28 mai 2007

Honkytonk man

herisson26 à 17:38 — Filed under: Cinéma et télé,dépasse les espoirsPas de commentaire

de Clint Eastwood, ****

Dans la grande dépression des années 30, Red, un musicien country qui passe de bistrot en balloche, reçoit une invitation à auditionner pour une grande salle de Nashville — la ville centrale de la country et de la western, bande d’ignares !

Malade, alcoolique, il part dans sa vieille Jaguar fatiguée, flanqué de son neveu Whit, adolescent, et du père de son beau-frère, qui veut revoir son Tennessee natal (dont il était arrivé sur une mule en septembre 1893). Avec à peine de quoi payer l’essence jusqu’à mi-chemin, où il espère bien retrouver un producteur qui lui avait signé un chèque en bois pour gratter les cent dollars qui les mèneront à destination.

En fait de remboursement à l’amiable, ce sera une tentative d’arnaque qui poussera Red et Whit à récupérer leur dû à la pointe d’un fusil… déchargé. (C’est pas l’inspecteur Harry, tout de même !)

Fuyant dans la foulée vers le Tennessee promis, ils embarquent une serveuse et reprennent la route…

Un road-movie assez classique dans sa forme, qui montre que Clint savait déjà se faire oublier en tant que réalisateur pour mieux servir son propos. Une bande-son remarquable, avec quelques musiciens plus ou moins connus qui passent discrètement apporter leur voix (comme c’était arrivé dans les Doux, dur et dingue et Ça va cogner), le tout se savoure avec bonheur et, toujours avec une légèreté de bon aloi, pose quelques questions sur le sens de la vie (en particulier de celle des musiciens de bars)…

Très bon moment assuré.

23 mai 2007

Mon vieux François…

herisson26 à 12:22 — Filed under: Air du temps,Coups de sang,Prise de courgePas de commentaire

Ce midi, j’ai entendu notre premier sinistre, François Fillon, dire qu’il allait faire ceci, faire cela, faire plein de choses… notamment un service minimum dans les transports d’ici septembre.

Je vais pas me prononcer sur le service minimum, vous devez vous douter de ce que j’en pense.

Mais François, mon vieux François, t’oublies juste une ou deux choses.

La première, c’est que c’est pas toi qui fais les lois. On a un parlement pour ça, avec une assemblée nationale et un sénat et pleins de débats contradictoires. Je sais bien que, ces cinq dernières années, tes prédécesseurs ont un peu perdu l’habitude de demander son avis au parlement, dans le meilleur des cas transformé en chambre d’enregistrement, dans le pire des cas purement et simplement contourné à grands coups de 49.3.

La seconde, c’est qu’il y a une vraie possibilité que tu te retrouves au chômedu d’ici fin juin. Parce que dans trois semaines (± trois jours), on élit des députés, tu sais, les gens qui composent l’assemblée qui fait les lois (lois que tu n’es payé que pour appliquer, pas pour créer). Et ces gens-là pourraient bien être majoritairement opposés à tes mesures magiques pour redresser la France. Bien sûr, rien n’interdit à ton ami Nico de te garder ton poste même avec une assemblée qui lui serait hostile (on appelle ça une cohabitation) : le fait de prendre un premier ministre du coté de la majorité parlementaire est une tradition instaurée en 86 par Mitterrand, pas une obligation légale.

Il n’empêche : s’il te garde à ton poste, il est tout à fait possible que tu sois payé pour faire appliquer des lois que tu détesteras, parce que ce n’est pas toi qui les décides. Note en passant que, franchement, ça me ferait marrer. Donc, c’est un peu tôt pour parler de ce que tu feras en septembre.
Mais surtout, François, je t’ai entendu dire que tu allais virer du gouvernement les ministres qui se feraient latter aux législatives (donc, tu as dû entendre parler de ces élections : pourquoi tu fais comme si elles existaient pas, alors ?). Figure-toi que c’est le truc le plus con que j’ai entendu depuis longtemps (et pourtant, j’ai beaucoup regardé les infos ces derniers mois).

Parce que, dans le gouvernement, on fait partie du pouvoir exécutif, tu es d’accord ?, et en tant que député, on est dans le législatif, toujours d’accord ? ; or, il y a plein de gens qui ont planché sur la question, y compris un très célèbre Montesquieu qui a pondu L’esprit des lois, et ils sont tous arrivés à la même conclusion, je vais à la ligne pour te la citer comme il faut :

Tout pouvoir tendant naturellement à l’abus de pouvoir, il convient de séparer les différents pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et de s’assurer qu’aucun de ces pouvoirs n’existe sans être contrebalancé par les deux autres.

Or donc, tu veux virer ceux qui ne seront pas élus députés. Fort bien, ils seront au chômage (à moins qu’ils n’aient également été député européen, maire, conseiller général ou autre, peut-être même avaient-ils un emploi quelque part, après tout, personne n’a vraiment fait attention aux lois sur le cumul des mandats).

Mais ce qui m’intéresse, c’est le sous-entendu de ta phrase : ceux qui seront élus resteront donc au gouvernement.

Là, je vois deux solutions :

  • Ils refusent leur mandat de député, et alors, leurs électeurs auront la satisfaction profonde d’avoir été pris pour des cons et d’avoir voté pour un courant d’air. Attention, ils pourraient bien voter contre toi juste pour te faire chier aux prochaines élections.
  • Ils sont à la fois députés et ministres, et alors, ils sont le cul entre deux chaises, à la fois au législatif et à l’exécutif. Ils concentrent les pouvoirs, avec seulement le judiciaire pour tenter de les contrebalancer ; mais on sait bien que le judiciaire est souvent prié d’attendre lorsqu’il s’intéresse aux affaires de l’état. Donc, on n’est plus en démocratie.

Comme tu le vois, François, ton dernier blabla me gêne un peu. Ça me ferait marrer d’entendre un truc aussi con, si ça me faisait pas autant peur d’entendre un truc aussi dangereux.

21 mai 2007

La course aux iso

herisson26 à 9:36 — Filed under: La minute geek,PhotoPas de commentaire

Un article très intéressant de DPreview nous parle des hautes sensibilités dont se vantent les fabricants d’appareils compacts (certain annoncent 5000 iso, alors qu’aucun fabricant de reflex ne le propose, cherchez l’erreur !), et nous explique pourquoi c’est très proche d’une arnaque pure et simple.

http://www.dpreview.com/articles/compactcamerahighiso/

Désolé pour ceux qui lisent pas l’anglais. Passez directement en page 3 (High ISO modes compared) pour regarder les images, ça se passe de commentaire.

20 mai 2007

O’Brother

herisson26 à 12:23 — Filed under: Cinéma et télé,ahurissant,dépasse les espoirs2 commentaires

de Joel et Ethan Coen, ****

George Clooney n’a vraiment pas de bol : avec les Coen, il lui arrive toujours des histoires incroyables.

Dans cette transposition partielle et totalement revue et corrigée de L’odyssée d’Homère, George joue Ulysses, un malfrat ordinaire, quoi qu’adepte de formulations précieuses et de gomina, envoyé au bagne dans les années 1930. Il s’évade, enchaîné à Delmar, un simple d’esprit, et Pete, un bougon mal embouché, à qui il a fait miroiter de partager son butin.

Leur route étrange et saugrenue les mènera d’embûche en embûche : poursuivis par le shérif Cooley, ils se retrouvent pris en stop par un Al Capone en herbe, se font assommer par un négociant aussi beau parleur qu’Ulysses, rencontrent un guitariste blues qui a vendu son âme au diable et un producteur aveugle qui leur fait enregistrer un tube, découvrent que «Pénélope» est sur le point de se remarier, se font séduire par les sirènes qui transforment Pete en grenouille et croisent même la route d’hommes politiques en pleine campagne…

Comme d’hab, les frères Coen nous font un beau délire bien marrant. Comme d’hab, ils font en même temps un vrai polar. Comme d’hab, George est excellent de bout en bout (ah, l’expression qu’il prend un quart de seconde avant de descendre du train !). Comme d’hab, la photo est soignée et touche parfois au sublime. Comme d’hab, ce sont les rebondissements les plus incroyables qui passent le mieux.

Comme d’hab, les Coen nous proposent une œuvre magistrale.

Et encore mieux que d’habitude, la bande-son est époustouflante, dans la tradition folk-blues des années 30, avec une mention particulière pour I am a man of constant sorrow, des Soggy bottom boys.

15 mai 2007

Données personnelles en vadrouille

herisson26 à 18:29 — Filed under: Air du temps,Cinéma et télé,Coups de sangPas de commentaire

Il y a quelques jours, le site bien connu des cinéphiles Allociné (qui est un peu aux francophones ce que l’Internet movie database est aux anglophones) a changé de présentation. Pour se mettre un peu plus au goût du jour, il est désormais possible d’avoir des avatars sur les forums, de personnaliser sa page de présentation ou de rechercher des membres. C’est pas beau, la vie ?

Eh bien, c’est précisément à ce moment-là que, de mon air le plus sérieux, vous savez, celui qui ne laisse place à aucune réplique, je réponds : «Non».

La première chose amusante, c’est que Allociné en a profité pour se torcher et avec la loi de 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés individuelles et avec ses propres engagements en publiant sur les pages membres des données individuelles et nominatives : le prénom et l’âge des membres.

C’est-à-dire que, à l’heure actuelle, sur ma page membre, vous pouvez lire «Personne» parce que j’ai rentré ça comme prénom et que j’ai mis ma date de naissance au premier janvier 1901 ; mais avant que je ne corrige cette atteinte à mes données, il y avait «Franck, 26 ans». Car j’avais eu la faiblesse de remplir honnêtement ces données lorsque j’ai créé mon compte, en voyant écrit à coté : «Votre identité ne sera jamais divulguée sur le site.»

En prime, des données facultatives dans l’ancienne version (civilité, adresse…) sont devenues obligatoires. Avec une conséquence amusante : tant que l’on n’a pas rentré ces données, il est impossible de corriger celles déjà présentes et, donc, de modifier sa page de présentation. Donc, pendant trois jours, le temps que l’on comprenne le problème, nos données étaient affichées et on n’y pouvait rien faire.

Et, cerise sur la gâteau, la fonction de recherche de membres… On pourrait s’attendre à ce que la recherche se fasse sur des critères comme les films ou les réalisateurs appréciés, les forums fréquentés ou les amis communs ; mais non. Les critères de recherche sont : âge, sexe, géographie. Oui, c’est ça, comme sur Meetic. Sauf que bon Dieu, Allociné est un site de cinoche, pas de rencontre !

Or, là, on arrive à quelque chose de très amusant. C’est que quelqu’un qui cherche dans la région un homme de 25 à 34 ans va tomber sur quelques profils, dont un qui indiquerait (si je n’avais menti délibérément) «Franck, 26 ans». Et il se trouve que dans le Diois, je dois être le seul Franck de 26 ans. Donc là, non seulement on communique des données nominatives, mais on communique une identité. Et encore, Franck n’est pas exactement un prénom rare : si je trouve, mettons, une Évodie de vingt ans dans la région Rhône-Alpes, je suis raisonnablement certain qu’il n’y en a qu’une (si encore il y en a…).
Bon, tout ça, c’est une chose. Mais le plus amusant, c’est que même en rentrant tout comme il faut, il y a des membres qui ne peuvent accéder à leur compte (y’a un bug avec certains caractères, apparemment), et qui voient donc leurs données diffusées aux quatre vents sans rien pouvoir y faire, même avec l’aide de ceux qui ont galéré pour trouver une solution.

Interrogé sur la question sur ses forums, Allociné répond que «les nouvelles fonctionnalités sont encore en stade bêta, elles peuvent donc être buggées et pourront être modifiées». Donc, Allocine a fait de nous, sans concertation (c’est déjà discutable) et sans même nous avertir (là, c’est proprement scandaleux), des bêta-testeurs sur un logiciel diffusant des données nominatives.

Mais quand, moi, j’utilise Gimp 2.3, je sais que c’est une version bêta (le second chiffre impair désigne les branches de développement chez Gimp, et c’est précisé sur la page de téléchargements) que j’utilise à mes risques et périls. Si je veux une version stable et sûre, j’utilise la 2.2 ou j’attends la 2.4. Chez Allociné, je me retrouve bêta-testeur d’office, de gré ou de force.

Face à ce genre de problème, on pourrait imaginer que Allociné se dépêche de rassurer ses utilisateurs. Mais je n’ai toujours aucune réponse aux deux courriels que je leur ai envoyés samedi et lundi.

Donc, si vous avez un compte Allocine, dépêchez-vous d’aller modifier toutes vos données. Je vous suggère de vous appeler Personne Anonyme, d’être né le premier janvier 1901, et d’habiter à Nulle part, 00100 Ailleurs (Afghanistan).
Pour finir, le détail plutôt amusant : tout le monde, sur Allociné, est masculin. En effet, parmi les nouvelles fonctions si bien fonctionnelles pour lesquelles on essuie collectivement les plâtres, il y a un test d’affinité de goûts, basé sur les notes attribuées aux films. Et quand on prend le détail, à la rubrique «On n’est pas d’accord», il y a les notes attribuées par «moi» et par… «lui» (même pour une fille).
(NB : un rapide sondage sur les filles avec qui il m’arrive de discuter sur Allocine confirme qu’elles ne trouvent pas ça amusant du tout.)

13 mai 2007

Any which way…

herisson26 à 22:41 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de James Fargo et Buddy van Horn, ***

Il y a quelque temps, je vous avais parlé des films à baffes de Bud Spencer et Terence Hill. J’avais évoqué, juste en passant, les conséquences tragiques de l’invention de ce genre de films avec les autres trucs à baffes (L’agence tous risques, les films de Jackie Chan, …) qui apparurent dans la foulée (et je vous faisais grâce du coup de boule de Les compères).

Là, je viens de revoir deux petits bijoux : les films à baffes de Clint Eastwood. En 78, papy Clint, qui se fait vertement critiquer suite aux aventures légèrement violentes de l’inspecteur Harry («Je sais ce que tu penses : « C’est six fois qu’il a tiré ou c’est cinq seulement ? ». Si tu veux savoir, dans tout ce bordel j’ai pas très bien compté non plus. Mais c’est un .44 Magnum, le plus puissant soufflant qu’il y ait au monde, un calibre à vous arracher toute la cervelle. Tu dois te poser qu’une question : « Est-ce que je tente ma chance ? » » C’est beau, non ? On dirait du Nietzsche.), papy Clint, donc, décide de profiter de l’occasion de faire une vraie comédie d’aventures : ce sera Doux, dur et dingue, de James Fargo. Succès public assez remarqué, ce film mémorable sera suivi deux ans plus tard par Ça va cogner.

On se demande bien d’où vient ce succès. Imaginez Clint en sorte de cow-boy crado des temps modernes, roulant dans un vieux GMC pourri jusqu’à l’os, gagnant sa vie en co-gérant une casse automobile avec son pote râleur et, surtout, en faisant des combats de boxe clandestins. Ajoutez à ça qu’il vit avec un orang-outang alcoolique et lunatique et vous aurez les ingrédients d’un gros truc bourré de gags légèrement lourds.

Donc, Clint joue Philo. Philo vit chez Ma, la mère acariâtre d’Orville, casse des bagnoles et la tête de bonshommes pour gagner sa vie, tranquille. Jusqu’au jour où, dans un bistrot, il tombe sur Lynn, une chanteuse de country, qu’il drague avec toute la légèreté d’un croiseur en manœuvres ; bizarrement, ça marche.

Mais quelques jours plus tard, Lynn disparaît avec le fric qu’il lui a prêté. Philo embarque Clyde, son orang-outang, dans son pick-up, et se fait squatter par Orville — qui saute sur le prétexte de laisser Ma. Ensemble, ils partent vers Los Angeles où, paraît-il, serait partie Lynn.

En route, ils croiseront plein de méchants, dont la bande des Veuves noires, des motards mal embouchés d’une crétinerie sans nom (vous voyez Kerradoc et Perceval dans Kaamelott ?) qui seront les méchants récurrents des deux films, enverront plein de fusils et de flingues au fond de lacs et finiront plein de discussions à la mandale. Bref, du bonheur en barre.

Ça va cogner est un peu différent en ceci que la route n’est plus l’un des éléments principaux. On quitte le road-movie, donc, pour passer à quelque chose d’un peu plus classique : des méchants pleins de fric ne trouvent plus personne pour les combats clandestins de leur poulain, qui a fâcheuse tendance à envoyer ses adversaires à l’hôpital si ce n’est ad patres. Entendant parler des activités de boxeur de Philo, devenu célèbre sur la côte Ouest, ils enlèvent Lynn pour le forcer à accepter le combat.

De tout le pays (on parle des États-Unis, c’est pas rien), des richards et des paumés affluent pour miser leurs dollars et se faire des sensations, y compris une bande de motards qu’on a déjà vue. Mais évidemment, rien n’est simple et ce n’est qu’après une belle série de bastons diverses qu’on arrivera peut-être au combat tant attendu.

Comme pour les films de Spencer, Hill et Chan, rien ici ne révolutionnera l’histoire du cinéma. D’ailleurs, aucun de ces films n’est mentionné sur la fiche de Clint sur Allocine. Mais comme chez les inventeurs du genre, on se réjouit de gags à deux balles, de chorégraphies sophistiquées (c’est compliqué de mettre une baffe, mine de rien), de dialogues nuls et de la présence toujours distrayante d’un orang-outang — par moments, d’ailleurs, le quadrumane vole franchement la vedette aux bipèdes qui l’entourent.

Les esprits les plus exigeants en termes de philosophie pourront même, au passage, apprécier dans Ça va cogner une magnifique scène qui nous rappelle que, au fond, nous ne sommes pas si éloignés de nos cousins de Bornéo.

Doux, dur et dingue (Any which way but loose), road-movie à baffes

Ça va cogner (Any which way you can), film de boxe à baffes O_o

10 mai 2007

Le temps des traîtres

herisson26 à 10:30 — Filed under: Air du temps,Coups de sang2 commentaires

On se souvient (enfin, ceux qui n’ont pas la mémoire trop courte) qu’un certain Nicolas S., de Neuilly, a été tricard au RPR pendant un septennat après avoir eu la bonne idée de trahir son mentor (un certain Jacques Chirac, célèbre en son temps pour avoir poignardé Chaban-Delmas en soutenant Giscard à la présidentielle de 74) pour Edouard Balladur, alors donné gagnant des élections présidentielles de 95. Balladur a explosé en vol, et le traître a traversé un bon bout de désert avant de réapparaître en 2002. Amende honorable, tout ça, il s’est retrouvé ministre de l’intérieur ou des finances pendant cinq ans.

Aussi n’est-ce peut-être pas un hasard si on assiste ces temps-ci à une grande valse-outing des traîtres, poignardeurs dans le dos, pourrisseurs de réputations et assimilés.

Au premier rang, je demande : les 27 députés UDF qui viennent de rejoindre l’UMP. Mais oui, bien sûr, c’est uniquement par conviction politique et pas du tout pour éviter de se retrouver face à un candidat UMP aux législatives… Félicitations, les gars, c’est beau, l’honneur.

En seconde position, le Traître officiel du PS, le type qui a passé six mois à vomir sur Sarkozy et qui, finalement, sentant le vent tourner, a fait à son tour la girouette, j’ai nommé Éric Besson. Il a annoncé qu’il ne serait pas candidat aux législatives (on se demande bien pourquoi… Serait-il suspect même aux yeux des électeurs UMP ?), mais faisons-lui confiance pour avoir trouvé un parachute ailleurs : il refuse de répondre quand on lui demande s’il pourrait faire partie d’un gouvernement Sarkozien…

En troisième place, j’en parle parce que j’ai été scié de le revoir à la télé hier soir (je le croyais — je l’espérais — tricard à vie et partout), je vais juste pour le plaisir rappeler un nom qui évoquera plein de bonheur au SNES : Claude Allègre. L’ami personnel de Jospin, le socialiste convaincu, qui ne peut tellement pas blairer Ségolène Royal qu’il préfère suicider son propre camp en se pointant au QG de campagne de Sarkozy deux jours avant le second tour ou en traitant le candidat PS (candidat est invariable d’après l’Académie française : c’est une fonction, pas une personne) de menteuse au lendemain du débat Sarko-Royal. Merci Claude. Les étudiants en science se souviennent de toi, les profs se souviennent de toi, maintenant, les socialistes ne t’oublieront pas…

Chaque fois que ma fraction manque d’appuis,
Ma conscience m’ordonne de changer de parti.

Frederik Mey in Le politicien.

Je ne sais faire qu’un seul geste :
Celui de retourner ma veste.

Jacques Dutronc in L’opportuniste.

8 mai 2007

Incendie de voiture à Fourcinet !

herisson26 à 15:22 — Filed under: Envoyé spécial,Photo3 commentaires

Vous n’êtes pas sans savoir qu’on a récemment changé de président. Est-ce un hasard ? Jusque dans les banlieues les plus reculées, à plusieurs centaines de kilomètres de Paris, le feu couve.

Aujourd’hui, c’est à Val Maravel, petit village du haut-Diois, qu’un incendie inexplicable a détruit un véhicule de collection et l’appentis qui l’abritait.

de notre correspondant permanent sur place, Franck Mée.

(Lire la suite…)

7 mai 2007

La grande rupture

herisson26 à 10:15 — Filed under: Air du temps,Prise de courgeUn commentaire

Y’a un truc très bien qui s’appelle Google Earth. Téléchargez-le, installez-le, lancez-le, affichez la rubrique «Élection présidentielle France 2007», et allez voir sur la Drôme.

La Drôme, comme vous le voyez, a voté à droite.

Maintenant, approchez-vous un peu, jusqu’à ce que les résultats par commune s’affichent, et baladez-vous un peu.

Vous voyez le problème ?

Dans ce département (mais pas seulement : en Ardèche aussi), il y a une véritable rupture entre la vallée du Rhône et les zones reculées.

En résumant : les pagus montagnards votent à gauche (normal, ils passent leur vie à se serrer les coudes pour quémander un accès ADSL ou pour faire les courses au supermarché le plus proche, à 40 bornes). Les citadins de la vallée votent à droite.

Merde, alors.

Je sais pas, sociologiquement parlant, les conclusion qu’il faut en tirer (enfin, j’ai bien une petite idée), mais ça fait pas plaisir du tout.

2 mai 2007

France will miss Chirac…

herisson26 à 10:22 — Filed under: Air du temps,InsolitePas de commentaire

… C’est ce que nous dit l’International Herald Tribune dans son article d’hier.

En fait, il ne fait que confirmer ce qu’on savait déjà  : Chirac a été un bon président pour les affaires étrangères, même s’il a sérieusement merdé à l’intérieur de son pays.

Ce que nous dit l’article, c’est surtout que les remplaçants éventuels devront faire leurs preuves, c’est le moins que l’on puisse dire. En termes d’international, il relève des petites phrases passées inaperçues chez nous, s’étonne de la différence de traitement entre l’une et l’autre lorsqu’ils ont fait la même bourde sur les sous-marins, et surtout relève quelques petits bonheurs qui montrent les compétences en anglais de nos présidents potentiels (je demande pas à un président de la République de parler anglais, mais qu’il ferme sa gueule et laisse faire son traducteur s’il n’est pas capable de dire deux mots sans se ridiculiser) :

«Investment in research has decreasing a lot, and that’s bad.» Indeed, Mrs Royal.

«I run. This morning. In Central Park. With T-shirt firefighters.» Well, run more and speak less, Mr Sarkozy.

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