28 avril 2012

The Avengers

herisson26 à 18:58 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Joss Whedon, 2012, ***

Après deux Hulk, deux Iron man, un Captain America et un Thor, il était logiquement temps de réunir tous ces braves gens dans le syncrétisme marvélien ultime : les Avengers.

Le résultat est, pour faire simplement, le meilleur des films de super-héros Marvel sortis ces dix dernières années. Bon, vu le niveau, c’était pas très compliqué, mais tout de même : les relations entre ces différents connards égocentriques, amenés par la force des choses à bosser ensemble, sont très amusantes à observer.

Bien sûr, tout le film tient exclusivement grâce à un ingrédient : le comique de bas étage, qu’il s’agisse des agressions verbales plus ou moins narquoises qui rythment les échanges de Stark (patron millionnaire hi-tech), Rogers (soldat décongelé directement des années 40) et Banner (scientifique altruiste) ou de situations hilarantes (la rencontre entre Hulk et Loki, qui vous plie une salle de ciné en quatre pendant cinq minutes). Le réalisateur joue par ailleurs souvent sur le « deuxième effet Kiss Cool », en préparant soigneusement une scène prévisible pour la démolir par surprise au moment opportun, ce qui est la recette d’une bonne comédie.

Tout cela est bien servi par des acteurs globalement à la hauteur : Downey, toujours aussi adorablement détestable, forme un duo étonnant mais très amusant avec Evans, et un autre encore plus détonnant avec Ruffalo (sur qui j’aurais pas misé un sou, mais qui fait finalement bien plus que s’en sortir). Il y a bien sûr toujours quelques problèmes de casting, et je dirais volontiers que Chris Hemsworth joue moins bien que son marteau si je n’avais pas peur que le marteau soit vexé par la comparaison…

L’histoire, en revanche, est tout à la fois capillotractée et plutôt décousue, avec plein de scènes spectaculaires plutôt réussies mais un peu gratuites, et la trame globale est d’une originalité folle : un lot de salopards égocentriques doivent bosser ensemble, mais ils passent leur temps à s’engueuler. Puis le type qui les a réunis se fait buter par la Némésis locale, alors d’un coup ils deviennent une vraie équipe, et à la fin ils gagnent en rayant New York de la carte, voilà.

En résumant, The Avengers est une comédie super-héroïque amusante, globalement bien fichue, et même si ça n’en fait pas un grand film, c’est beaucoup mieux que les précédents opus de la maison Marvel.

8 avril 2012

Aux yeux de tous

herisson26 à 22:47 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Cédric Jimenez, 2011, ***

Des caméras, il y en a partout. De tout événement moderne, nous avons des images animées, souvent avec le son, souvent en direct ou presque — juste le temps que les chaînes d’info continues reçoivent les mails des propriétaires de caméras, caméscopes, appareils photo, téléphones, webcams ou autres. Et si par hasard personne n’est en train de filmer un truc, il y a encore les caméras de vidéosurveillance qui poussent comme des champignons dans une chambre noire.

Dès lors, le type qui aurait accès à toutes les caméras serait le maître de l’information. Il saurait ce que personne ne voit, traquerait ceux que personne ne peut suivre, connaîtrait ceux que personne n’identifie, et raconterait ce que personne ne comprend.

Aux yeux de tous, c’est ça : le film des films. Un nerd trouve une bande que les autorités cachent, remonte la piste d’un poseur de bombes, et part à l’assaut de la filière qui l’a fait agir. En surveillant, en temps réel, tout ce qui se passe, dans l’environnement du pantin ou dans celui des marionnettistes.

Le problème, c’est qu’on ne sait pas bien ce que ça veut dire. Démonstration du pouvoir de la vidéo ? De l’importance de l’information ? Théorie du complot ? Anti-théorie du complot ? Plaidoyer pour une généralisation de la vidéosurveillance ou incitation à regarder autour de soi ? Le film se perd un peu dans son propos, et la démonstration que l’on voudrait implacable devient un flou artistique sans portée réelle.

Restent plusieurs qualités, la première étant bien entendu technique : oui, quand on « croppe » une image de caméra de sécurité, ça pixellise à mort et le résultat est à peine visible ; non, on ne peut pas tout faire quand quelqu’un éteint son téléphone ou débranche sa webcam ; et non, on n’est pas totalement invisible quand on pirate une webcam (la plupart ont un voyant qui s’allume quand elles sont actives, piratées ou pas).

Au final, c’est pas mal fait, bien joué et superbement monté, et ça fait rêver tous les journalistes ou flics bloqués dans une enquête, mais ça manque un peu d’axe scénaristique.

24 mars 2012

Les adieux à la reine

herisson26 à 16:08 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Benoît Jacquot, 2011, ***

Sidonie aime Marie-Antoinette, reine de France. Inconditionnellement, fanatiquement. Marie-Antoinette, elle, ne voit en Sidonie que sa lectrice attitrée ; elle aime viscéralement Madame de Polignac, courtisane habile dotée de plus de beauté que de scrupules.

Mais ces atermoiements sentimentaux sont interrompus par un événement inattendu : le peuple a pris le dépôt des Invalides et s’est emparé des armes qu’il contenait. Ainsi équipé, il a marché et pris la prison d’État de la Bastille. La nouvelle fait son chemin à Versailles, bouleversant les courtisans… et la reine, qui veut emporter ses pierres et s’enfermer dans une forteresse.

Il n’y a pas vraiment d’histoire à raconter dans Les adieux à la reine. C’est un film de personnalités — et en particulier, des trois femmes qui dominent le casting  —, d’ambiances, de relations humaines et d’angoisses. C’est une fin de règne, assez littéralement, d’où chacun tente de se sortir ; en trois jours, la plupart des courtisans désertent, certains militaires aussi, les domestiques quittent le service de leurs maîtres en emportant la bijouterie…

Passée une mise en place un peu brouillonne et mollassonne, le film commence en fait avec l’annonce de la prise de la Bastille, qui provoquera la révélation des angoisses et des dépendances de chacun. L’ambiance est servie par un montage un lent et désespéré et, surtout, une photo sublime, dont chaque plan est travaillé tant en termes de composition que d’éclairage. La construction des personnages joue aussi beaucoup, les réactions différentes de Mme de Polignac (arriviste usant de son pouvoir sur la reine), Maire-Antoinette (femme instable et éperdue, paniquée à l’idée de perdre la précédente) et Sidonie (oie blanche vivant par procuration, paniquée à l’idée de perdre la précédente) étant révélatrices du sauve-qui-peut en cours.

Il y a du bon et du moins bon à dire sur chaque actrice. Virginie Ledoyen est très bien en snob hautaine, mais a tendance à en faire un poil trop dans les dernières minutes ; Diane Kruger est parfaite sur le registre royal, mais peine un peu sur les crises de nerfs ; Léa Seydoux est confondante en fidèle amoureuse, mais ne semble pas très à l’aise dans les premières scènes. Dans l’ensemble, cela reste du pinaillage et on peut considérer que les acteurs font en général du très bon boulot.

Reste un reproche que je fais rarement : les deux scènes de nu, permettant de mettre en avant les physiques de Ledoyen et Seydoux, m’ont paru particulièrement gratuites et sans autre intérêt que d’attirer l’œil du spectateur. Ça n’a rien à voir avec les récentes expositions de Shame, qui ont beaucoup fait parler, mais qui avaient l’intérêt de participer au caractère des personnages.

Si l’on résume, c’est très bien réalisé, superbement filmé, fort en ambiance et très bien joué. Mais la superbe construction des personnages n’arrive pas tout à fait à compenser la légèreté du scénario.

18 mars 2012

The artist

herisson26 à 23:14 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Michel Hazanavicius, 2011, ***

Que dire ?

The artist a des qualités indéniables. Premièrement, l’originalité : il y avait quatre-vingts ans qu’on n’avait pas essayé de raconter une histoire comme ça, et c’est indéniablement accrocheur. Le culot du parti-pris vieillot (film muet en noir et blanc au format 4/3) change de l’ordinaire du moment, et rien que ça, c’est un bon point.

Ensuite, il y a Jean Dujardin, impérial, jouant sur cent registres différents — la sobriété de la vraie vie, le cabotinage éhonté de son égocentrique personnage, les mimiques exagérées des acteurs des années 20… Peu d’acteurs sont capables ainsi de changer de jeu à volonté, et le contraste est par exemple frappant avec Bérénice Béjot, qui passe l’essentiel du film à incarner la starlette des années 30 avec ce que ça suppose d’exagération. Cromwell est également impeccable, comme à son habitude, mais il a la tâche moins complexe.

Après, le montage est plutôt réussi, et certaines scènes sont de purs bijoux, parfois comiques (l’introduction et les duos avec le clébard), parfois tragiques (la dépression alcoolique), parfois un peu des deux (le « place aux jeunes » au restaurant).

Maintenant, y a-t-il là de quoi hurler au génie et en faire le meilleur film de l’année, comme l’ont décrété les jury des Oscars, des BAFTA et des Césars, entre autres ?

Ben… non.

The artist a aussi une belle liste de faiblesses. En premier lieu, si l’introduction est particulièrement bien menée, ainsi que le début de l’histoire croisée de la descente de Valentin et de la montée de Miller, la deuxième moitié du film tourne beaucoup trop à vide. Oui, on a bien compris ce qu’il se passe, okay, il vit une descente aux enfers pour s’être accroché à son ego tandis qu’elle profite gaiement de la modernité, d’accord, elle estime lui devoir quelque chose et tente de l’aider. Est-il utile de délayer cette deuxième partie en long, en large et en travers ?

Et puis, il y a la musique. Évidemment : c’est quasiment le seul son qu’on entend. Mais on l’entend tout le temps, adaptée mais prévisible, conforme aux habitudes qu’on peut avoir si l’on a déjà vu un film muet. Une touche d’originalité eût été appréciée, et quelques scènes de silences aussi…

Au final, The artist est un grand film de cinéphiles, un clin d’œil original aux passionnés de cinoche, et un coup de culot remarquable. Mais ça ne va pas beaucoup plus loin que l’exercice de style.

Martha Marcy May Marlene

herisson26 à 22:36 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Sean Durkin, 2011, ***

Peut-on réellement réintégrer la vie humaine quand, pendant deux ans, on a vécu cloîtré sous l’emprise du dirigeant d’une communauté autonome ? C’est tout le problème de Martha, qui a fui et s’est réfugiée chez sa sœur et son beau-frère.

Voilà donc un tas de confrontations : entre Martha et son entourage, entre les conventions sociales de la communauté et celle de la société ordinaire, entre les névroses des uns et celles des autres, entre ascétisme et abondance…

Martha Marcy May Marlene est assez complexe (Martha elle-même ne sait pas toujours si les images qui lui viennent sont des souvenirs ou des fantasmes), souvent lent aussi, parfois drôle, souvent triste et nostalgique. C’est très bien joué, joliment photographié, et ça sonne aussi assez juste.

Mais quelques heures après, il n’en reste pas grand-chose, sinon une impression paradoxalement plutôt désespérée et l’excellente prestation d’Elizabeth Olsen.

26 février 2012

Weeds

herisson26 à 19:16 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Jenji Kohan, depuis 2005, ***

George Bush l’a dit : notre mode de vie n’est pas négociable. Bon, il voulait dire que l’écologie ne passerait pas si elle impliquait une diminution quelconque de confort, mais c’est aussi une vérité générale, pas seulement aux États-Unis. Et c’est pour ça que Nancy Botwin, habituée à son confortable et peu fatigant habitat d’une banlieue bourgeoise californienne, préfère devenir dealeuse d’herbe plutôt que de vivre plus modestement au décès de son mari.

Pourtant, son mode de vie sera modifié. Entre son fils aîné qui commence à courir les filles et veut quitter l’école pour faire pousser du cannabis, son cadet solitaire et renfermé qui fait peur à ses camarades, son comptable plus doué pour fumer le stock que pour blanchir l’argent, son amie qui lance une grande campagne anti-drogues, ses concurrents mexicains qui veulent l’éliminer ou la sauter et les agents des stups qui veulent l’enfermer ou l’épouser, sa vie va devenir très compliquée.

Disons-le clairement : Weeds est une comédie légère, quoique souvent grinçante, qui ne se soucie guère de réalisme. La capacité de Nancy à se sortir de n’importe quelle situation en couchant avec celui ou celle qui a le plus gros flingue du moment paraît un peu caricaturale, de même que l’incroyable immaturité de son comptable et de son avocat ou les multiples péripéties annexes — qui impliquent des acteurs pornographiques, des révolutionnaires mexicains, des incendiaires, un homme politique corrompu, une délinquante déjantée poursuivie par un chasseur de primes depuis l’Alaska, une fuite en camping-car, des trafiquants d’armes russes, des cyclistes danois ou des étudiants BCBG new-yorkais.

Par ailleurs, les premières saisons sont marquées par une critique sociale assez acerbe du mode de vie américain, des banlieues riches où tout le monde est beau, sportif, aisé et intelligent, de la pression poussant à éliminer tout ce qui dépasse — orientation sexuelle, dépendance, instabilité caractérielle… Le choix de la chanson du générique, Little boxes de Malvina Reynolds, ne fait qu’annoncer cette critique du conformisme des banlieues chic, que l’on retrouve à travers des personnages tous propres et prospères en façade, mais également tous malsains et déséquilibrés à l’intérieur.

Cet aspect disparaît cependant ensuite, la série se concentrant sur les péripéties à rebondissements vécues par la famille Botwin, en poussant toujours un peu plus loin l’absurde à force de finir chaque épisode sur un « cliffhanger ». Si certains de ces retournements sont absolument magnifiques (« …a croquet mallet ? I couldn’t find a golf club. »), d’autres sont artificiels et exagérés et nuisent finalement à l’intérêt de l’ensemble.

Weeds est donc une série qui prend, qui tient un certain temps, qui fait rire tout au long des sept saisons, mais qui, finalement, rentre dans le rang de la comédie classique et dont les derniers épisodes, s’ils contiennent toujours quelques perles, ne laissent pas de trace durable.

16 février 2012

Une bouteille à la mer

herisson26 à 20:42 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Thierry Binisti, 2010, ***

Il y a de bonnes choses : les acteurs d’abord, certaines finesses du scénario ensuite — pas trop donneur de leçons, et évitant l’écueil de personnages trop parfaits : chacun a ses forces, sa capacité à se tourner vers l’autre et à s’ouvrir, mais aussi des crises de caractère, l’un comme l’autre ayant son petit ego de Palestinien ou de Franco-Israélienne. Il y a aussi la volonté de ne pas se contenter d’un point de vue, mais au contraire de mettre en perspective les regards d’une déracinée, de ses parents revenants sur la Terre promise, de Palestiniens à différents niveaux de religion et de tolérance, ou encore le choix de pas se centrer sur la guerre mais plutôt sur la vie des gens pendant la guerre.

Il y a cependant pas mal de faiblesses, notamment une naïveté générale assez troublante : on parle de guerre, mais tout le monde est gentil et de bonne volonté, on ne meurt pas ou si rarement et sans éclats, bref, c’est calibré pour passer auprès des plus jeunes — ce qui n’est pas si étonnant, le roman initial leur étant destiné.

Globalement, c’est donc sympathique, mais un peu gentil pour un tel sujet.

29 janvier 2012

Sherlock Holmes : jeu d’ombres

herisson26 à 19:01 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Guy Ritchie, 2011, ***

Tiens, j’allais faire une grosse diatribe, et puis je me rends compte que ma critique du premier reste totalement valable. Du coup, premièrement, je vous renvoie vers celle-ci, et deuxièmement, je me demande s’il faudrait pas renouveler un peu la recette, quand même ?

Bon, y’a quand même quelques nouveautés. La première, un ancrage historique profond et délibéré, avec ce résumé pas si faux de la Première guerre mondiale : ils ne vont pas se foutre sur la gueule parce qu’un marchand d’armes les y pousse, mais parce qu’ils en crèvent d’envie. La deuxième, un clin d’œil historique grinçant et tout aussi délibéré, avec la façon dont les autorités françaises traitent les immigrés et les gens du voyage (le dialogue « — I don’t have any papers. — And I’m foreigner. », c’est le seul moment où Watson et Sim semblent avoir peur).

Et puis bon, quoi qu’il fasse, il est difficile de se lasser des mimiques de Downey, surtout qu’il est plutôt bien aidé par Law et Rapace.

Enfin, de là à payer pour voir ça, faut pas pousser non plus.

Trust

herisson26 à 0:36 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de David Schwimmer, 2010, ***

On a toujours tort de faire confiance à quelqu’un. C’est ce qu’apprend Annie, adolescente, qui a eu la mauvaise idée de croire le garçon qu’elle a croisé sur Internet et de l’accompagner dans un hôtel. Et d’en parler à sa meilleure amie, qui s’empresse de parler aux autorités de ce qu’elle considère comme un viol.

Le problème, c’est qu’Annie ne devrait pas non plus avoir confiance en son père, qui devient rapidement plus obsédé par l’idée de la venger que par la volonté de l’aider à continuer à vivre.

Souvent un peu naïf, Trust ne manque cependant pas de qualités. Les acteurs évidemment (Clive Owen en obsédé vengeur complètement déconnecté de sa fille, ça fonctionne, et Liana Liberato est juste ahurissante dans les larmes comme dans la colère), mais aussi quelques subtilités de scénario et des dialogues plutôt réussis. Ça se regarde bien, la fin est plutôt originale en évitant de donner une réponse définitive au film, et la principale faiblesse tient à un certain manque de profondeur du scénario, trop linéaire à mon goût et dont la première demi-heure est d’une naïveté confondante.

28 janvier 2012

La colline aux coquelicots

herisson26 à 23:42 — Filed under: Cinéma et télé,fréquentablePas de commentaire

de Gorō Miyazaki, 2011, ***

En 1963, deux lycéens se rapprochent en rédigeant le journal du club des élèves, notamment en défendant le local de celui-ci, une vieille bâtisse baptisée « quartier latin ». Pas de bol, le père de l’une s’avère être également celui qui a déposé l’autre chez ses parents adoptifs…

Il y a un truc que je trouve décevant dans les dernières productions Ghibli, c’est leur unicité de lecture. Des œuvres comme Princesse Mononoke, Le voyage de Chihiro ou même Mon voisin Totoro avaient des scenarii complexes, que l’on pouvait apprécier comme distraction amusante pour enfants ou comme poésie symbolique pour adultes. On ne retrouve plus cela depuis que les scénaristes du studio recyclent des histoires pour ados (ici, un manga des années 80) : La colline aux coquelicots est désespérément ancré dans la réalité, sans pour autant être réellement crédible — le retournement final est cousu d’un fil blanc de la taille des câbles de remorquage du Bourbon.

Du coup, bon, c’est très sympa, ça tourne bien, c’est hautement distrayant, mais voilà : ça n’émeut pas et ça manque de poésie.

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