8 avril 2012

Voiture-hélicoptère ?

Ça fait deux fois que je l’entends, sur deux chaînes différentes, et ça me fout les nerfs. Il semblerait que des Hollandais aient créé ce très intéressant engin, le Pal-V :

Celui-ci est qualifié, un peu partout, de « voiture-hélicoptère ».

Alors, bande de crétins décérébrés symbolisant la déchéance de l’information, notez-le bien :

un autogire n’est pas un hélicoptère.

Un hélicoptère a un rotor horizontal piloté (ou plusieurs, d’ailleurs). Son aile est donc une hélice, d’où son nom ; une hélice est un dispositif transférant ou mesurant l’énergie d’un fluide — l’hélice d’un avion ou d’un navire transmet l’énergie d’un moteur vers le fluide, celle d’un moulin ou d’une éolienne transmet l’énergie du fluide vers son arbre, celle d’un anémomètre mesure la vitesse de déplacement du fluide.

Un autogire a un rotor horizontal passif, qui tourne tout seul, d’où son nom. Il ne s’agit plus vraiment d’une hélice, au sens où il n’y a aucune notion d’énergie : l’autogire vole sur le même principe qu’un avion, l’aile ne s’appuyant sur l’air que passivement, parce qu’on déplace l’ensemble du véhicule. Mettre l’aile en rotation permet d’obtenir une meilleure portance à très basse vitesse, mais à l’arrêt, un autogire fonctionne comme un avion : il tombe.

Pour un produit grand public, la solution de l’autogire est beaucoup plus pratique que l’hélicoptère : il y a moins de commandes, donc un pilotage moins complexe et moins de points à vérifier avant le décollage ; il profite aussi d’un coût d’utilisation beaucoup plus faible, l’hélicoptère étant un gouffre énergétique. Elle est aussi préférable à l’avion, du fait de sa stabilité naturelle et de la vitesse d’approche bien plus faible en particulier — en s’approchant du sol, un autogire peut ralentir jusqu’à quelques dizaines de kilomètres à l’heure, là où un petit avion comme le Cessna 172 décroche autour de 90 km/h.

3 mars 2012

Protégé : Cinémarques

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28 février 2012

Liberté d’expression

herisson26 à 21:54 — Filed under: Air du temps,Coups de sangPas de commentaire

La liberté d’expression, c’est aussi la liberté de dire des conneries. Valérie Boyer nous l’a généreusement démontré aujourd’hui, dans une entrevue diffusée tout à l’heure au journal de France 3 :

Je souhaite que dans mon pays, les Français, d’origine arménienne ou pas, ceux qui sont attachés aux Droits de l’homme, puissent être protégés des actes de négationnisme. Ce texte, en aucun cas, n’entamait ou n’entachait la liberté d’expression.

En quoi est-ce une connerie, me direz-vous ?

Et bien, simplement parce que si l’on reparle de cette loi aujourd’hui, c’est en raison d’un avis du Conseil constitutionnel rendu ce jour :

En réprimant ainsi la contestation de l’existence et de la qualification juridique de crimes qu’il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l’exercice de la liberté d’expression et de communication.

Vous voyez le truc ? Le Conseil constitutionnel est l’organe officiel destiné à expliquer ce qui est ou n’est pas conforme à la Constitution, donc notamment aux libertés qu’elle garantit. On peut avoir son avis sur une question constitutionnelle, mais quoi qu’il arrive, c’est précisément le Conseil constitutionnel et lui seul qui peut in fine déterminer ce qui viole ou non la liberté d’expression ; et il dit en l’occurrence que la loi remise en cause lui porte atteinte.

Mais Valérie Boyer, forte de cet avis, n’hésite pas à affirmer le contraire, parce que quand même, elle est experte en droit constitutionnel, largement plus que les gens qui siège au Conseil…

(Au passage, le Conseil n’a été saisi que de cette Loi, et ne s’est donc pas prononcé sur l’unique précédent, celle punissant la négation du génocide ciblant les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Nul doute que le prochain jugement d’un pote de Faurisson commencera par une question prioritaire de constitutionnalité sur la question, qui cassera cette loi à son tour, rétablira l’égalité entre génocides réclamée par Boyer, et surtout remettra l’Histoire entre les mains des experts bien placés pour en parler : les historiens.)

27 février 2012

Fredo, tu devrais ouvrir un Dalloz un jour…¹

herisson26 à 23:53 — Filed under: Air du temps,Coups de sang,Prise de courgePas de commentaire

Entendu sur Europe 1, dans la bouche de Frédéric Mitterrand :

Il faut voir les atteintes à la liberté sur Internet, comment ça se passe aux États-Unis : on va chercher les types en Nouvelle-Zélande, on les met au bloc et on fait, on rafle les 80 millions de dollars qu’ils ont volés. Et nous, on menace la personne de leur prendre éventuellement 1500 € d’amende et de leur supprimer Internet pendant un mois, c’est vraiment des pleurnicheries à côté de ce qui se passe ailleurs, hein. Et pourtant, l’aspect pédagogique a joué : je pense que maintenant tout le monde a compris que pirater, c’est du vol.

Ouh putain, y’a du lourd, là.

Je me demande même si ça mérite pas un Busiris, tellement c’est de l’instrumentalisation du droit de la plus complète mauvaise foi.

Premier point : parler des États-Unis qui vont chercher des types en Nouvelle-Zélande est une allusion on ne peut plus claire à l’arrestation de la bande Mega, poursuivie outre-Atlantique pour « criminal copyright infringement », « money laundering » et « racketeering », le tout « on a massive scale ». En France, les qualifications correspondantes sont les délits de contrefaçon en bande organisée (cinq ans d’emprisonnement, 500 000 € d’amende) et de blanchiment en bande organisée (dix ans, 750 000 €) et le crime d’extorsion en bande organisée (vingt ans, 150 000 €).

Là, je pose juste une question : est-il cohérent de comparer ces poursuites criminelles avec celles gérées par l’Hadœpi, qui intervient dans le cas d’un particulier suspecté² même pas du délit de contrefaçon simple (trois ans, 300 000 €), mais de manquement à l’obligation de sécurisation de son accès à Internet (un mois de suspension d’accès à Internet, pas de poursuites pénales) ?

Monsieur Schmitz risquerait, en France, vingt ans de réclusion et 750 000 € d’amende (du fait du principe de confusion des peines, seule la plus lourde est encourue). Sans compter les éventuelles condamnation civiles : la mise en cause de la « bande Mega » parle d’atteinte aux droits d’auteur « dépassant largement les 500 millions de dollars et entraînant un revenu de plus de 175 millions de dollars » (page 2 de l’acte d’inculpation, et au passage, on se demande d’où vous sortez votre 80 millions).

En France, monsieur Mitterrand. Vous savez, ce pays où, selon vous, on ne fait que des pleurnicheries aux vilains pirates. Vous trouvez cela si profondément différent de l’inculpation américaine, où ils risquent 50 ans de réclusion (principe de séparation des peines oblige) ?

En mettant sur le même plan la solution judiciaire américaine pour une bande criminelle organisée et la solution administrative française pour un particulier, qui pis est pour des infractions qui n’ont rien à voir, vous ne commettez pas seulement une monstruosité juridique. Vous faites preuve de la dernière mauvaise foi, dans le seul et unique but de vous placer du côté des gentils à un moment où les critiques pleuvent.

Et puis bon, il y a toujours ce superbe « pirater, c’est du vol », dont je ne me lasse décidément pas. Tous les juristes sont d’accord pour dire que contrefaçon et vol n’ont rien à voir — la contrefaçon entraîne un manque à gagner et une atteinte à un droit moral, alors que le vol supprime l’usage de l’objet volé —, mais cela ne vous empêche pas de resservir cette antienne démontée depuis des lustres.

Et au passage, Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, Mark Bridges, Ludovic Bource et Thomas Langmann apprécieront l’élégance de votre sous-entendu, selon lequel leur film n’aurait peut-être pas eu autant d’Oscars si vous n’aviez pas vous-même séduit l’Académie en portant la Hadœpi au sommet de la lutte pour le droit d’auteur…

¹ Ce titre est délibérément familier, visant à créer l’impression d’une connivence parodique allégeant quelque peu le propos. Et après tout, si tout le monde appelait l’oncle « Tonton », pourquoi ne pas appeler le neveu « Fredo » ?

² Notez qu’en ce qui me concerne, je considère que seule l’autorité judiciaire peut se prononcer sur la culpabilité. Donc, les personnes punies par la Hadœpi sont suspectes, mais présumées innocentes.

8 février 2012

Tas de crétins…

herisson26 à 0:51 — Filed under: Air du temps,Coups de sang,Prise de courgeUn commentaire

Mesdames, messieurs les députés, ministres et consorts,

il s’est passé récemment un événement qui mérite qu’on revienne dessus : vous vous êtes, tous autant que vous êtes, équitablement couverts de honte. Et en tant que nos représentants, c’est doublement honteux.

Permettez-moi donc de vous expliquer.

Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient, celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation.

Ce sont, selon diverses sources, les propos qu’a tenus un certain Claude Guéant, ministre et agitateur de droite de son état.

Ces propos sont-ils dignes d’approbation ? Boaf. Dès qu’on parle de civilisation, c’est pour s’opposer soi-même aux autres, sauvages ou tout au moins inférieurement civilisés. Il est notable, d’ailleurs, que les ethnologues évitent ce terme, se concentrant plutôt sur des notions d’organisation ou de société. Dire qu’il y a des civilisations sous-entend que la nôtre est meilleure, c’est un point de vue nombriliste et crétin. Ce n’est pas la première fois que le sieur Guéant dit des trucs crétins, donc bon.

Mais ces propos sont-ils pour autant scandaleux ? Est-il choquant de dire que l’on préfère des sociétés, des systèmes ou des organisations défendant les valeurs auxquelles on croit à d’autres qui les foulent aux pieds ? Non plus. Franchement, dans les mille conneries que Guéant a pu sortir, celle-ci ne mérite même pas qu’on la cite, sinon pour rappeler que contrairement à ce qu’on pouvait croire en écoutant les discours de ses pourfendeurs, il avait bel et bien, lui-même et dès le départ, précisé sa pensée et indiqué à quoi il faisait référence en affirmant que toutes les civilisations ne se valaient pas.

Y a-t-il un truc plus choquant ? Oui, sans doute : l’attaque sur « l’idéologie relativiste de gauche ». La gauche est la première, au contraire, à dire que toutes les sociétés ne se valent pas, puisqu’elle met depuis des lustres la notion de valeurs éthiques au centre de son jugement des sociétés plus avancées (qui mettraient en avant la répartition équitable, voire égale, des richesses et la garantie de minima sociaux) et des société moins avancées (qui mettraient l’État en coupe réglée, réduiraient le peuple en esclavage ou promouvraient une répartition très inégale des richesses). La gauche nous explique depuis des lustres qu’une civilisation basée sur État fort, qui assure une protection sociale et un niveau de vie confortable à tous les citoyens, est supérieure à une autre plus libérale ou autoritaire. De la part d’un libéral, censé justement promouvoir le laisser-faire et refuser les jugements de valeur, c’est particulièrement fort de reprocher à la gauche de ne pas vouloir reconnaître de différences de valeur entre les systèmes.

Mais jusque là, y a-t-il de quoi casser trois pattes à un canard ? À mon humble avis, non. Je dirais presque que Guéant a perdu la main : sur un sujet pareil, il aurait été bien plus brutal il y a quelques mois — rien sur l’immigration, rien sur les gens qui s’installent en France sans adhérer à ses valeurs, rien, finalement, qui ne soit du niveau zéro de la pensée tant tout ce qu’il a dit tient de l’évidence : oui, il y a des « civilisations », des sociétés plus exactement, que nous avons des arguments pour juger inférieures à d’autres. Si l’on croit que les femmes sont des êtres humains doués de raison, alors on peut raisonnablement considérer qu’une société où elles ont le droit de vote est plus avancée, sur ce point, qu’une où elles ne l’ont point : je ne vois pas le caractère choquant du propos.

Pourtant, c’est curieusement cette fois-ci que vous, dirigeants de « gauche » ou prétendus tels, lui tombez sur le râble. Avec ce qui n’est rien de moins qu’une attaque en règle, basée sur un pré-supposé : tout ce que dit Guéant est raciste, donc s’il parle de civilisation, c’est pour attaquer l’islam. Vous ressortez donc l’argument du racisme supposé de Guéant dans une des rares saillies où, finalement, il se contente de nombrilisme. C’est ni plus ni moins qu’un procès d’intention.

Dieu sait que je ne porte pas cette tête de con dans mon cœur et que ça me brûle les doigts de prendre sa défense ainsi, mais sur ce coup, mesdames et messieurs, vous lui faites un faux procès, basé sur un acte d’accusation biaisé selon vos propres fantasmes. Qu’il ait pensé « la civilisation chrétienne est supérieure à la civilisation musulmane », c’est possible ; mais pour une fois, il n’a dit que « ma civilisation est meilleure que les autres ». On peut trouver ça stupide, ça ne mérite pas un assaut pour racisme.

Pourtant, ce jour, en séance de l’Assemblée nationale, monsieur Serge Letchimy (député de son état) a porté une attaque directe, dans une tirade d’une violence digne des pires propos d’Hortefeux. En trente secondes, il manifeste une hostilité aussi ouverte que, dans le cas présent, dénuée de fondement, à l’encontre de Claude Guéant, alors même que les occasions n’auraient pas manqué ces derniers mois de l’attaquer aussi violemment à bien meilleur escient. En trente seconde, il vérifie la règle selon laquelle on finit toujours par comparer son interlocuteur à Hitler :

Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Monsieur Guéant, le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, portée par toute la chrétienté, était-ce une mission civilisatrice ?

Monsieur Letchimy, vous accusez ici monsieur Guéant d’avoir dit précisément le contraire de ce qu’il a dit, alors qu’il a dit précisément ce que vous sous-entendez : il y a des civilisations qui n’en sont pas, ou qui en sont de moins avancées que la nôtre. C’est d’autant plus honteux que trois secondes avant, vous dites :

Et j’ajouterais que chaque culture, chaque civilisation, dans sa lutte permanente entre ses ombres et ses lumières, participe à l’humanisation de l’homme !

Dans le même discours, Monsieur Letchimy, vous dites que chaque culture participe à l’humanisation de l’homme et vous attaquez les cultures nazies et coloniales. Ah, c’est vrai, vous leur retirez la qualité de civilisation ; mais alors, que fait Guéant que vous ne faites pas ? Lui dit qu’il y a des civilisations meilleures que d’autres, vous qu’il y a des civilisations qui se valent et d’autres choses qui ne sont pas des civilisations. Quelle est la différence entre vos deux discours, hormis un ergotage sur les mots concernant les limites du terme « civilisation » ?

En réalité, il n’y a là que les différences que vous y voyez, comme deux gamins dans la cour de récré pourront sauter sur n’importe quel prétexte pour se foutre sur la gueule, la vérité étant qu’ils ont juste envie de se foutre sur la gueule.

Ce spectacle, messieurs, est pitoyable, et ne grandit ni l’image de Guéant, ni l’image de Letchimy, ni l’image des députés qui ont soutenu cette saillie honteuse.

Et vous, mesdames et messieurs du gouvernement, que faites-vous face à cette attaque sous la ceinture ? Vous vous drapez dans les haillons de votre honneur et quittez l’hémicycle. Mais ayez des couilles, bordel ! Ayez le cran de répondre, d’argumenter, de mettre l’attaquant face à ses propres contradictions ! Ça n’a rien de compliqué : cet abruti s’est contredit en moins de dix secondes !

Vous aviez une occasion de faire fermer sa gueule à votre adversaire. Mais non ! Tels les gamins excités précédents, vous réagissez par la connerie, puis allez vous répandre chez mes confrères en pleurnicheries sur cette comparaison avec les nazis qui, certes, est d’une connerie incommensurable, mais ne vaut pas non plus qu’on s’y arrête outre mesure — nazi, c’est devenu une insulte tellement banale que même les nerds font des blagues dessus (cf. point Godwin).

Tous autant que vous êtes, mesdames, messieurs, ministres ou députés, en poste ou candidats, de droite ou de gauche, vous devriez avoir honte. Vous êtes censés être représentants de la souveraineté populaire, vous nous devez donc dignité et mesure morale ; et puisque notre civilisation, si avancée dites-vous, est basée sur l’art de la discussion plutôt que sur sur celui du pugilat, vous devriez profiter de ces dissensions pour montrer votre éloquence en construisant des discours argumentés, intelligents et creusés. Au lieu de cela, vous vous vautrez dans la fange de la baston de cour de récré, ridiculisant vos personnes (c’est votre droit), mais aussi vos fonctions et le mandat que nous vous avons accordé.

Quant à vous, gens de gauche, vous n’avez donc tellement pas de projet de société à nous proposer, que vous vous sentiez obligé d’attaquer n’importe quel crétin de droite, en sortant sa phrase de son contexte, pour des propos que vous auriez tout à fait pu tenir ? C’est tellement désolant, dans votre programme ?

Et vous être si incapables d’affirmer par vous-mêmes, que vous appeliez Voltaire, Hugo, Montesquieu et consorts à la rescousse ? C’est tellement creux, à l’intérieur de vos têtes ?

Messieurs, mesdames, si Voltaire et Montesquieu étaient encore de ce monde, ils vous diraient l’un comme l’autre d’aller vous faire foutre. Je sais, ça ne se fait pas, mais après tout il n’y a pas de raison que vous soyez les seuls à les faire parler d’outre-tombe.

Mesdames, messieurs, pour la première fois depuis que j’ai le droit de vote, j’envisage très sérieusement de voter blanc aux prochaines élections — le vote blanc, je vous le rappelle, est le suffrage le plus exprimé : c’est le seul qui donne une opinion précise sur chaque candidat, « plutôt rien que cette tête de con », et c’est un déni majeur de démocratie que de ne pas le comptabiliser.

Vous êtes des crétins pathétiques, auto-satisfaits, belliqueux et vaniteux. Je nous souhaite, dès le printemps prochain, d’avoir l’intelligence d’élire des individus doués de raison, capables de réfléchir pour le bien du peuple qu’ils représenteront et non en vertu de petites vexations partisanes.

Quant à vous… Quand j’étais pion, des gamins qui se comportaient comme vous, je les séparais et leur foutais deux heures de colle à chacun, pour bien leur expliquer qu’aucun des deux n’avait raison sur quelque point que ce soit. Vous ne méritez pas mieux.

5 janvier 2012

Sécurité : conduisez dans la tempête

herisson26 à 21:03 — Filed under: Air du temps,Coups de sangPas de commentaire

C’est l’actualité du jour : la tempête en Corse. Des vents à décorner les bœufs, des risques de chutes d’arbres, de vols de tuiles, tout ça.

Donc, quoi qu’on fait ?

On vide les écoles.

Madame, monsieur, quittez votre boulot, venez chercher votre enfant, nous on s’en occupe plus.

L’idée des préfets et inspecteurs d’académie qui ferment les écoles est simple : imaginons une seconde qu’un accident arrive, la responsabilité de l’école, donc du département, peut être engagée.

Franchement, ça me rend limite malade.

J’ai eu, il y a quelques années, affaire à un proviseur qui avait un minimum de c.… Bon, c’était une femme, mais vous saisissez l’idée.

Un jour de janvier 94 (le 14 plus précisément), un ordre d’évacuation de l’établissement a été donné. Après les interminables pluies de l’automne 93, le niveau de la Drôme était monté largement au-delà de la cote d’alerte, dépassant le niveau de la route au lieu dit du Saut de la Drôme et menaçant le pont en aval du bourg de Luc-en-Diois, où mes parents habitaient alors.

Le mot d’ordre avait été radicalement différent de celui qui sévit ce jour en Corse. C’était en gros : essayez de récupérer vos gosses si vous pouvez, mais ne prenez pas de risque inconsidéré. Si vous ne pouvez pas venir les chercher et n’avez personne pour les héberger dans la ville, nous les entasserons à l’internat, quand bien même il est censé être fermé, et dans le gymnase s’il y en a trop pour l’internat.

Bref, la priorité était à la sécurité des élèves, quitte à faire bosser les pions un week-end où ils auraient dû être chez eux (l’internat était à l’époque ouvert par périodes de douze jours) et à stocker quatre élèves dont deux demi-pensionnaires dans des chambres prévues pour trois internes.

Pour la petite histoire, une voisine remontant en voiture m’a ramené, en prenant la petite route du camping parce que le pont principal n’était plus franchissable.

Évacuer les écoles en Corse, ça n’est pas une mesure de sécurité. Qui peut dire le contraire ? Qui peut prétendre qu’inciter des centaines de personnes à prendre la route en pleine tempête, dans des régions où les routes sont tordues et où les arbres sont nombreux, est une mesure de sécurité ?

Assurer la sécurité des élèves et de leurs parents, c’eût été d’enfermer ceux-là dans les écoles avec un stock de sandwiches et de flotte et de laisser ceux-ci se cloîtrer chez eux ou au boulot.

L’évacuation est en fait profondément dangereuse, et si quelqu’un a un accident de la route dans ces conditions, je l’encouragerais à attaquer la responsabilité du type qui l’a décidée.

Précisément parce que le but de cette personne n’était pas d’assurer la sécurité des populations (bien que ce soit théoriquement son rôle), mais juste de se dégager de sa responsabilité (bien qu’il l’ait cherchée, sinon il ne serait pas inspecteur d’académie).

22 décembre 2011

Liberté de circulation

herisson26 à 21:57 — Filed under: Air du temps,Coups de sang,Prise de courgePas de commentaire

Le truc qui nous sert de ministre de l’Intérieur s’est, tout à l’heure, mis en tête d’expliquer pourquoi il était normal de remplacer des agents de sécurité grévistes par des policiers. En effet, selon lui :

Le devoir de l’État est de garantir la liberté de circulation des voyageurs.

Je crois qu’il y a là une confusion majeure, bien pratique et peu étonnante étant donné le niveau de l’individu, mais tout de même.

La liberté de circulation est une notion opposée à une collectivité qui voudrait interdire à d’autres de passer sur son territoire, ou à des individus souhaitant réguler la circulation sur un territoire qui ne leur appartient pas. Elle fut mise en place pour éviter les péages abusifs, les restrictions arbitraires de circulation, et pour assurer que tout citoyen français a le droit de se rendre comme il l’entend en tout point du territoire public français (qui est, en fait, sa propriété).

Nul n’a le droit de s’approprier une terre publique et d’y interdire le passage d’autres personnes. Nulle collectivité n’a le droit d’interdire à des citoyens de passer sur son territoire.

Le principe a été conçu pour que jamais un Drômois ne puisse dire à un Ardéchois de rester de son côté du Rhône, pour que jamais un escroc ne puisse instaurer de péage pour traverser un pont public, pour que jamais une bande de malfrat ne puisse refouler un citoyen au prétexte que « vous êtes sur notre territoire ».

Il n’a jamais, au grand jamais, été question de la liberté de circuler dans le moyen de transport de son choix, surtout appartenant à un tiers.

Ici, ce que Cloclo veut garantir, c’est la liberté pour des citoyens de voyager en avion, plus précisément dans un avion ne leur appartenant pas. Autrement dit, il n’intervient pas sur une question de circulation dans l’espace public, mais sur l’exécution d’un contrat entre un client et une compagnie de transport aérien.

Jamais, à ma connaissance, les grévistes d’Aéroports de Paris n’ont restreint la liberté de circulation : les passagers ont toujours la possibilité de se rendre librement dans l’ensemble du territoire public, à pieds par exemple. Tout ce que les grévistes ont fait, c’est empêcher ou compliquer l’exécution d’un contrat entre une entreprise privée (ADP est une société anonyme) et des individus.

Si cette liberté de circulation-là était érigée en principe, il deviendrait impossible par exemple de restreindre l’accès de voitures dans les zones piétonnes.

Pis, si l’État a le devoir de garantir la liberté de prendre l’avion à temps pour Noël, cela veut dire que l’État sera en faute pour toute annulation de vol. Imaginons une seconde un QGO général sur l’ensemble du territoire (au hasard : une tempête interdisant tout décollage) : l’État devrait alors indemniser tous ceux qui avaient l’intention de prendre l’avion. Absurde, non ?

Pourtant, Maître Guéant ne s’est pas arrêté à une connerie, c’eût été trop beau. Il a ajouté dans la foulée :

Nous n’avons procédé à aucune réquisition, le droit de grève est donc respecté.

(Cité dans Les Échos)

Je suis le seul à voir là une énorme entorse à la vérité ici ?

Rappel : dès le début du droit de grève, il a été assorti de certaines conditions, et notamment du respect de la sûreté publique. Il a donc été prévu la possibilité de réquisitionner les grévistes pour qu’ils fassent malgré tout leur travail. Le réquisitionné est bel et bien gréviste, mais il réalise la partie strictement indispensable de son travail.

La réquisition a donc une valeur symbolique forte : elle dit au gréviste que son travail est essentielle à la société.

À l’inverse, ne pas recourir à la réquisition et faire faire le travail du gréviste par un tiers, c’est connu sous le principe des « briseurs de grève », et c’est une avancée majeure du syndicalisme que d’avoir réussi à faire interdire cette pratique. Il n’était pas rare, en effet, aux premiers temps des grandes grèves, que les entreprises embauchassent des intérimaires pour maintenir leur activité, supprimant ainsi tout effet de la grève.

Avec l’utilisation de briseurs de grève, le message symbolique est radicalement différent. On n’est plus dans le « vous êtes indispensable à la société, venez bosser et faire votre devoir », mais dans le « rien à foutre de vous, n’importe qui peut vous remplacer au pied levé ».

Un salarié gréviste se met dans une situation inconfortable (l’absence de revenus) pour causer une situation inconfortable (l’absence d’activité) pour son employeur. Il s’engage pour faire avancer les choses.

Un gréviste réquisitionné reste dans une situation inconfortable, et les conséquences pour l’employeur sont radicalement diminuées. Mais le gréviste se retrouve dans une position de force dans la négociation : il peut argumenter avec des bases solides que son travail est indispensable, non seulement à l’employeur, mais aussi au reste de la collectivité. La réquisition est, paradoxalement, un soutien de principe de la collectivité au gréviste.

Un gréviste remplacé est, en revanche, totalement baisé : il perd son salaire, sans que cela ne coûte rien à l’employeur et la démonstration est faite du peu d’importance du travail du gréviste, que l’on peut faire sans formation ni préparation particulières.

Donc, Monsieur Guéant, en envoyant des policiers faire le travail d’agents de sécurité, vous ne respectez pas le droit de grève : vous lui crachez précisément à la gueule.

Note importante : je ne soutiens nullement le mouvement de grève des agents de sécurité d’ADP, parmi lesquels j’ai eu affaire, pour une personne efficace et consciencieuse, à dix blasés qui n’avaient rigoureusement rien à foutre de leur boulot et fouillaient les gens sur la base de leur coiffure ou de leurs vêtements bien plus que sur celle de leur comportement ou de leur dangerosité. Et je n’ai jamais vu un agent pousser la vérification jusqu’au fond des poches de mon sac photo, donc je pourrais masquer un kilo de plastic dans un petit télézoom sans que vous vous en rendiez compte. Bref, oui, messieurs, pour ce que j’en ai vu, n’importe qui peut faire votre boulot, et non, vous ne servez à rien à part à faire perdre leur temps aux voyageurs.

8 octobre 2011

Incroyable mais vrai

herisson26 à 0:02 — Filed under: Coups de sang,Insolite,La minute geek2 commentaires

Je poste ce billet depuis ma ligne ADSL.

Bon, j’ai perdu une demi-journée de boulot (en plein Salon de la photo, cooooool) pour aller chercher le modem à mon ancienne adresse (vous savez, celle que c’est parce que je partais que j’ai demandé à SFR un abonnement ADSL…). J’ai pas dû faire d’erreur dans l’adresse, pourtant, puisque le technicien pour l’ouverture de ligne était bien passé ici.

Et j’aurais jamais su que le modem était arrivé si j’avais pas menacé SFR de dénoncer le contrat dans un courriel lundi soir (SFR ne m’avait pas fourni de numéro de suivi, et la Poste n’a pas ré-expédié le colis bien que j’aie payé six mois de redirection de courrier… –_-’ ).

Mais je l’ai.

Six semaines, quand même… Et une demi-journée de boulot perdue (que je devrais peut-être facturer, après tout, je touche grosso modo 50 € par demi-journée travaillée) parce que les gens de SFR n’ont pas compris que dans « déménagement », il y a « nouvelle adresse ».

C’est d’autant plus affligeant que je leur avais écrit le 16 septembre : « Je vois sur le suivi Kiala que [mon modem] doit être livré au 3 rue Fabre d’Églantine, dans le 12è arrondissement. Je suis curieux de connaître la logique derrière le choix de ce relais, sachant que j’habite au 18 rue des Roses, dans le 18è, à six kilomètres de celui-ci et à 300 m du relais du 29 rue de la Chapelle… »

Enfin bon, je l’ai.

18 septembre 2011

Blackthorn : à voir en vidéo…

Vous avez peut-être entendu parler de Blackthorn. C’est un film, un western andin plus précisément, qui semble partir du postulat que Butck Cassidy n’est pas mort vers 1908 mais bien plus tard.

Ce film a été lancé avec un certain retentissement. Il a été porté par d’excellentes critiques et un très bon bouche-à-oreille.

Du coup, on était plusieurs à vouloir le voir, donc plutôt que d’y aller tout seul j’ai préféré voir s’il était possible d’en faire une sortie de groupe. Les disponibilités des uns et des autres étant ce qu’elles sont, c’est tombé à l’eau, mais je ne m’inquiétais guère, convaincu que je pourrais le voir sans soucis en troisième semaine — un film encensé, dans la période qu’on traverse, la logique voudrait qu’il reste longtemps largement diffusé.

Problème : aujourd’hui, en troisième semaine donc, il n’est plus joué que dans trois salles à Paris. Et encore l’Orient-Express ne le passe-t-il plus qu’en soirée ! Il ne reste donc plus que le mk2 Odéon et le Gaumont Montparnasse si on veut le voir avant 18h20 (ce qui ne m’arrange guère, c’est assez précisément à l’autre bout de Paris).

Messieurs de BAC films, qui le distribuez dans nos contrées, je vous le dis : j’ai un peu de mal à comprendre. Je sais que vous n’êtes pas la plus grosse société de distribution en France et que vous devez avoir un peu de mal à pousser vos œuvres, mais si j’ai bonne mémoire, Be bad !, malgré ses critiques moins enthousiastes, avait fait l’objet d’une distribution bien plus généreuse…

Messieurs les gérants de salles, ça vaut surtout pour vous. Choisissez-vous vos films pour les cinéphiles, ou pour les producteurs ? Sorti la même semaine, le très moyen (si j’en crois les critiques) R.I.F. passe encore dans 206 salles, trois fois plus que Blackthorn. Quelle est la logique derrière ?

J’en suis réduit à me demander si je me tape une heure de transports pour aller le voir à l’Odéon, si je sacrifie ma soirée pour aller le voir aux Halles, ou si je laisse tomber et me dis que je le verrai en vidéo… Un peu triste, s’pas ?

16 septembre 2011

La pub qui rend fou

herisson26 à 22:46 — Filed under: Air du temps,Coups de sang,Pire que de la pubUn commentaire

ARGNHAHAHAAAAAGNEUVAISTOUSSSSSSLESBUTEEEEEEEER !!!

Voilà à peu près ce que j’ai dit en voyant cette publicité.

Il faut dire qu’à la base, elle est un peu concon. La mémère qui réserve une plaplace pour la bobox dans la chamchambre de bébé, ça a un côté crétin complet qui, il faut le reconnaitre, est peut-être voulu (certains publicistes sont convaincus qu’en donnant un côté parodique exagéré à leur mensonge, ils le feront mieux passer).

Ensuite, elle est beaucoup trop longue (j’ai ouï que la version télé est plus courte). En particulier, un cut après « on attend… et on devient fou » serait plus efficace, ou même après « personne ne nous donne de délai, on devient complètement dingue ». La partie sur l’état du fœtus — oui, c’est comme ça que ça s’appelle à ce stade de la croissance : ça ne deviendra un bébé qu’après l’accouchement — est ignoblement surjouée, ridicule au fond et à la forme et terriblement longue.

Mais jusque là, y’a pas de quoi fouetter un chat. Elle arrive même pas à 5/10 sur l’échelle de la pub de merde, et elle n’a aucune des caractéristiques particulières qui méritent parfois d’être retenues (message malsain, pseudo-justification mathématique, méconnaissance du sujet…). Elle est juste stupide et vaguement chiante, ce qui est presque un compliment pour une pub.

Non, ce qui explique ma petite crise de nerfs à mi-chemin entre fou rire et meurtre en série, c’est qu’il se trouve que je suis abonné à Internet chez SFR.

Depuis le 10 août.

Que ma ligne téléphonique a été ouverte par le technicien le 22 août.

Puis activée par SFR le 24 août.

Que depuis, j’attends mon modem (baptisé « Neufbox » dans le jargon de la marque).

Que l’agence SFR que j’ai visitée à ce sujet le 26 août ne peut rien faire, ils ne font que de la vente.

Que mon message du 2 septembre n’a eu de réponse que le 8 septembre, pour autant qu’on puisse qualifier de réponse un « Nous vous informons que la livraison de vos matériaux est en cours. Donc, nous vous invitons à patienter car vous les recevrez dans les plus brefs délais. »

Que le mail dans lequel je demandais au moins un numéro de suivi, envoyé le 9, n’a eu de réponse que le 13.

Que le numéro de suivi donné (enfin !) m’a permis de voir que le colis a été expédié le 10 août, qu’il est en transit je ne sais où, et qu’il doit être livré dans un relais colis au sud de Nation — pour ceux qui n’auraient pas suivi, j’habite à la Chapelle depuis la mi-août, et c’est précisément à cause de ce déménagement que j’ai voulu m’abonner chez SFR.

Donc, quand le même SFR se permet de brocarder les concurrents qui mettent plus de cinq jours à faire parvenir des modems, qui traînent à ouvrir des lignes, qui ne répondent pas aux questions et qui ne donnent pas de délai de livraison, j’avoue que là, oui, je dois reconnaître qu’attendre son modem pendant des lustres, et ben ça peut rendre fou.

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