains «non»istes ont un peu trop facilement tendance à le faire. Il ne s’agit pas, ici, d’une opposition entre la droite supposée de ceux qui votèrent «oui» et la gauche irréprochable de ceux qui votèrent «non», et j’espère que vous aurez l’intelligence de reconnaître que mon refus de ce traité ne fait pas de moi un électeur frontiste.

Vous avez, donc, fait un pari optimiste : ce traité n’empire guère les problèmes des traités actuels, quoiqu’il grave dans le marbre constitutionnel certains points discutables, et permettra des avancées intéressantes.

De mon coté (je ne me fais pas d’illusions sur le fait que je suis loin de représenter tous ceux qui dirent «non»), j’ai fait un autre pari. J’ai parié que le rejet de ce traité n’arrêterait pas la construction européenne. J’ai parié que, après avoir manifesté haut et fort notre refus de cette «constitution» clairement orientée vers le capital, on continuerait la discussion pour concevoir une vraie Constitution européenne, qui ne parlerait pas de fric mais de principes et de démocratie. J’ai estimé que le risque à adopter ce traité était trop grand par rapport au bénéfice que l’on pouvait en attendre ; j’ai préféré ne pas l’adopter plutôt que de conserver pour — a priori — l’éternité des dispositions que je n’acceptais pas.

En somme, vous avez parié que ce traité mènerait à une route plus large, sur laquelle nous pourrions choisir une meilleure voie au carrefour suivant ; j’ai parié qu’il valait mieux s’arrêter une seconde, réfléchir, et attendre pour partir de trouver la bonne route, plus tortueuse mais susceptible de mener à un plus beau paysage.

Au fond, ma «victoire» ne pouvait qu’être amère : elle n’en était pas une. Elle était un choix visant à limiter la casse. Et au soir du référendum, je n’étais pas heureux mais soulagé, ce qui n’a rien à voir. Pour parler de victoire, il aurait fallu voir adopter la charte et la partie constitutionnelle et remettre en cause les titres III et suivants.

Nous ne saurons jamais si votre pari aurait été gagné. Vous pensez sans doute que oui ; je persiste à croire que non, tant est grande ma conviction que les aspects économiques du texte l’auraient largement emporté sur les aspects sociaux, et que l’on aurait continué à tourner en rond comme on le fait depuis le traité de Maastricht.

Nous saurons, en revanche, si mon pari sera gagné. Il le sera si l’Union européenne redémarre, si l’on nous propose une vraie Constitution qui parle d’institutions et de principes fondamentaux sans mettre sur le même plan l’économie de marché et les droits de l’homme ; il sera perdu si l’Assemblée signe sans nous demander notre avis un traité entérinant le marché «où règne une concurrence libre et non faussée» (la bonne blague !) ou si l’on arrête la construction de l’Union européenne pour revenir à des états stupidement perdus au milieu d’un grand univers concurrentiel.

En l’état actuel, notre nouveau président semble plutôt incliné à me faire perdre mon pari ; nous serons alors tous perdants, hélas, sauf peut-être quelques tarés attachés à la France en tant que telle, avec une vraie frontière autour qui distingue les vrais êtres humains, français, xénophobes et prétentieux, des autres.

Alors, oui, ma «victoire», comme vous dites, est amère, et risque de le devenir plus encore. Mais admettez que votre «victoire» aurait pu l’être tout autant, tant le parti de notre nouveau P-DG (pardon, président de la république) s’est révélé fort pour vider de leur contenu social les textes qui ne l’intéressaient pas — rappelez-vous des 35 heures.

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