30 janvier 2007

Français, votez pour moi

d’Audrey Pulvar, *

Hier soir, j’savais pas trop quoi faire de ma télé. Jugé coupable est très bien, mais je l’avais déjà vu deux fois. Alors, j’ai regardé cette émission politique de France 3, présentée par Audrey Pulvar (et un invisible dont je ne suis pas convaincu de l’utilité).

Au programme, quatre invités représentant quatre candidats à la prochaine présidentielle. De gauche à droite1 : Lagarde, député-maire (à quand l’interdiction du cumul des mandats ?) de Drancy, pour Bayrou ; Dray pour Royal ; Devedjian pour Sarkozy ; le Pen fille pour le Pen père.

Face à eux, onze personnes sélectionnées par l’émission parce que supposées représenter les Français et avoir quelque chose à dire (hum, hum… Représenter les Français <-> avoir des choses à dire, vous voyez le problème ?).

Autant vous le dire tout de suite, j’ai pas été déçu. La compétence des journalistes n’est pas à remettre en cause : les intervenants étaient bien choisis, ils avaient effectivement des opinions et des questions intéressantes (de quoi douter qu’il représentassent les Français) et Audrey Pulvar faisait montre d’un soucis certain d’équité et de débat digne de ce nom.

Le problème, comme d’habitude, vient des quatre autres, les quatre bœufs ci-dessus nommés. Entre Julien Dray qui, à chaque question, commence par répondre «D’abord, …» pour pouvoir dire ce qu’il avait envie de dire, qu’il y ait ou non un rapport avec la question, Patrick Devedjian dont la langue doit commencer à être sérieusement râpeuse à force de lécher tout ce qui passe (avec lui, tout le monde a raison de poser des questions et seul Sarkozy peut y apporter une réponse satisfaisante),
Marine le Pen qui n’est pas capable de répondre sans hurler (Papa n’a jamais dû lui apprendre à parler sans crier… Ça me rappelle la fille du colonel du 11 1/2 de cavalerie dans Les nouvelles aventures de Lucky Luke…) ni couper ses interlocuteurs, on n’a que Jean-Christophe Lagarde qui a tenté une fois ou l’autre de répondre à une question sans insulter personne ni tout ramener à son candidat. Je crois pas être suspect d’amitiés UDF, mais je pense sincèrement que c’était le moins pire des quatre.

À retenir cependant :

Devedjian est convaincu que seul Sarko peut redresser le pays, mais on a raison de lui demander pourquoi Sarko n’a rien foutu depuis cinq ans, mais seul Sarko peut redresser le pays. Et puis, le travail ne se partage pas : le travail crée lui-même le travail, c’est en travaillant plus (quand on a du taf) qu’il y aura plus de boulot pour les chômedus, la richesse crée la richesse… Air connu chez les capitalistes et libéraux et qui, si je ne m’abuse, a été démonté par Keynes dès les années 30.

Du coté de le Pen, qui connaît bien les besoins des Français puisqu’elle est mère célibataire et catholique, il suffit que les enfants d’immigrés changent de prénom pour que les problèmes de discrimination disparaissent et… la préférence nationale est la solution ultime pour que les enfants d’étrangers ne subissent plus de racisme. Non, s’il vous plaît, ne rigolez pas, c’est sérieux…

Le député-maire de Drancy fait plein de choses pour plein de gens qu’il connaît super bien et remercie son conseil régional (PS) de subventionner ses associations d’aide aux uns et aux autres. La lèche du coté gauche chez l’UDF se confirme plus que jamais, mais en même temps, c’est vrai qu’à l’heure actuelle Royal est la candidate la plus à même de revendiquer l’héritage gaullien.

Quant au PS, égal à lui-même, il fut incolore, inodore, libéral mais pas trop, mou comme une endive cuite sauf quand il s’énervait pour des raisons pas claires…

Au final, je ne crois pas que quiconque ait répondu ne serait-ce qu’à une question sans noyer le poisson dans une suite incontrôlée de phrases vaseuses.

J’ai l’impression que je suis pas près de savoir pour qui voter, moi…

1 C’est pas une erreur, c’est de l’humour.

16 janvier 2007

If only they could talk

herisson26 à 11:46 — Filed under: BouquinsPas de commentaire

de James Herriot, ****

Dans les années 30, James, frais diplômé de l’école de chirurgie vétérinaire, cherche un poste d’assistant. Il aimerait travailler en ville, faire de la bobologie sur des chiens et des chats dans une clinique vétérinaire équipée de l’électricité…

Raté. Il trouve un poste dans le Yorkshire, dans un coin paumé où il faut faire vingt miles en voiture dans le blizzard pour atteindre les patients : des vaches, des chevaux de labour, des cochons qu’il faudra soigner dans le froid d’une écurie, avec un ballot de paille rapidement étalé en guise de table d’opération et l’éclairage hésitant d’une malheureuse bougie.
Il rêvait de vieilles dames attendant patiemment dans le vestibule que l’on finisse de tailler les ongles de leur Yorkshire, il aura des paysans bourrus qui, assis à proximité du champ de bataille, lui affirmeront avec véhémence que «Avec votre prédécesseur, ce veau serait délivré depuis longtemps.» tandis qu’il farfouillera, torse nu, enfoncé jusqu’à l’épaule dans une vache.
Regrettera-t-il cette bifurcation hasardeuse, ou tombera-t-il amoureux de ces paysages de collines enneigées, des ces animaux caractériels dont les propriétaires ne le sont pas moins, des cet environnement où l’heure est une notion toute relative, de son patron lunatique affublé d’un frère fainéant, du thé de la dame de maison et… de la fille du paysan d’à coté ? Bien sûr, c’est la deuxième option qu’il choisira.

Ces bouquins (je n’ai lu que les quatre premiers… pour l’instant : If only they could talk, It shouldn’t happen to a vet, Let sleeping vets lie et Vet in harness) sont constitués d’une suite d’anecdotes. C’est souvent hilarant, parfois émouvant aux larmes, toujours passionnant. Les mésaventures se succèdent, mais aussi, parfois, des succès inattendus qui éviteront à une bête mourante de finir chez Mallock — le boucher du coin.

Au final, une série de bouquins qui sont un concentré de bonheur, à lire absolument.

(Notez que les quatre volumes ci-dessus ont été publiés en deux tomes en français, Toutes les créatures du bon Dieu et Des clients de tout poil, et que je n’ai aucune idée de la qualité de la traduction.)

11 janvier 2007

Pentax K100D

herisson26 à 17:41 — Filed under: PhotoPas de commentaire

Bon, ben voilà, ça faisait un moment que je rêvais des derniers Pentax. Pas encore moyen de regarder de près un K10D (Argh ! Imaginez un Nikon D200 avec un capteur stabilisé à la Minolta/Sony et un anti-poussières à la Olympus, au prix d’un Canon EOS 350D…), mais j’ai eu la chance de tomber dans une soirée sur un type qui avait un K100D, le petit frère du précédent.

Dans la main, c’est pas désagréable. Ça tient dans la main quand on l’a dans la main, comme disait Coluche. Pas un truc à la Canon 350D sur lequel il faut se crisper en permanence. Ceci étant, le K100 reste plutôt petit et léger et… fait pas très sérieux au toucher. On le tient bien, mais on n’a pas vraiment l’impression d’avoir quelque chose de plus solide qu’un compact.

Au niveau ergonomique, hormis la radinerie de n’avoir qu’une molette, pas grand-chose à redire. J’ai trouvé plus vite mes marques qu’avec l’EOS 300D paternel, même si, comme sur le FZ30, la molette (située derrière le boîtier) est difficile à manipuler en cadrage vertical. Reste que ça m’énerve de devoir appuyer sur le bouton de compensation d’exposition en tournant la molette pour régler mon appareil, même si, ici, je n’ai pas besoin de m’éborgner pour trouver le bouton en question (voir l’article sur l’EOS 300D) : il est juste sous l’index.

Le viseur est superbe, enfin, disons, pas à la hauteur d’un 24x36 (aucun viseur d’appareil à capteur APS ne le sera jamais), mais nettement plus agréable que sur le 300D par exemple. Plus lumineux (et en soirée, on l’apprécie), on détecte mieux — ou moins mal — ce qui est net et ce qui ne l’est pas. Au risque de me répéter, cependant, je vais radoter un peu : RIEN ne vaut un stigmomètre !

Le truc qui fâche, par contre, c’est les menus (il semble que ce soit une maladie familiale chez Pentax). C’est pas très intuitif, et la logique de disposition des options est assez… disons que c’est pas ma logique. Ainsi, pour utiliser un objectif un peu ancien (dans la même soirée, un autre gars avait amené un Pentax ME avec un 75–150), il faut activer par mal d’options bien planquées… dans les réglages personnalisés ! Au passage, c’est dommage que les numériques Pentax n’aient plus le petit truc qui permettait aux anciens de savoir sur quel cran était la bague de diaphragme : on est donc obligé de fermer le diaphragme manuellement, pour qu’il puisse mesurer la lumière, avant de déclencher. C’est le même genre d’économie énervante que l’absence d’une deuxième molette, mais bon, tout le monde ne va pas utiliser des optiques antédiluviennes tous les jours, et le problème ne doit pas se poser pour les optiques KA (sur lesquelles le diaphragme est contrôlé par le boîtier). On appréciera d’ailleurs le capteur stabilisé utilisable avec n’importe quel objectif, même si j’ai pas trouvé où on rentrait la focale (je vous dis, les menus !…).
Le K100D sur lequel j’ai mis mes grosses papattes était équipé du 18–55 du kit, équivalent à un 28–85. C’est assez standard : Canon et Nikon aussi fournissent des 18–55 avec leurs boîtiers, et Olympus, avec son 14–45 donnant un équivalent 18–90, fournit la même gamme de cadrages. Seul, dans ce domaine, Minolta (pardon, Sony) sort de l’ordinaire avec un 18–70 (équiv. 28–105). Pas de surprise en termes de cadrage, donc, mais quand même, par rapport au cul de bouteille qu’est le 18–55 «kit» de Canon, un gros progrès : l’objectif est mieux assemblé, plus sérieux, avec une vraie bague de mise au point avec indicateur de distance, ce qui permet de l’utiliser même quand l’auto-focus meurt. Et pour la qualité d’image, il ne peut pas être pire.
Je n’en parlerai pas, justement, de la qualité d’image, puisque le type qui avait amené l’appareil est reparti avec à la fin de la soirée, mais les quelques photos que j’ai pu voir çà et là (notamment les tests de Reflex[e] numérique, livrés sur un CD avec le magazine) montrent que ce petit 6 mégapixels est exemplaire dans ce domaine, capable en tout cas de donner des leçons au 300D qui est, il est vrai, équipé de la génération précédente de CMOS.

Donc, in fine, bonne ergonomie plombée par quelques économies mal venues et des menus d’une logique à vomir. Mais tant qu’on ne va pas dans les menus, ça reste un appareil nettement plus agréable à utiliser qu’un EOS 350D (et donc, probablement, qu’un 400D), avec un viseur nettement meilleur (y’a pas de mal).
À 600 € avec un 18–55, c’est sûrement pas une mauvaise affaire.

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