21 avril 2012

Battleship

herisson26 à 19:19 — Filed under: Cinéma et télé,trollUn commentaire

WTF de Peter Berg, 2012

Je vais être gentil : je vais pas rappeler que quiconque parle d’une bataille navale remportée par la force d’un cuirassé¹ est à peu près aussi crédible qu’un type qui prétendrait trouver des obus « bons de guerre » dans un navire-musée.

Je vais donc me contenter de résumer : pas de scénario, vingt-trois clichés à la seconde, des bruits métalliques saturés à tout bout de champ, des acteurs qui savent pas pourquoi ils sont là², une musique éculée, un montage épileptique, des scènes d’action illisibles, des scènes d’action ridicules, des scènes sentimentales ridicules, et une bonne vieille morale bien réac qui crache à la gueule des branleurs³ et justifie de tirer à vue sur tout ce qu’on ne connaît pas.

Bref, Michael Bay n’ayant pas de film prévu cette année, Peter Berg a décidé de squatter son fauteuil.

¹ C’est pas pour rien que les cuirassés ont été abandonnés depuis la Seconde guerre mondiale, au profit des porte-avions pour la projection et des destroyers pour la puissance de feu : leur effet tactique a surtout été de mobiliser la chasse ennemie et la plupart ont passé une bonne part de leur vie au radoub, quand ils n’ont pas fini au fond — Bismarck, Tirpitz, Yamato, Musashi, Prince of Wales, Roma, Marat…

² Si vous aimez Neeson, revoyez Le territoire des loups mais ne vous laissez pas aller à observer cette bouse. Si vous aimez Rihanna, sachez qu’on la voit beaucoup moins que dans ses clips. Si vous aimez Taylor Kitsch, je peux rien pour vous.

³ N’oublions jamais que si Pascal n’avait pas été un gros glandeur, personne n’aurait inventé la brouette.

2 mars 2012

Devil inside

herisson26 à 21:56 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

tas de boue de William Bell, 2012

Vous connaissez le concept de film d’épouvante ? L’idée, c’est de jouer sur les peurs instinctives pour provoquer une tension chez le spectateur. Et si possible, de pas trop lui en montrer, pour qu’il ne puisse pas trop relativiser.

Il faut donc que le film soit réaliste pour permettre au spectateur d’y croire, assez mal filmé pour qu’il ne comprenne pas trop ce qu’il se passe, plein de suspens, et que les trucs qui font peur jouent sur l’instinct de survie, la claustrophobie, l’étouffement, etc.

C’est exactement ce qui ne marche pas dans Devil inside.

Il suffit d’une paire de scènes pour qu’on « sorte » du film, qu’on cesse définitivement d’y croire. Ça pourrait aider, soit dit en passant, d’avoir des acteurs un tant soit peu inspirés, parce que quand ils parlent de possession démoniaque avec la conviction du type qui hésite entre baguette aux céréales et pain de campagne, ça le fait pas.

Ensuite, ben c’est mal filmé, mais pas comme il faut, non : juste mal filmé. On voit assez bien ce qu’il se passe, enfin, les rares fois où il se passe quelque chose, mais c’est moche, granuleux et tout et tout. Et puis bon, faut quand même bien comprendre une chose : le truc de la caméra à l’épaule pour faire reportage, censé apporter du réalisme, ben ça marche plus. D’abord parce que les documentaristes de maintenant savent tenir une caméra : quand le mec qui filme Michael Moore court caméra à la main, ben c’est plus stable que quand vous visez à l’épaule, donc on voit tout de suite que vous le faites exprès. Ensuite parce que, quand on colle une caméra récente en mode tout auto, elle sait faire une exposition assez correcte, elle filme en HD avec un bon piqué, l’image saute pas et y’a plus de neige depuis la fin des VHS ; donc si votre truc est censé se passer en 2009, il doit pas avoir la même image que Le projet Blair Witch. Enfin parce que quand on filme avec un caméscope à la profondeur de champ quasi infinie, y’a absolument rien qui justifie les coups de flou brutaux, à moins que votre raisonnement soit du genre « le caméraman panique, alors il appuie brutalement sur le bouton Macro pour se calmer les nerfs ».

Côté suspense, ben non, désolé, y’a pas d’ambiance, donc pas de suspense, juste des longueurs. Très très longues.

Je m’attarderai même pas sur les scènes qui font peur, qui sont tellement basées sur le religieux qu’elles n’évoqueront quelques chose qu’aux plus avides bouffeurs de bibles. Les autres noteront que c’est le premier film d’horreur qui, plongeant dans une cave avec quatre personnes, une possédée et une caméra, trouve le moyen de ne jamais jouer sur le manque d’espace.

Et puis bon, le nombre de questions en suspens à la fin, et cette espèce de coupure façon Easy rider, montrent que le mec qui s’est occupé du scénario soit n’en avait rien à foutre, soit ne savait pas quoi faire et n’a pas voulu essayer de réfléchir.

Bref, Devil inside prétend faire peur, mais il fait plutôt dormir.

(Et si le Vatican ne veut pas qu’on le voie, comme le prétend la pub, ça doit être parce qu’au Vatican aussi, il y a des cinéphiles qui essaient sincèrement de nous épargner une heure vingt d’ennui.)

PS : j’oubliais, y’a quand même un truc qui fera peur à tous les linguistes : d’après Devil inside, on peut conclure que tous les Italiens parlent anglais sans accent. D’ailleurs, ils parlent anglais entre eux, sauf trente secondes au début de chaque dialogue pour montrer qu’ils sont Italiens. Ah, et sauf l’infirmière qui dit « muy tarde » au lieu de « molto tardi », aussi. Je suppose que le directeur a pris n’importe quelle personne qui parlait une langue vaguement latine et lui a dit « you go there, and you say ‘very late’, but in your tongue you know ».

11 février 2012

Underworld : nouvelle ère

herisson26 à 12:30 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

de Måns Mårlind et Björn Stein, 2012, O

Pour unifier l’espèce humaine, il faudra proposer un ennemi commun plus puissant qu’aucun groupe humain, paraît-il. Et bien, avec les lycans et les vampires, l’humanité trouve cet ennemi : et, unis, les humains réduisent rapidement les non-humains à presque rien. C’est là, une dizaine d’années plus tard, que l’on retrouve l’héroïne des Underworld, qui s’évade d’un labo pour aller tataner du lycan… et de l’humain, du coup.

Disons-le tout de go : Nouvelle ère est une merde. Un vrai beau nanard, vous savez, de ceux qui deviennent hilarants tellement ils sont nuls.

Ça commence avec les acteurs : Beckinsale a à peu près une expression, celle de la guerrière-farouche-et-implacable, qu’elle conserve tout au long du film, y compris dans les discussions philosophiques avec sa fille (désolé pour le spoiler, mais franchement, on s’en fout). Rea a décidé qu’il y avait des trucs qu’il faisait pour manger, genre ça, et qu’il allait pas s’y fatiguer le visage à essayer de jouer un vrai rôle comme dans V pour vendetta ou Michael Collins. Ealy joue le flic avec tellement de conviction qu’on l’entend presque dire « regardez comme je fais bien le flic » (ah, son « Detective SeBAAstian » avec roulement d’épaules et tout le tremblement, on s’en souviendra longtemps), James ne sert à rien et Eisley, quoiqu’étant manifestement celle qui se donne le plus de mal (premier film au cinéma, elle a dû vouloir montrer des choses), n’a très précisément aucune personnalité. Bref, des acteurs totalement démotivés laissés en roue libre, c’est toujours fun.

Côté scénario, on a également des moments sublimes. À chaque ouverture de scène, on sent venir une connerie et on se dit « non, ils vont pas oser ? » Et puis, ça se passe pile comme ça. Exemple : les retrouvailles entre Beckinsale et Eisley, quand la première commence à expliquer qu’il s’est passé douze ans entre hier soir et ce matin. On se dit « bon, elle va dire une connerie, mais ils vont pas oser un truc comme quoi elle a du cœur ? » et on entend : « My heart is not cold, it’s broken ». Et la sublime scène de la réanimation de James, où son père et Beckinsale philosophent pendant trois minutes sur pourquoi qu’il est mort avant qu’elle plonge la main dans son estomac pour lui faire un massage cardiaque ? Et le lycan qui est trop large pour passer une porte de face, qui commence à démolir le chambranle au lieu d’essayer de mettre les épaules en travers ???

Wiseman prouve ainsi avec obstination que son nom est mal choisi, enchaînant les scènes pourries et les dialogues à côté de leurs pompes avec une constance qui force l’admiration. En fait, il a repris les pires scènes de Resident evil, les a assemblées avec les passages les plus dénués de sens des précédents Underworld, et il a servi chaud.

Et la réalisation ? Ah ben une chose est sûre : y’a pas de temps mort. Ça court d’un bout à l’autre du film, tournoyant au fil des ralentis matrixiens, sans jamais se poser une seconde — c’est vrai que ça risquerait de laisser le temps de réfléchir au scénario. Heureusement, Beckinsale a sa combinaison de plongée, parce que vu comme elle cavale, vampire ou pas, elle finirait couverte de sueur. Bon, le petit problème, c’est qu’à part les explosions qui pètent, les voitures qui se retournent, les lycans en carton qui mordent et qui griffent, les vampires qui décapitent, et ben y’a rien. Y’a pas un plan digne de ce nom, la caméra se balade au hasard de scènes illisibles et les décors en polystyrène font pas très crédibles quand l’héroïne est projetée sur un rocher / mur / pilier (oui, après une heure et demie de film, elle a toujours pas compris que quand elle attaque un lycan de face, il lui fout une baffe et elle vole jusqu’à l’obstacle dur le plus proche).

Et la stéréoscopie ? Ben là, je suis mort de rire : j’ai passé le film à me dire que la conversion était vraiment pourrie. Mais non, c’est pas de la conversion : Nouvelle ère a été filmé en stéréoscopie avec des 3ality Atom, un système analogue à la célèbre Pace Fusion mais basé sur des caméras numériques Red Epic. Donc, je sais pas ce qu’ils ont branlé, mais il y a clairement deux cas : les scènes où la stéréo est inutile et celles où elle est exagérée et franchement nuisible. (En fait, j’ai une piste pour savoir ce qu’ils ont branlé : je soupçonne qu’ils ont augmenté l’entre-axe des Epic pour augmenter l’effet de profondeur, c’est ce qu’on fait d’habitude quand on veut avoir un surgissement particulièrement marqué comme dans quelques scènes de Resident evil : afterlife.) L’exemple flagrant est celui où les lycans évacuent le labo où ils sont en train d’opérer la petite : le brancard passe de deux mètres de long lorsqu’il est en travers à trois ou quatre mètres quand il est dans l’axe des caméras. C’est tout simplement gerbant, mais au deuxième degré cette géométrie variable fait pleurer de rire.

Graham Clark n’est pourtant pas un débutant en stéréoscopie : il s’est occupé de ça sur les derniers Marvel (Captain America, Thor, Green hornet) entre autres. Et ce dernier avait la meilleure conversion stéréoscopique que j’aie vue. Alors, comment a-t-il pu passer à côté d’effets aussi ridicules ? J’ai une hypothèse psychologique : n’ayant bossé jusque là que sur des conversions limitées (hormis sur Jackass il est vrai), il a dû se dire « chouette, j’ai des vraies caméras, je peux pousser les effets aussi loin que je veux sans qu’on voie que c’est de l’ordinateur ». Ben désolé, Graham, c’est pourri quand même.

Passons maintenant au défi ultime de toute critique de cet Underworld : nouvelle ère : trouver quelque chose à sauver. Allez, si : le premier combat contre les humains en sortant du labo, avec la très belle fracture ouverte de l’ulna. Très amusant. Voilà.

16 octobre 2011

De bon matin

herisson26 à 16:00 — Filed under: Cinéma et télé,trollUn commentaire

de Jean-Marc Moutou, 2010, O

Aussi passionnant que la vie ordinaire d’un cadre ordinaire qui développe une paranoïa ordinaire à cause de sa hiérarchie ordinaire.

Bref, un somnifère extraordinaire.

12 février 2011

A.I. intelligence artificielle

herisson26 à 16:59 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

de Steven Spielberg, 2001, O

Le robot qui rêvait, Astro le petit robot, Pinocchio, Le petit Poucet, Blade runner, Matrix et même Au delà du dôme du tonnerre et Tron : ça bouffe vraiment à tous les râteliers… Mais au final, on a plutôt le fils naturel d’un épisode des Bisounours et d’un concert de Rammstein.

Et je ne m’abaisserai même pas à commenter l’insondable niaiserie de la dernière demi-heure, dont le ridicule achevé et la poésie de comptoir viendront assommer à coup sûr celui qui aura survécu aux deux interminables premières heures…

Finalement, après Eyes wide shut, on ne peut pas dire que les derniers projets de Kubrick aient été des chefs-d’œuvre. Mais ça a donné l’occasion à Spielberg de faire le bon gros nanard qui manquait à sa carrière.

23 décembre 2010

Mes voisins les Yamada

herisson26 à 21:42 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

de Iaso Takahata, d’après Hisaichi Ishii, 1999, O

Bon, c’est une grande première : on parle d’un truc des studios Ghibli (qui rassemblent deux divinités dans mon panthéon personnel : Takahata (Pompoko, Le tombeau des lucioles) et Miyazaki (je vous épargne la liste)), et pourtant ça m’a pas plu.

Mais vraiment pas plu.

Du tout.

Au point qu’au bout de 40 minutes, je cherche toujours quelque chose à sauver dans ce morne enchaînement de saynètes mollassonnes sur la vie quotidienne d’une famille ordinaire. Je pense que je vais arrêter les frais et couper la diffusion de cette navrante série de plans sans nerf ni cœur.

Pourtant, a priori, je suis pas contre ce graphisme simple à l’animation soignée, et il m’arrive d’apprécier les évocations poéto-rigolotes de la vie quotidienne (cf. mon amour immodéré pour Malcolm, par exemple, ou mon appréciation de Away we go, ou encore en BD ma vénération pour Lou !, L’orme du Caucase ou L’homme qui marche).

Mais là, ça tourne juste en rond, de gag creux en gag creux, et je vais pas tarder à cliquer sur le bouton « fermer » — le temps d’écrire ce billet, ça fait 65 minutes depuis le début du film, mais j’ai toujours pas mieux accroché.

4 septembre 2010

Vampires

herisson26 à 18:52 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

somnifère de Vincent Lannoo, 2010

Plongée dans la vie d’une famille de vampires belges, ce film est, comme pas mal de précédentes œuvres de la même nationalité sous mes yeux passées, bourré de bonnes idées, de dialogues parfois soignés et de situations drôlatiques. Le problème, c’est que si les Belges ont de l’humour et des dialoguistes, ils n’ont manifestement ni scénaristes, ni photographes, ni monteurs. Du coup, c’est un film plus que mou : liquide. Superfluide, même.

29 août 2010

Transformers

herisson26 à 22:18 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

de Michael Bay, 2007, O

— Bon, alors là, pas de doute : c’est le meilleur Michael Bay.

— Euh, meilleur meilleur, ou meilleur dans le genre « dans le pire, c’est moi le meilleur » ?

— Ben, on parle de Michael Bay, là…

— Ah ouais, d’accord. Mais… C’est pas possible. Ça peut pas être « meilleur » que Armageddon ou que le début de Pearl Harbor ?

— Si, si. Je t’assure, il s’est surpassé. Y’aurait peut-être eu moyen de creuser encore un peu en prenant Steven Seagall et Brendan Fraser au casting, mais c’est même pas sûr.

1 juillet 2010

Kiss and kill

herisson26 à 16:50 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

de Robert Luketic, 2010, O

Lourdingue.

24 mai 2010

Imogene McCarthery

herisson26 à 15:57 — Filed under: Cinéma et télé,trollPas de commentaire

d’Alexandre Charlot et Franck Magnier, 2009, O

Si j’osais, je dirais qu’un film fait par un charlot, surtout s’il devait se magner, faut éviter.

Mais j’oserai pas.

Je me contenterai donc de signaler que, comme tous les bons films, celui-ci va crescendo. Le problème, c’est que ce n’est pas la tension ou le rythme qui s’accroissent ainsi, mais l’ennui et la lourdeur.

Ah, et c’est désormais admis : Catherine Frot est une actrice déplorable. J’avais un doute depuis Vipère au poing, mais il semble que celui-ci n’ait été qu’un heureux accident et toute hésitation s’est volatilisée à la vue de ce chef-d’œuvre.

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